Article 2
Dispositif
I. – Après l’article L. 1411‑6-2 du code de la santé publique, il est inséré un article L. 1411‑6-3 ainsi rédigé :
« Art. L. 1411‑6-3. – Il est instauré un programme de dépistage précoce et de prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées d’au moins soixante ans, respectant un cahier des charges national fixé par voie réglementaire.
« Un décret en Conseil d’État prévoit les modalités de pilotage du programme ainsi que les conditions dans lesquelles les différents acteurs concourant à sa mise en œuvre coopèrent et partagent des données. »
II. – Le présent article entre en vigueur le 1 er janvier 2025.
Exposé sommaire
Pour agir le plus en amont possible des premiers signes de la perte d’autonomie des personnes âgées, l’amendement propose de systématiser le repérage précoce des fragilités en s’appuyant sur l’outil ICOPE. Il s’agit d’un test réalisable sur une application mobile permettant à chacun en quelques minutes d’autoévaluer ses capacités et de vérifier qu’il n’est pas en risque de fragilité. Cela permet par exemple de détecter très en amont une perte d’audition, un risque de chute ou des troubles cognitifs. Si une fragilité est détectée, la personne est orientée vers les acteurs compétents pour réaliser une évaluation plus approfondie ainsi qu’un entretien motivationnel, pour co-construire avec elle un véritable parcours de prévention. Le programme ICOPE (« integrated care for older people »), qui est issu d’une démarche de l’organisation mondiale de la santé (OMS), fait actuellement l’objet d’une expérimentation au titre de l’article 51 par 13 porteurs dans 9 régions visant à tester les modalités d’organisation d’un dépistage et repérage multidimensionnels précoces des fragilités fonctionnelles. L’expérimentation repose sur une démarche d’« aller vers » afin de permettre aux personnes les plus éloignées de soins de bénéficier du programme ICOPE. La généralisation du dispositif est attendue. Elle participera de la démarche souhaitée d’agir sur la prévention à tous les âges de la vie, et devra s’articuler avec les rendez-vous de prévention votés en la loi de financement de la sécurité sociale pour 2023.
Cosignataires
Damien Abad, Caroline Abadie, Damien Adam, Éric Alauzet, David Amiel, Pieyre-Alexandre Anglade, Jean-Philippe Ardouin, Antoine Armand, Quentin Bataillon, Xavier Batut, Belkhir Belhaddad, Mounir Belhamiti, Fanta Berete, Aurore Bergé, Benoît Bordat, Éric Bothorel, Florent Boudié, Chantal Bouloux, Bertrand Bouyx, Pascale Boyer, Maud Bregeon, Anthony Brosse, Anne Brugnera, Danielle Brulebois, Stéphane Buchou, Françoise Buffet, Céline Calvez, Lionel Causse, Thomas Cazenave, Jean-René Cazeneuve