(La séance est ouverte à vingt et une heures.)
Nouvelle lecture (suite)
Mme la présidente (LR). L’ordre du jour appelle la suite de la discussion, en nouvelle lecture, du projet de loi autorisant la prorogation de l’état d’urgence sanitaire et portant diverses mesures de gestion de la crise sanitaire (nos 3495, 3502). Discussion des articles (suite)
Mme la présidente (LR). Cet après-midi, l’Assemblée a commencé la discussion des articles du projet de loi, s’arrêtant à l’amendement no 102 à l’article 1er. Article 1er(suite)
Mme la présidente (LR). Je suis saisie de plusieurs amendements, nos 102, 155, 18, 69, 97, 138, 51 et 96, pouvant être soumis à une discussion commune.Les amendements nos 18 et 69 sont identiques.La parole est à M. Nicolas Meizonnet, pour soutenir l’amendement no 102. M. Nicolas Meizonnet (NI). L’état d’urgence sanitaire crée un cadre juridique exceptionnel. Nombre des mesures qu’il permet sont gravement attentatoires aux libertés, y compris constitutionnelles – cela a été dit. À travers ce texte, vous voulez déroger au droit commun jusqu’au 16 février 2021, sans demander régulièrement le feu vert du Parlement, qui représente le peuple. Or le Parlement, qui n’est nullement empêché de siéger, peut – et donc doit – se prononcer sur ces mesures. Un vote mensuel me paraît constituer une bonne jauge.Cet amendement vise donc à ce que l’état d’urgence sanitaire soit prorogé d’un mois à compter de l’examen du texte, le Gouvernement redemandant mensuellement l’autorisation du Parlement pour le prolonger en cas de besoin. Le Parlement n’est heureusement pas confiné. Il doit donc jouer son rôle. Or son rôle est bien de préserver les libertés des Français et de faire en sorte que les mesures liées à la crise sanitaire soient strictement proportionnées à la situation. Pour ce faire, ces mesures doivent bien sûr être régulièrement contrôlées par les représentants du peuple. Mme la présidente (LR). La parole est à Mme Josiane Corneloup, pour soutenir l’amendement no 155. Mme Josiane Corneloup (LR). Les fêtes de fin d’année présentent une importance toute particulière pour les Français. Elles constituent des moments de bonheur privilégiés et sont essentielles pour les enfants et les familles. Malgré les difficiles conditions sanitaires que nous connaissons cette année, il convient de tout faire pour permettre aux Français de se retrouver en famille. Les individus trouvent dans leur famille un repère rassurant. Les fêtes sont l’occasion de les réunir, pour un moment de joie et de partage.En substituant, au premier alinéa de l’article 1er, la date du 14 décembre 2020 à celle du 31 janvier 2021, le présent amendement vise à faire en sorte que le Gouvernement et le Parlement fassent un nouveau point de situation avant les vacances de Noël, pour décider ensemble des mesures à prendre. (M. Maxime Minot applaudit.) Mme la présidente (LR). La parole est à Mme Marie-France Lorho, pour soutenir l’amendement no 18. Mme Marie-France Lorho (NI). Il vise à prévoir une clause de revoyure avant les fêtes de Noël. En effet, l’état d’urgence sanitaire confère à l’exécutif des pouvoirs spéciaux étendus qui réduisent les libertés individuelles et publiques les plus fondamentales. De fait, le décret du 29 octobre, pris en vertu de l’état d’urgence sanitaire, instaure un deuxième confinement et édicte des mesures touchant à la liberté de culte, à la liberté d’entreprendre, à la liberté de déplacement et à la liberté de réunion, entre autres.Philosophes, écrivains, historiens, professeurs de médecine, évêques ou simples citoyens : ils sont nombreux à déplorer ce recul général des libertés, à critiquer la stratégie relayée par les médias et à inviter le Gouvernement à prendre de la hauteur afin de ne pas perdre de vue les graves conséquences des mesures qu’il est amené à prendre. Les fêtes de Noël et du Nouvel An, traditionnellement si chères à nos compatriotes, approchent. Les Français sont légitimement inquiets. Pourront-ils fêter Noël en famille ? Seront-ils encore confinés ? Auront-ils le droit de voir leurs proches ? Pourront-ils assister à la messe de minuit ?Pour l’heure, les déclarations du Gouvernement se veulent rassurantes, tout en laissant la porte ouverte à un Noël qui ne sera pas comme les autres. Qu’est-ce à dire ? Nul ne semble pouvoir répondre. Il y a moins d’un mois, le Gouvernement assurait qu’il n’y aurait pas de nouveau confinement – le Président de la République lui-même écartait cette idée. Nous voilà pourtant reconfinés.En raison de ce que représentent pour nous les fêtes de Noël, il nous apparaît indispensable que le Parlement se prononce avant le 25 décembre sur la nécessité de maintenir l’état d’urgence. Tel est le sens de cet amendement. (Applaudissements parmi les députés non inscrits.) Mme la présidente (LR). La parole est à M. Julien Aubert, pour soutenir l’amendement identique no 69. M. Julien Aubert (LR). La prolongation de l’état d’urgence sanitaire n’est pas une mince affaire et le fait de donner un blanc-seing au Gouvernement en retenant l’échéance du 16 février pose évidemment la question du contrôle de l’action gouvernementale, ainsi que celle de savoir comment cette affaire doit être menée. Je rappelle que lors du premier confinement, la loi du 23 mars 2020 instaurait l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 23 mai, c’est-à-dire pour deux mois. La loi du 11 mai 2020 l’avait ensuite prolongé jusqu’au 10 juillet – pour deux mois, encore. Pourquoi faudrait-il doubler la durée de l’état d’urgence sanitaire pour la deuxième vague, sinon pour exonérer le Gouvernement d’un débat devant la représentation nationale ? M. Julien Aubert (LR). De plus, dans l’esprit des Français, la question du confinement et celle de l’état d’urgence sanitaire se télescopent quelque peu. J’ai donc choisi, pour fixer le terme de l’état d’urgence, la date du 15 décembre, car elle correspond à la limite maximale supposée du deuxième confinement – si tant est qu’on puisse le qualifier ainsi, d’ailleurs, car il est très dur dans ce qu’il a de mou et très mou dans ce qu’il a de dur. Une telle solution permettrait de faire coïncider les débats portant respectivement sur l’urgence sanitaire et sur le confinement, et donc de clarifier les différences échéances et le calendrier.J’ajoute enfin que notre objectif doit être de sauver à tout prix la saison économique de Noël. Je ne souhaite pas que les mesures que vous prendrez mordent sur le mois de décembre, car s’il y a une chose dont je suis certain, c’est que si les commerces sont confinés en décembre, nous n’aurons pas beaucoup de commerces à pleurer en janvier : ils seront tous morts. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR et parmi les députés non inscrits.) Mme la présidente (LR). La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir l’amendement no 97. Mme Emmanuelle Ménard (NI). Tout l’après-midi, des intervenants ont égrené le nombre de décès à déplorer ces derniers jours ainsi que le nombre de cas graves nécessitant une hospitalisation – notamment en service de réanimation – et ont insisté sur le risque de voir, au cours de la deuxième vague, les hôpitaux et les personnels de santé, à qui nous pensons en cet instant, être submergés par les Français en grande difficulté face à la maladie. Le débat ne saurait malheureusement se résumer à un affrontement entre un Gouvernement qui serait le seul à savoir ce qu’il faut faire et des irresponsables qui, parce qu’ils ne pensent pas comme vous, seraient la cause des contaminations – accusations que vous ne cessez de répéter pour nous donner mauvaise conscience et nous rendre responsables de tous les maux.Il s’agit, par cet amendement, d’inciter le Gouvernement et le Parlement à faire un point de situation avant les vacances de Noël, pour décider ensemble des mesures à prendre. Noël et ses fêtes familiales représentent, pour les croyants comme pour les non-croyants, des moments très importants. Il convient dès lors de tout faire pour permettre aux Français de se retrouver en famille. Une clause de revoyure est pour cela indispensable.La cacophonie qui a accompagné vos premières mesures montre bien que nous ne pouvons pas vous laisser les pleins pouvoirs pour six mois supplémentaires. Il importe donc de fixer une échéance beaucoup plus proche à l’état d’urgence sanitaire. La date du 21 décembre – qui correspond au début des vacances de Noël – me semble convenir parfaitement. Mme la présidente (LR). La parole est à Mme Cécile Untermaier, pour soutenir l’amendement no 138. Mme Cécile Untermaier (SOC). La prorogation de l’état d’urgence sanitaire suspend pour un temps long des droits fondamentaux – cela a été rappelé dans la motion de rejet préalable présentée par notre ami et collègue Gosselin. Il ne s’agit pas d’une simple formalité. Le délai étendu que vous vous octroyez pose donc bien problème. Si chacun ici partage l’objectif sanitaire, je constate, à travers ces amendements, que personne n’est d’accord avec la date proposée.Il me semble regrettable, pour les citoyens qui nous regardent, que l’Assemblée ne puisse pas s’entendre sur une date : un tel accord aurait constitué un signe encourageant, pour les citoyens, de notre capacité à travailler ensemble et à défendre collectivement cet état d’urgence sanitaire. Mme la présidente (LR). La parole est à M. Pascal Brindeau, pour soutenir l’amendement no 51. M. Pascal Brindeau (UDI_I). Au fond, tous les amendements qui se succèdent sur la question de la date de la fin de l’état d’urgence sanitaire interpellent le Gouvernement et la majorité sur le même point : souhaitez-vous, oui ou non, concilier l’urgence sanitaire – et la nécessaire protection de la santé de nos concitoyens – et la vie démocratique ? C’est tout simplement de cela qu’il s’agit.Vous demandez aujourd’hui un blanc-seing pour une durée qui, comme notre collègue Julien Aubert l’a rappelé, serait deux fois plus longue que celle du premier confinement – lequel était beaucoup plus dur que l’actuel. Nous savons par ailleurs pertinemment que la date annoncée pour la fin de confinement ne sera probablement pas respectée : parce que nous aurons collectivement constaté que la situation sanitaire n’est pas suffisamment rétablie et que le nombre de cas, de décès et d’hospitalisations reste trop élevé, il faudra malheureusement maintenir des mesures extrêmement restrictives.Par ce texte en particulier, non seulement vous demandez un allongement de la durée du confinement et de l’état d’urgence sanitaire, mais vous voulez aussi vous donner, avec l’article 2, la possibilité de prendre des mesures restrictives jusqu’au 1er avril. Ce n’est absolument pas compatible avec notre vie démocratique, qui ne peut être mise sous cloche au nom de l’urgence sanitaire. Voilà la question qui vous est posée aujourd’hui. Mme la présidente (LR). La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir l’amendement no 96. Mme Emmanuelle Ménard (NI). Vous l’aurez compris, il s’agit d’un amendement de repli : je défendais à l’instant l’idée de fixer la date de la fin du confinement au 21 décembre, pour le début des vacances de Noël, et je propose, par le présent amendement, la date du 31 janvier 2021, qui correspond à la version de l’alinéa 1er retenue par le Sénat.Les dernières annonces du Premier ministre sur la gestion de la crise sanitaire, notamment en ce qui concerne les commerces de proximité, illustrent à quel point il est difficile, pour cette majorité et le Gouvernement, de décider seuls. Vos dernières mesures et les couacs à répétition sont non seulement incohérents, mais aussi dangereux pour notre économie. Il convient donc de réduire la durée de l’état d’urgence sanitaire et de permettre au Parlement, par une clause de revoyure, de contrôler l’action du Gouvernement – ce qui constitue un de ses rôles essentiels – avant la date que vous prévoyez. C’est pourquoi je propose la date du 31 janvier 2021. Mme la présidente (LR). La parole est à M. Jean-Pierre Pont, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, pour donner l’avis de la commission sur ces amendements. M. Jean-Pierre Pont (LAREM). Nous avons déjà débattu de la date du 16 février en première lecture. Une prorogation de l’état d’urgence sanitaire pour une durée de trois mois est à la fois nécessaire, adaptée et proportionnée à la situation sanitaire qui, je le rappelle, demeure très préoccupante et ne cesse d’empirer. Le Sénat a d’ailleurs validé une prolongation quasiment similaire – à deux semaines près. Je rappelle que le Conseil scientifique, dans son avis favorable à la prorogation de l’état d’urgence sanitaire, prédisait le 19 octobre que « les mois d’hiver ser[aient] difficiles vis-à-vis de la circulation » de la covid-19.J’émets donc un avis défavorable. Mme la présidente (LR). La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’autonomie, pour donner l’avis du Gouvernement. M. Pacôme Rupin (LAREM). Je demande une suspension de séance, madame la présidente. (Huées et claquements de pupitres sur les bancs du groupe LR.) (La séance, suspendue à vingt et une heures quinze , est reprise à vingt et une heures vingt .)
Rappels au règlement
Mme la présidente (LR). La parole est à M. Antoine Savignat, pour un rappel au règlement. M. Antoine Savignat (LR). Ce rappel au règlement concerne la tenue de nos séances et aussi le respect de l’ordre du jour au titre de l’article 48, madame la présidente. Nous savons tous que cette séance devait commencer à vingt et une heures précises, puisque c’est l’horaire imposé dorénavant par les circonstances, selon un ordre du jour et pour l’examen d’un texte voulus par le Gouvernement. Certes, la suspension de séance était de droit (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe LaREM), mais nous, députés du groupe Les Républicains, étions bien présents à vingt et une heures alors que les députés de la majorité, eux, n’étaient pas là ! Nous avons en leur absence examiné huit amendements, tous non seulement défendus mais aussi soutenus par leurs auteurs (Applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur plusieurs bancs des députés non inscrits) et, au moment de procéder au vote, la majorité a demandé une suspension parce que tous ces messieurs-dames avaient mieux à faire qu’à être là au moment du vote ! (Mêmes mouvements.) Nous sommes en train de débattre de ce que sera l’avenir des Français pour les six prochains mois, en train d’expliquer que le Parlement ne pourra pas siéger pendant ce temps pour contrôler le respect des libertés fondamentales, et je veux que les Français s’en souviennent et qu’ils le notent, car c’est une honte, un scandale ! (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur plusieurs bancs des députés non inscrits.) Mme la présidente (LR). Calmez-vous, chers collègues. La parole est à M. Pascal Brindeau, et à lui seul. M. Pascal Brindeau (UDI_I). J’ai bien conscience que les députés de la majorité sont à bout de nerfs. (« Eh oui ! » sur plusieurs bancs du groupe LR. – Protestations sur les bancs du groupe LaREM.) M. Pascal Brindeau (UDI_I). Mon rappel au règlement se fonde sur l’article 61, alinéa 2, qui dispose que « les votes émis par l’Assemblée sont valables quel que soit le nombre des présents ». M. Denis Masséglia (LAREM). Où est Lagarde ? (Vives protestations sur les bancs du groupe LR.) M. Pascal Brindeau (UDI_I). Mesdames, messieurs de la majorité, si vous aviez mieux à faire, si vous ne vous sentez pas concernés par le débat ou si vous êtes mal à l’aise par rapport aux décisions prises par votre gouvernement et n’assumez pas ce que vous êtes ni ce que vous faites, restez en dehors de l’hémicycle, mais laissez-nous délibérer et voter valablement ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDI-I et LR ainsi que sur plusieurs bancs des députés non inscrits.) Mme Emmanuelle Ménard (NI). C’est un rappel au règlement sur la base de l’article 48, madame la présidente. Chaque fois que la majorité risque d’être mise en minorité dans cet hémicycle, on a droit au même cinéma, à la même arrogance que de la part de votre gouvernement ! Vous voulez avec ce texte les pleins pouvoirs, mais vous ne l’assumez pas ! La moindre des choses, le minimum de respect, serait de finir son dîner à l’heure pour reprendre les débats à l’heure ! Mme Emmanuelle Ménard (NI). Ce soir, on est en plein débat sur les commerces de proximité, qui sont en train de mourir ! (Mme Martine Wonner applaudit.) Et on nous taxe nous, députés de l’opposition, d’irresponsables ! Je prends à témoin les Français : qui est irresponsable ? Les députés de la majorité, qui préfèrent prolonger leur dîner, ou les députés de l’opposition, qui sont à l’heure pour poursuivre les débats dans cet hémicycle ? (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur plusieurs bancs des députés non inscrits.) Mme la présidente (LR). Sur quel article votre rappel au règlement se fonde-t-il, monsieur Wulfranc ? M. Hubert Wulfranc (GDR). Sur le fondement de l’article 48, madame la présidente. Je ne polémiquerai pas sur les argumentaires exposés dans les rappels au règlement précédents, mais j’indique qu’une des sensibilités parlementaires était jusqu’à mon intervention absente de l’hémicycle et, aux fins de contribuer à l’éclairage pluraliste de nos débats et dans le droit fil de son arrivée, dont je me réjouis, je demande une suspension de séance. (Exclamations sur les bancs du groupe LR et rires sur plusieurs bancs du groupe LaREM.) (La séance, suspendue à vingt et une heures vingt -trois , est reprise à vingt et une heures vingt-cinq.)
Rappel s au règlement (suite)
Mme la présidente (LR). La parole est à M. Rémy Rebeyrotte, pour un rappel au règlement. (« Ah ! » sur les bancs du groupe LR.) M. Rémy Rebeyrotte (LAREM). 426 décès du covid dans les dernières vingt-quatre heures… Près de 500 depuis vendredi dans les EHPAD… (Vives exclamations sur les bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). Je vous en prie, chers collègues ! Poursuivez, monsieur Rebeyrotte. M. Rémy Rebeyrotte (LAREM). De tels chiffres ne méritent-ils pas (Vives exclamations sur les bancs du groupe LR)… Mme la présidente (LR). J’invite M. Rebeyrotte à ne pas faire des pauses aussi longues, car ses silences vont immanquablement être remplis.Veuillez poursuivre, mon cher collègue. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR et sur plusieurs bancs des groupes UDI-I et SOC.) M. Rémy Rebeyrotte (LAREM). De tels chiffres ne méritent-ils pas, disais-je, à la fois du recueillement et une attention particulière à la nécessité du confinement ? Il faut être à la hauteur de la situation. (Vives exclamations sur les bancs du groupe LR.) Et la situation est grave : grave pour nos soignants, pour nos proches, pour nos parents, pour nos grands-parents, pour toutes les personnes de santé fragile et qui ont aujourd’hui une seule peur, celle d’être confrontées à ce virus, à la maladie et à la mort ! (Mêmes mouvements.) Voilà ce qui motive les mesures prises aujourd’hui ! Nous devons, ici plus encore qu’ailleurs, nous en rappeler toujours ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.) M. Philippe Gosselin (LR). Les leçons qui viennent de la majorité, sous forme de chantage de surcroît (Exclamations sur les bancs du groupe LaREM), c’est totalement inadmissible !(Applaudissements sur les bancs des groupes LR et UDI-I.) Vous pourriez nous donner des leçons si vous aviez été là à l’heure ! (Mêmes mouvements.) Pourquoi avons-nous suspendu nos travaux ? Parce que la majorité était incapable d’être rassemblée à vingt et une heures… M. Philippe Gosselin (LR). … pour l’examen d’un texte sur l’urgence sanitaire ! (Mêmes mouvements.) Alors les leçons, ça suffit ! (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe LR.)Madame la présidente, je vous demande solennellement, pour que chacun retrouve ses esprits, en particulier dans la majorité, une suspension d’au moins un quart d’heure. Nous devons la dignité de ces débats à nos concitoyens ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.) (La séance, suspendue à vingt et une heures trente, est reprise à vingt et une heures quarante .)
Rappel s au règlement (suite)
Mme la présidente (LR). La parole est à M. Jean-Christophe Lagarde, pour un rappel au règlement. M. Jean-Christophe Lagarde (UDI_I). Notre collègue Rebeyrotte aime les chiffres, alors en voici d’autres. L’Allemagne compte 80 millions d’habitants ; la France, 70 millions. M. Jean-Christophe Lagarde (UDI_I). L’Allemagne est à 10 000 cas de covid-19 par jour ; nous étions à 50 000 cas il y a quelques jours. M. Jean-Christophe Lagarde (UDI_I). On nous dit que nous sommes irresponsables parce que nous nous interrogeons, mais quand on est face à un bilan où, depuis le début de la crise… M. Jean-Christophe Lagarde (UDI_I). Si, c’est un rappel au règlement puisque je reprends le sujet abordé par notre collègue.Lorsqu’on constate que la France compte 4,5 fois plus de morts, d’hospitalisations et de cas que l’Allemagne, nous avons le droit de nous interroger ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UDI-I et sur plusieurs bancs du groupe LR.)Madame la présidente, je voudrais que nous puissions débattre sereinement – chose dont certains de nos collègues semblent incapables – pour trouver les meilleures solutions. Le Président de la République a dit que la situation était la même dans toute l’Europe. Y a-t-il un confinement général en Allemagne, dans tous les États allemands ? La réponse est non ! (Mme Martine Wonner applaudit.) Y a-t-il un confinement général en France ? La réponse est oui, en tout cas pour certains secteurs d’activité. (M. Pascal Brindeau applaudit.) Revenons à un débat serein, basé sur les chiffres, et puisqu’il va falloir vivre longtemps avec ce virus, essayons de voir – certains oublient que c’est à cela que nous invitait le Président de la République – comment concilier la sécurité sanitaire et l’activité économique ! Article 1er(suite)
(L’amendement no 102 n’est pas adopté.)
(L’amendement no 155 est adopté ; en conséquence, les amendements nos18, 69, 97, 138, 51 et 96 tombent, et l’amendement no16 devient sans objet.)(Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes LR, UDI-I et SOC, ainsi que sur plusieurs bancs du groupe LT, sur quelques bancs du groupe GDR et parmi les députés non inscrits. – Plusieurs députés des groupes LR et SOCainsi que des députés non inscrits se lèvent pour applaudir. – Exclamations continues sur divers bancs.)
Mme la présidente (LR). Les amendements nos 114 de M. Paul Molac, 98 de Mme Emmanuelle Ménard, 24 de Mme Marie-France Lorho et 115 de M. Paul Molac, pouvant être soumis à la discussion commune, sont défendus. (Brouhaha sur divers bancs.)Quel est l’avis de la commission ? Mme la présidente (LR). La parole est à Mme la présidente de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République. Mme Yaël Braun-Pivet (LAREM). Je demande une suspension de séance. (Vives protestations et huées sur les bancs des groupes LR, SOC et FI, ainsi que parmi les députés non inscrits.) Suspension et reprise de la séance
Mme la présidente (LR). La séance est suspendue pour cinq minutes. (La séance, suspendue à vingt et une heures quarante-cinq, est reprise à vingt et une heures cinquante.)
(L’amendement no 114 est adopté ; en conséquence, les amendements nos 98 et 24 tombent.) (Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes LR, SOC et GDR. – Protestations et claquements de pupitres sur les bancs du groupe LaREM.)
M. Pacôme Rupin (LAREM). Madame la présidente, je demande une nouvelle suspension de séance, parce qu’il faut que nous recomptions en fonction de la demi-jauge. (Huées sur les bancs du groupe LR.) (La séance, suspendue à vingt et une heures cinquante et une, est reprise à vingt et une heures cinquante-trois.)
Rappel au règlement
Mme la présidente (LR). La parole est à M. Jean-Christophe Lagarde, pour un rappel au règlement. M. Jean-Christophe Lagarde (UDI_I). C’est un rappel au règlement sur le fondement de l’article 100, alinéa 1. Vous avez ce soir, madame la présidente, un rôle difficile, mais il me semblait que le groupe La République en marche avait déjà utilisé son droit à suspension de séance. M. Jean-Christophe Lagarde (UDI_I). Vous en avez accordé un second, ce que, ayant été vice-président, je peux comprendre, pour le bon ordonnancement de la séance. J’imagine donc que c’est désormais autorisé pour tous les groupes de l’Assemblée nationale.Par ailleurs, j’ai entendu pendant la suspension des mots qui ne devraient pas avoir cours dans cet hémicycle. M. Jean-Christophe Lagarde (UDI_I). Des collègues de la majorité ont traité certains d’entre nous de margoulins et, même si c’est hors procès-verbal, ce n’est pas acceptable.Enfin, il me semble que votre présidence est en train d’être contestée sur le résultat des votes. Je veux dire à nos collègues de la majorité que s’ils sont suffisamment mobilisés pour soutenir le texte, ils n’ont qu’à demander des scrutins publics, et il n’y aura pas de discussion. Et si vous demandez des scrutins publics, chers collègues, on verra que vous êtes minoritaires ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UDI-I et LR, ainsi que sur plusieurs bancs du groupe SOC. ) Mme la présidente (LR). En l’espèce, monsieur Lagarde, c’est en effet deux suspensions de séance par groupe sur un même texte. La présidence a le pouvoir d’apprécier la situation. Je l’ai fait,… Mme la présidente (LR). …j’ai permis à la majorité de demander plusieurs suspensions de séance, c’est fait. Mais n’en abusez pas non plus ! Mme la présidente (LR). Par ailleurs, je crois que des demandes de scrutin public se préparent et il y a des délégations ; les votes seront ce qu’ils sont. Je n’entends pas que le vote auquel nous venons de procéder ait été contesté. Je crois qu’il était clair et nous pouvons donc poursuivre. Article 1er(suite)
(L’amendement no 115 n’est pas adopté.)
Mme la présidente (LR). Je suis saisie d’une série d’amendements pouvant être soumis à une discussion commune, dont plusieurs sont identiques.Sur les amendements nos 2 et identiques, je suis saisie par les groupes La République en marche, Les Républicains, Socialistes et apparentés et UDI et indépendants d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Pascal Brindeau, pour soutenir l’amendement no 2. M. Pascal Brindeau (UDI_I). Nous en arrivons à une série d’amendements posant la question de la fermeture des commerces de proximité dits non essentiels. J’attends, avant de poursuivre, que nos collègues de la majorité retournent vaquer à leurs occupations. (Protestations sur les bancs du groupe LaREM.) Quant à nous, nous avons tout notre temps !Cet amendement vise à rétablir le texte du Sénat, qui était de mon point de vue extrêmement équilibré, permettant au préfet d’apprécier les situations au cas par cas dans le département. C’était la logique de territorialisation que vous défendiez jusqu’à présent. Tel ou tel type de commerce, avec un protocole sanitaire bien établi, pourrait ainsi rouvrir en maîtrisant le nombre de personnes se trouvant dans le commerce, ce qui éviterait la mort de nombreux commerçants de proximité qui ne pourront pas survivre à ce nouveau confinement alors qu’ils ne sont pas la cause de la circulation du virus, comme nous le savons tous. Il faut être lucide par rapport à cette situation. Si vous avez un tant soit peu de responsabilité, mesdames et messieurs de la majorité, vous voterez cet amendement. (Applaudissements sur les bancs du groupe UDI-I, sur plusieurs bancs des groupes LR et LT et parmi les députés non inscrits.) Mme la présidente (LR). La parole est à M. Olivier Marleix, pour soutenir l’amendement identique no 3. M. Olivier Marleix (LR). Dans ce confinement deux, le Gouvernement a pris soin de maintenir un minimum de vie économique dans notre pays et c’est évidemment une bonne chose, même si ce n’est pas si facile. En revanche, vous avez fait le choix de sacrifier deux professions : les restaurateurs et les petits commerces de nos villes et villages. Il en ressort un sentiment de très grande injustice. Pourquoi eux et eux seuls sont-ils condamnés à ne pouvoir gagner leur vie ? Le Sénat vous a proposé une solution : faire confiance aux préfets et leur laisser la possibilité, lorsque les circonstances sanitaires le permettent, de déroger à la règle nationale de confinement.Il ne s’agit pas d’un débat entre les responsables que seraient certains et les irresponsables qu’il y aurait en face, puisque cet amendement a été voté au Sénat à l’unanimité. Il existe un groupe La République en marche au Sénat, certes pas très épais, mais j’imagine qu’ils étaient dans cette unanimité.Les Français se bousculent par milliers dans le métro de Paris. Nous sommes plusieurs centaines dans cet hémicycle ce soir. Il est parfaitement scandaleux que l’on reproche à une coiffeuse ou à un autre petit commerçant de recevoir un client après l’autre. Entendez la sagesse du Sénat et acceptez cet amendement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). La parole est à M. Fabien Di Filippo, pour soutenir l’amendement identique no 6. M. Fabien Di Filippo (LR). Nous en arrivons au point crucial qui a animé tous les débats ce week-end, avec une passion très forte dans nos territoires. Pour que ça monte à ce point, il faut vraiment que les enjeux pour nos commerçants et les personnes soient considérables. Vous vous êtes vous-mêmes fait les chantres, durant cette législature, d’un certain droit à la différenciation en fonction des territoires. Vous avez mis en avant durant la gestion de cette crise le rôle du couple maire-préfet.Aujourd’hui, la situation économique des commerçants est terrible. Même pour ceux qui se portent bien et dégagent des bénéfices, un second confinement, l’impossibilité de faire du chiffre d’affaires, avec des stocks considérables à l’approche des fêtes, seront mortels en début d’année.Entre 80 % et 90 % des commerçants connaîtraient des difficultés.Non seulement votre décision de fermer les petits commerces est problématique sur le plan économique, mais elle soulève également des questions sur le plan sanitaire, puisqu’elle conduit à concentrer le flux des consommateurs sur certains magasins. Je rappelle par ailleurs que certains commerces de proximité restent ouverts. Or on ne rentre pas à plus de deux ou trois clients dans une boucherie ou une boulangerie ; ce type de commerce n’a jamais été un foyer de contamination. M. Fabien Di Filippo (LR). Avec cet amendement, nous en appelons à votre bon sens et nous vous demandons de faire confiance aux acteurs locaux : ils sauront garantir le respect des consignes sanitaires les plus strictes et déterminer si les conditions sont réunies pour autoriser la réouverture des petits commerces. Ces derniers ont consacré des investissements importants à l’équipement de leur magasin pour se conformer aux normes sanitaires. Après tout ce que vous avez exigé d’eux, vous ne pouvez pas leur couper les ailes et les précipiter dans la faillite ! (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). La parole est à M. Ian Boucard, pour soutenir l’amendement identique no 13. M. Ian Boucard (LR). Comme les précédents, cet amendement a vocation à réintroduire dans le projet de loi la disposition adoptée au Sénat qui permet au préfet d’autoriser la réouverture de commerces de vente au détail selon les territoires et les conditions sanitaires.Madame la ministre déléguée, nous vous demandons de faire confiance à nos commerçants qui, dès le déconfinement du mois de mai, se sont engagés à respecter scrupuleusement les protocoles sanitaires édictés par le Gouvernement.Nous vous demandons de faire aussi confiance à nos concitoyens, qui ont envie, comme nous tous, que la France remporte la victoire contre l’épidémie de covid-19.Enfin, nous vous demandons de faire confiance aux préfets, représentants de l’État dans les territoires. Ils sont pleins de bon sens et sauront, j’en suis sûr, prendre les bonnes décisions s’agissant des réouvertures des petits commerces. Ils sont, comme nous tous, conscients de l’importance d’un strict respect des consignes sanitaires.Mon collègue Julien Aubert l’a dit tout à l’heure, sans réouverture avant Noël, nous ne pourrons plus compter les petits commerces au mois de janvier : ils auront tout bonnement disparu, dans les zones rurales comme dans les villes moyennes, que certains d’entre vous semblent bien mal connaître… (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). La parole est à Mme Josiane Corneloup, pour soutenir l’amendement identique no 27. Mme Josiane Corneloup (LR). Si le reconfinement est apparu comme une nécessité pour faire face à l’épidémie, la fermeture des commerces dits non essentiels a des conséquences catastrophiques. Déjà fragilisés par le premier confinement, de nombreux commerces de proximité ne pourront pas survivre à la crise. De plus, le maintien de l’activité des grandes surfaces et des acteurs du commerce en ligne placent les petits commerces dans une situation de désavantage concurrentiel. Vivre avec le virus, c’est s’adapter aux circonstances de l’épidémie avec des protocoles sanitaires qui permettent le maintien de la vie économique, et non fermer indistinctement l’ensemble des commerces sur le territoire national.Afin de limiter les conséquences économiques des prochaines semaines de confinement pour les commerces de proximité, le présent amendement vise donc à rétablir le texte adopté par le Sénat et à permettre que le préfet, à titre dérogatoire, puisse autoriser l’ouverture des commerces de vente au détail. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). L’amendement identique no 31 de M. Philippe Latombe est défendu.La parole est à M. Thibault Bazin, pour soutenir l’amendement identique no 34. M. Thibault Bazin (LR). Il propose de rétablir la disposition adoptée au Sénat qui vise à ce que le préfet puisse, à titre dérogatoire et lorsque les conditions sanitaires le permettent, autoriser l’ouverture de commerces de vente au détail.Nos commerces se sont adaptés pour sécuriser et protéger les achats dans leurs locaux. Nos artisans ont investi pour garantir à leurs clients un cadre sécurisant et protecteur. Tout ce qu’ils demandent, c’est de pouvoir travailler.Les aides ne sont pas une réponse suffisante, monsieur le ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises. Lors du premier confinement, vous défendiez les commerces et votre nomination avait suscité de l’espoir. Quelle déception aujourd’hui ! C’est « En Marche vers le désespoir » pour bien des commerçants…Les fermetures administratives apparaissent disproportionnées quand les gestes protecteurs sont scrupuleusement respectés. Les règles que vous édictez sont déconnectées de la réalité des territoires à faible densité de population. Votre stratégie est incohérente avec votre discours en faveur des territoires et avec un programme comme Action cœur de ville, destiné à soutenir le commerce local dans les villes moyennes.Par dessus tout, ce reconfinement est très injuste : la fermeture des commerces de proximité ne semble pas une mesure justifiée pour lutter contre la propagation du virus quand toutes les mesures sanitaires ont été prises – masques, gel, distanciation –, d’autant que d’autres lieux, restés ouverts, génèrent beaucoup plus de flux.Monsieur le ministre délégué, vous êtes au volant du commerce français. Où le menez-vous ? C’est le moment, ce soir, de faire « En Marche arrière » ! Vous aviez promis de mieux prendre en compte les territoires et de soutenir le commerce local : permettez donc au couple préfet-maire d’autoriser le déconfinement vital et sécurisé des commerces de proximité ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). La parole est à M. Pierre Cordier, pour soutenir l’amendement identique no 42. M. Pierre Cordier (LR). J’aimerais ramener un peu de calme et de sérénité dans nos débats. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – Mme Brigitte Bourguignon, ministre déléguée, sourit.)Madame Bourguignon, je suis très heureux de vous voir sourire !Chers collègues, vous le savez, la personne avec laquelle nous sommes le plus souvent en contact dans nos départements est le préfet : c’est pourquoi il importe de le replacer au cœur du débat et de la décision. Quels que soient les départements, les échanges que nous avons avec le préfet et les sous-préfets sont toujours constructifs, intéressants et pertinents. Il convient donc de rétablir la disposition adoptée par le Sénat selon laquelle le préfet décide de l’ouverture ou de la fermeture de certains commerces dans les territoires.Chers collègues de la majorité, nous sommes ici pour débattre, mais je ne doute pas que, depuis quelques jours, chacune et chacun d’entre vous a rencontré, dans son territoire, des petits commerçants qui lui ont fait part de leurs inquiétudes – je vous ai entendus le dire sur diverses chaînes de télévision et de radio. Alors ne niez pas ce soir, par esprit de discipline, les difficultés des petits commerçants ! (Exclamations sur les bancs du groupe LaREM.) M. Pierre Cordier (LR). En tout état de cause, il serait bon de replacer le préfet au cœur de la décision. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). La parole est à M. Raphaël Schellenberger, pour soutenir l’amendement identique no 57. M. Raphaël Schellenberger (LR). Je salue l’arrivée du ministre des solidarités et de la santé au banc du Gouvernement. Nous l’avons beaucoup attendu en première lecture, mais il nous honore de sa présence en nouvelle lecture ! (Brouhaha persistant.) M. Raphaël Schellenberger (LR). Il ne s’agit pas, avec cet amendement, d’être irresponsable et de nier la réalité de la menace sanitaire,… M. Raphaël Schellenberger (LR). …bien au contraire ; il s’agit d’écouter ceux qui font vivre la France dans les territoires, ceux que l’on sollicite lorsque des services publics ferment, ceux qui assurent le lien de proximité avec la population et sont le ciment de la vie sociale dans les territoires. Les petits commerces indépendants remplissent ces missions pour des salaires souvent limités, sans compter leurs heures. Ces professionnels qui ont su, pendant le déconfinement, créer, innover, inventer de nouvelles manières de faire du commerce tout en protégeant les clients, nous devons aujourd’hui les écouter et leur permettre de gagner leur vie en travaillant et non, comme vous le proposez, en étant assistés. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). La parole est à M. Julien Aubert, pour soutenir l’amendement identique no 70. M. Julien Aubert (LR). Il propose de donner aux préfets la possibilité de déroger aux fermetures administratives pour la vente au détail. Si vous votez en faveur de cet amendement, chers collègues, vous ne voterez pas en faveur du déconfinement ou de la levée des fermetures d’établissements, mais vous offrirez au préfet – c’est-à-dire à l’État, car les préfets, je le rappelle, obéissent au ministre de l’intérieur, qui appartient à la majorité ! – la possibilité d’autoriser les petits commerces à ouvrir lorsque les conditions sanitaires le permettent, c’est-à-dire à agir conformément au bon sens.Après-demain, quand vous vous promènerez dans les rues de votre circonscription, des commerçants vous demanderont pourquoi vous n’avez pas voté en faveur de cette disposition. Ils feront bien sûr la différence entre les députés qui l’auront soutenue et les autres – leurs noms apparaîtront clairement lors du scrutin public ! (Exclamations sur les bancs du groupe LaREM.)Vous aurez tout le loisir de vous énerver après avoir pris vos responsabilités, chers collègues ! Ou plutôt, votre irresponsabilité… (Mêmes mouvements.)Ce confinement repose sur deux erreurs. La première est un tee-shirt de taille moyenne qui boudine la ruralité mais qui est bien trop grand pour la ville : sur un kilomètre, en zone rurale, on ne croise que des sangliers, mais en ville, on a accès à tous les commerces !La seconde est la distinction que vous faites entre les commerces, non pas sur la base du risque sanitaire, mais sur le critère du caractère essentiel ou non essentiel de l’activité. Qui détermine celle qui l’est et celle qui ne l’est pas ? Je peux vous dire que pour mon fils, des jouets sont essentiels à Noël, tout comme des livres pour un thésard ! De même, pour une personne qui travaille dans la vente, ne pas pouvoir se maquiller est un véritable problème ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). La parole est à M. Damien Abad, pour soutenir l’amendement identique no 73. M. Damien Abad (LR). La question qui nous est posée ce soir est la suivante : oui ou non, voulons-nous sauver les commerces de proximité ? (Vives protestations sur plusieurs bancs du groupe LaREM.) M. Damien Abad (LR). Je vois bien, à vos réactions, combien vous êtes gênés. En vérité, vous êtes très embêtés de devoir soutenir ce texte ce soir ! (Mêmes mouvements.)Oui ou non, allez-vous corriger la plus grande injustice causée par le confinement, qui veut qu’un Français soit autorisé à se rendre dans un supermarché pour pousser un caddie entouré de centaines de personnes, mais pas à entrer dans une boutique de vêtements qui reçoit deux ou trois clients ?Nous ne vous disons pas de rouvrir tous les établissements, ni de déconfiner ! (« Mais si ! » sur plusieurs bancs du groupe LaREM.) Mais non ! (Vives exclamations sur les bancs du groupe LaREM.) Ce que nous vous disons, c’est de mettre de la justice, de l’équité, de la cohérence, de la responsabilité, de la constance, du courage et de la vérité dans votre action ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LR, ainsi que sur plusieurs bancs du groupe UDI-I et parmi les députés non inscrits. – Mme Martine Wonner applaudit aussi.)Celui qui est irresponsable,… M. Damien Abad (LR). …c’est celui qui monte les grandes surfaces et Amazon contre les commerces de proximité ! (Vives exclamations sur les bancs du groupe LaREM.)Tout ce que nous vous demandons aujourd’hui, c’est de faire ce que vous avez déjà fait il y a peu, quand vous avez autorisé les préfets à autoriser l’ouverture des marchés alimentaires dans les départements. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LR et UDI-I et parmi les députés non inscrits.)Pourquoi donc ce qui était responsable hier serait-il irresponsable aujourd’hui ? Ayez le courage de défendre les commerçants et de ne pas opposer la santé à l’économie ! Ayez le courage de protéger les Français en protégeant dans le même temps la vie humaine, la vie économique et la vie sociale ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). La parole est à M. Nicolas Meizonnet, pour soutenir l’amendement identique no 88. M. Nicolas Meizonnet (NI). « Selon que vous serez puissant ou misérable / Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Loin d’être anachronique, cet extrait de la fable de Jean de La Fontaine « Les animaux malades de la peste » s’applique parfaitement à la situation dans laquelle se trouvent nos commerçants de proximité.À l’heure où le rebond de l’épidémie de covid-19 exige un respect strict du protocole sanitaire, les commerçants de nos villes et de nos villages se sentent légitimement victimes d’un énième deux poids deux mesures. Alors qu’ils continuent de subir de plein fouet les effets économiques du confinement du printemps, la nouvelle décision de fermeture administrative risque d’être fatale à nombre d’entre eux. Comment justifier que des enseignes de la grande distribution continuent leur activité alors que dans le même temps, les petits commerces qui appliquent un protocole sanitaire strict ne peuvent pas rester ouverts ? Les exploitants de ces commerces ne comprennent pas ces règles, et les Français non plus.Loin de nous l’idée d’opposer l’activité économique aux préoccupations sanitaires : il faut au contraire opter pour une position équilibrée, permettant à chaque commerce, dans le respect des gestes barrières, de poursuivre normalement son activité. Nos compatriotes sont, à juste titre, attachés à leurs commerces de proximité, garants du dynamisme des centres-villes. Nous ne pouvons nous résoudre à voir les faillites s’enchaîner, engendrant des drames humains insupportables. Il est urgent d’agir, chers collègues ! Les commerçants de France comptent sur nous. Mme la présidente (LR). L’amendement identique no 122 de M. Robin Reda est défendu.La parole est à Mme Cécile Untermaier, pour soutenir l’amendement identique no 134. Mme Cécile Untermaier (SOC). Nous avons voté en faveur du présent confinement, mais en donnant notre assentiment, nous comptions sur la responsabilité de chacun. Nous mesurons la gravité de la situation sanitaire et nous appelons à la responsabilité individuelle ; sans elle, le confinement ne réussira pas. Le Parlement dans sa majorité, si l’on tient compte du Sénat, approuve la proposition qui vous est soumise. Chaque semaine, nous sommes en relation avec le préfet. Nous connaissons nos territoires, les commerçants et les acteurs économiques ; nous travaillons avec les maires.Cet amendement n’impose pas l’ouverture des commerces de proximité ; il offre simplement la possibilité aux préfets… Mme Cécile Untermaier (SOC). … d’autoriser l’ouverture de certains commerces de détail. Il ne s’agit pas d’une obligation visant à ce que demain, tous les commerces de proximité soient ouverts. Il s’agit de laisser aux préfets, dans le cadre de la différenciation, de la décentralisation et de la déconcentration, la capacité de prendre des décisions de terrain.De toute façon, vous y viendrez ; j’en prends le pari. Mme Cécile Untermaier (SOC). Je prends le pari que le 12 novembre, vous prendrez cette décision et accéderez à notre requête, comme vous l’avez fait lorsque, huit jours après que nous l’ayons demandé, vous avez mis le sujet du confinement en débat au Parlement. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.) Mme la présidente (LR). La parole est à Mme Josiane Corneloup, pour soutenir l’amendement identique no 154. Mme Josiane Corneloup (LR). Comme cela a été rappelé, le confinement est aujourd’hui une mesure nécessaire et indispensable pour l’ensemble de la population. En revanche, l’incohérence des mesures prises concernant la fermeture des petits commerces ou des commerces « non essentiels » interpelle.Comment comprendre que le Gouvernement ait choisi de sacrifier les petits commerces, que ce soient les bars, les restaurants, les salons de coiffure ou les librairies, tous classés dans la liste des commerces « non essentiels » ? Je m’interroge d’ailleurs sur cette dénomination : en quoi un libraire, un coiffeur ou un restaurateur est-il « non essentiel » ? Mme Josiane Corneloup (LR). Derrière tous ces commerces fermés, il y a des hommes et des femmes qui s’inquiètent à juste titre des conséquences économiques et financières d’une nouvelle interruption de leur activité. L’immense majorité de ces professionnels a mis en place des mesures de sécurité sanitaire irréprochables et a investi dans des équipements qui permettent une parfaite protection de leur personnel et de leur clientèle. Et voilà que vous empêchez les grandes surfaces de vendre certains produits que les petits commerçants, interdits d’ouvrir, ne peuvent écouler : cela illustre bien l’absurdité totale d’une décision injuste et non équitable pour l’ensemble des commerces.Nous ne gérerons pas la crise sanitaire et économique en opposant les catégories de commerces. L’unité est plus que jamais essentielle, et la loi doit être la même pour tous. Dès lors que les commerces dits « non essentiels » respectent strictement les mesures sanitaires, ils doivent pouvoir, comme les autres, exercer leur activité pendant le reconfinement. Le Gouvernement doit donc réviser sa position ; la survie des commerces de proximité en dépend. Mme la présidente (LR). La parole est à Mme Laurence Trastour-Isnart, pour soutenir l’amendement identique no 156. Mme Laurence Trastour-Isnart (LR). Mes chers collègues, nous vous demandons simplement de faire confiance aux préfets ainsi qu’à vos commerces de proximité, ceux que vous fréquentez tout au long de l’année. Ils sont capables d’instaurer des mesures barrière, de ne pas faire entrer plus d’une à deux personnes à la fois dans leur commerce ; ils donnent du gel à l’entrée et proposent des masques à leurs clients. On ne prend pas plus de risques dans un commerce de proximité que dans un supermarché ! Mme Laurence Trastour-Isnart (LR). Il est beaucoup question de l’égalité entre hommes et femmes. Or 65 % des petits commerces sont tenus par des femmes, et 70 % d’entre elles gagnent moins de 1 500 euros par mois. À la fin du mois, nous ne nous inquiétons pas, vous et moi, de savoir comment nous allons payer nos factures. Il faut le dire et ne pas se voiler la face : tous ces commerçants se demandent aujourd’hui comment ils paieront leurs factures demain. Ils n’ont plus de revenu, et les aides ne sont pas suffisantes ; elles couvrent souvent tout juste les loyers, et à peine de quoi payer les fournisseurs qui sont en attente.Ils ne s’en sortent pas, ils vont faire faillite, et vous êtes en train de ruiner l’économie française. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). La parole est à Mme Emmanuelle Anthoine, pour soutenir l’amendement identique no 159. Mme Emmanuelle Anthoine (LR). Si nous sommes aussi nombreux ce soir, c’est parce que nous sommes mobilisés pour vous dire nos craintes quant à l’avenir de nos petits commerces. Le Gouvernement nous a entendus ; il a réagi à l’injustice de leur situation en proposant que les grandes surfaces ne puissent plus commercialiser d’articles vendus dans les commerces faisant l’objet d’une fermeture administrative. Ainsi, non contents de subir le confinement, les Français vont vivre une nouvelle forme de rationnement.Néanmoins, le commerce en ligne pourra, lui, continuer à vendre des articles « non essentiels ». Au lieu d’apporter une solution au problème du petit commerce, votre décision ne fait qu’allonger la liste des victimes d’une situation inéquitable, qui tend à renforcer les géants du commerce en ligne. Il semblerait pourtant que le risque de contamination soit marginal dans les commerces de proximité, dès lors qu’ils respectent les règles de distanciation sociale.La mesure apparaît donc disproportionnée et de fait incompréhensible. Au-delà du commerce, ce sont des filières entières qui vont être déstabilisées par ces fermetures, et les producteurs de biens « non essentiels » ne disposeront plus de débouchés ; ils n’auront donc plus de revenus. Il est donc de bon sens que le préfet puisse décider, au plus près du terrain. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). La parole est à Mme Valérie Bazin-Malgras, pour soutenir l’amendement identique no 160. Mme Valérie Bazin-Malgras (LR). Madame et messieurs les ministres, laissez les préfets travailler ! Ils sont en immersion dans les territoires ; ils connaissent exactement leur département et les gens qui y travaillent. Ils sont en relation constante avec les élus du territoire, et ils savent si des petits commerces peuvent ouvrir ou non. Par vos carabistouilles, vous avez réussi à monter les petits commerces contre la grande distribution. Mme Valérie Bazin-Malgras (LR). Ce sont les clients qui en font les frais, car vous faites maintenant fermer certains rayons des grandes surfaces, ce qui les empêchera de trouver certains articles qu’ils voulaient acheter.S’il vous plaît, soyez raisonnables ; autorisez de nouveau les petits commerces à ouvrir dans les villes. Mme la présidente (LR). Toujours dans cette série d’amendements en discussion commune, je suis saisie de deux amendements, nos 11 et 10, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.La parole est à Mme Frédérique Tuffnell, pour les soutenir. Mme Frédérique Tuffnell (NI). Par ces deux amendements, nous voulons compléter les propositions formulées par d’autres collègues en sécurisant le dispositif. L’amendement no 11 vise à accorder au préfet le pouvoir d’autoriser l’ouverture des commerces de vente au détail si les conditions sanitaires le permettent dans son territoire, et lorsque la mise en œuvre des mesures de nature à prévenir les risques de propagation du virus est garantie. L’objectif est bien entendu de limiter la transmission du virus en limitant les déplacements.Nous proposons qu’un décret soit pris en Conseil d’État pour déterminer les conditions dans lesquelles le préfet pourra prendre ce genre de décisions. Il s’agit ainsi de sécuriser le dispositif permettant l’ouverture des petits commerces dans des conditions bien définies et, j’insiste, là où l’absence de propagation du virus est garantie, donc sans remettre en cause la nécessaire protection de la santé de nos concitoyens.L’amendement no 10 est un amendement de repli, qui prévoit un décret simplement transmis pour avis à l’Autorité de la concurrence. Mme la présidente (LR). Sur les amendements no 11 et 10, je suis saisie par le groupe Socialistes et apparentés d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.L’amendement no 32 de M. Julien Dive est défendu.La parole est à M. Pierre-Henri Dumont, pour soutenir l’amendement no 133. M. Pierre-Henri Dumont (LR). Ma question est très simple. Elle s’adresse aux trois ministres qui nous font l’honneur de leur présence ce soir – ils sont déjà plus nombreux que ne l’étaient les députés de La République en marche à l’ouverture de la séance. (Exclamations sur les bancs du groupe LaREM. – Applaudissements et sourires sur les bancs du groupe LR.) M. Pierre-Henri Dumont (LR). Je m’adresse en particulier à vous, monsieur Griset, qui venez du Nord, donc de la même région que moi. Quand je me rends dans ma boulangerie de Marck-en-Calaisis et que je prends mes croissants, comme tous les lundis matins, il y a à l’entrée un petit panneau avec l’inscription « pas plus de deux personnes à la fois ». Si cette boulangerie est capable de respecter les normes sanitaires en vigueur – elle le fait très bien –, pourquoi ne serait-ce pas possible dans un autre magasin, situé en face et vendant par exemple des vêtements ? Je ne comprends pas.Peut-être ai-je un peu de mal avec le mode d’ouverture des magasins que vous désirez instaurer, mais la réalité – vous le savez et nous le savons –, c’est qu’il est parfaitement possible de permettre une ouverture territorialisée des petits commerces locaux, selon des normes tout à fait claires, d’autant que les investissements nécessaires ont déjà été réalisés par les commerçants concernés. M. Pierre-Henri Dumont (LR). J’ai besoin que vous m’expliquiez, monsieur le ministre délégué ; vous avez une expérience dans le domaine, et vous étiez représentant de ces entreprises de proximité. Entre la manière dont vous auriez réagi hier et celle dont vous agissez aujourd’hui, je pense malheureusement qu’il y a une dichotomie. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). La parole est à M. Philippe Gosselin, pour soutenir l’amendement no 33. M. Philippe Gosselin (LR). Je suis heureux de la présence de trois ministres ; cela fait des semaines que nous n’en avons pas eu autant, et nous avons ainsi affaire à une sorte de trinité – un triumvirat, peut-être ! C’est un honneur et un plaisir de vous avoir, mais, au-delà de l’accueil particulier qui vous est réservé ce soir, il faut que vous entendiez, madame et messieurs les ministres, la colère qui monte et qui gronde, pas seulement dans les campagnes mais partout en France.Pour que des décisions soient comprises et appliquées, il faut qu’elles soient lisibles et intelligibles. Or ce que vous proposez aux commerces de centre-ville et aux grandes surfaces pose vraiment problème. Vous avez pris une décision qui est finalement perdante-perdante. M. Philippe Gosselin (LR). … vous opposez des catégories de Françaises et de Français (« Mais non ! » sur les bancs du groupe LaREM) ; vous opposez nos concitoyens, alors que l’heure est plutôt au rassemblement pour lutter contre la covid-19. M. Philippe Gosselin (LR). Vos propositions et vos méthodes sont illisibles, brouillonnes et incompréhensibles. Je m’adresse à vous, monsieur le ministre délégué chargé des PME – petites et moyennes entreprises –, car votre carrière plaide pour vous. Vous avez si longtemps, monsieur Griset, défendu avec talent et avec honneur les PME, à l’assemblée permanente des chambres des métiers et de l’artisanat ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.) M. Philippe Gosselin (LR). Combien de couleuvres et de chapeaux avez-vous avalé, ces dernières heures, et combien êtes-vous en train d’en digérer ? M. Philippe Gosselin (LR). La réponse sera forcément délicate à formuler ; elle sera à la hauteur de la désespérance qui se fait jour dans nos villes et dans nos campagnes. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). La parole est à M. Xavier Breton, pour soutenir l’amendement no 152 rectifié. M. Xavier Breton (LR). L’amendement visant à rétablir la rédaction adoptée à l’unanimité par le Sénat a été soutenu, et la CPME – confédération des petites et moyennes entreprises – de mon département, l’Ain, m’invite à le défendre ardemment. Je ne sais pas, monsieur le ministre délégué, ce que vous en pensez ni comment vous le vivez.Cependant, par le présent amendement, je propose d’aller plus loin, car nous avons bien vu que le Sénat n’est pas en odeur de sainteté – ou en état de grâce – du côté de la majorité. Je ne sais pas si cela est dû aux résultats des élections sénatoriales (M. Julien Aubert applaudit), mais nous avons assisté hier, en commission des lois, à des attaques inadmissibles dirigées contre nos collègues sénateurs, disant qu’ils n’avaient rien compris. Ils avaient pourtant adopté l’amendement en question à l’unanimité !Puisque ce n’est pas suffisant, nous vous proposons que les préfets tiennent compte de la situation sanitaire de leur département pour décider – ou non – de l’ouverture des commerces de proximité. Il est normal qu’une différenciation s’opère, de manière objective ; c’est ce que nous vous proposons et, encore une fois, c’est une mesure de bon sens. Mme la présidente (LR). La parole est à M. Philippe Gosselin, pour soutenir l’amendement no 72. M. Philippe Gosselin (LR). Comme je l’ai déjà dit, nous sommes dans une situation de perdant-perdant. Vous fermez des rayons dans les supermarchés ; vous n’ouvrez pas les commerces de centre-ville ; vous laissez s’agglutiner des dizaines, voire des centaines de personnes dans un même établissement ; vous laissez sur le trottoir deux ou trois personnes qui respectent les gestes barrières. C’est illisible et incompréhensible.En faisant de la sorte, vous ne rendez service ni aux commerces de centre-ville ni aux grandes surfaces. En réalité, qui se frotte les mains ? À qui ouvrez-vous des boulevards ? À Amazon… M. Philippe Gosselin (LR). …et à d’autres e-commerçants dont nous avons sans doute en partie besoin – je ne refuse pas le progrès.Même si cela n’est pas votre volonté, à un moment où nous traversons une situation difficile et où nous avons besoin de protection sanitaire, économique et sociale, vous mettez à mal des pans entiers de notre économie, des gens qui sortaient à peine la tête de l’eau après le confinement. Par vos mesures, vous appuyez sur cette tête qui boit la tasse et qui, bientôt, rendra l’âme. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). La parole est à M. Jean François Mbaye, pour soutenir l’amendement no 162. (L’amendement no 162 est retiré.)
Mme la présidente (LR). La parole est à M. Olivier Marleix, pour soutenir l’amendement no 131. M. Olivier Marleix (LR). Cet amendement de repli, inspiré par des chambres de commerce et d’industrie de notre pays, se situe aussi dans le cadre imaginé par le Sénat en ce sens que les préfets auraient la responsabilité de déroger à la fermeture générale des petits commerces si la situation sanitaire de leur département le permet ; il propose également de limiter la présence dans les commerces à un client à la fois.Il est dommage que les ministres ne soient pas plus intéressés par ce débat (Protestations sur les bancs du groupe LaREM)… M. Olivier Marleix (LR). …qui concerne quand même des milliers de chefs d’entreprise de notre pays, qui sont au bord de la faillite. Il faudrait peut-être les écouter, monsieur le ministre.Vous voulez à tout prix limiter les déplacements, dites-vous, monsieur le ministre de la santé, madame la ministre déléguée. Je ne comprends pas cet argument, car vous aurez les mêmes déplacements lorsque les gens iront chercher leurs colis commandés chez Amazon – il faudra bien qu’ils aillent les retirer quelque part, chez un des derniers commerçants ouverts.Puisque ces déplacements auront lieu de toute façon, il ne vous reste aucun argument. La situation est pourtant dramatique. Vous avez été élus ; vous avez croisé des élus locaux et des commerçants dans votre vie ;… M. Olivier Marleix (LR). …vous savez très bien que le résultat des commerces de nos villages se joue à quelques centaines d’euros – jamais plus – à la fin du mois. Il est vraiment grave de les condamner comme vous le faites. Vous devriez faire l’effort, monsieur le ministre, d’écouter ce que nous avons à vous dire. Mme la présidente (LR). L’amendement no 150 de M. Jean-Baptiste Moreau est défendu.Je vous invite à plus de concision, mes chers collègues, car nous avons 140 amendements à examiner. La parole est à M. Xavier Breton, pour soutenir l’amendement no 148. M. Xavier Breton (LR). Le sujet est d’importance, madame la présidente.Les dizaines de milliers de commerçants qui nous regardent en ce moment, monsieur le ministre, vous voient pianoter sur un smartphone pendant que des arguments différents sont énoncés, en fonction des territoires dans lesquels nous vivons. M. Xavier Breton (LR). Eh oui, l’indifférence que vous manifestez est complètement scandaleuse ! Vous êtes indifférent à ce qui se passe ! M. Xavier Breton (LR). Prenez le micro pour défendre vos positions, cher collègue, au lieu de vociférer !Pourrait-on inverser le processus de décision dans notre pays, en partant du bas pour aller vers le haut ? Au lieu d’avoir des instructions nationales qui s’imposent au niveau du terrain, ne pourrait-on privilégier la notion de concertation ?Avec mon collègue Patrick Hetzel, nous proposons d’associer les maires aux décisions. Les maires qui ont pris des arrêtés ne l’ont pas fait de gaieté de cœur, mais parce qu’ils savaient qu’il se passait quelque chose d’important dans notre pays. Ils ont lancé une alerte. Quel message avez-vous reçu de leur part ? Tenez-en compte ! Mme la présidente (LR). La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir l’amendement no 161. Mme Emmanuelle Ménard (NI). Tout en allant dans le même sens que les précédents, mon amendement est peut-être un peu plus précis : il tend à fixer une condition supplémentaire, puisqu’il prévoit que le préfet peut autoriser l’ouverture du commerce de proximité en concertation avec les maires.Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, la fermeture des commerces de proximité non essentiels, comme vous les appelez, a engendré un sentiment de profonde injustice. Ces commerçants de proximité veulent travailler et ils ne comprennent pas pourquoi vous les sanctionnez.Les Français peuvent travailler et emmener leurs enfants à l’école ; les industries tournent ; les grandes surfaces sont ouvertes et l’on a pu y voir des cohues la semaine dernière, à la veille du confinement ; les transports en commun continuent d’être bondés. En revanche, les petits commerces – comme les restaurants ou les cinémas – sont obligés de fermer.Contrairement à ce que j’ai pu entendre dans la bouche de certains membres de la majorité, il ne s’agit ici ni de polémiques inutiles ni de politique politicienne. Mme Emmanuelle Ménard (NI). J’en termine, madame la présidente.Cessez donc de culpabiliser ceux qui sont en train de mourir. Tous ceux qui réclament la possibilité de travailler craignent une troisième vague qui ne sera pas sanitaire : ce sera celle des liquidations judiciaires et des clés sous la porte. Cela, nous n’en voulons pas ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). Sur les amendements no 1, 116 et 56, je suis saisie respectivement par les groupes UDI et indépendants, Libertés et territoires et UDI et indépendants d’une demande de scrutin public.Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Pascal Brindeau, pour soutenir l’amendement no 1. M. Pascal Brindeau (UDI_I). Lors de sa déclaration de politique générale, comme dans toutes ses allocutions télévisées ou ici devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre a fait de la concertation son mot d’ordre. Dans le cadre des mesures de déconfinement, de la lutte contre la reprise épidémique, on a expliqué que le couple préfet-maire était au cœur de la bataille que nous devions gagner contre le virus. M. Pascal Brindeau (UDI_I). Le Sénat a proposé de donner aux préfets la possibilité d’étudier, au cas par cas et en fonction de la situation sanitaire, l’éventuelle réouverture de commerces de proximité dits non essentiels.Dans cet amendement, nous proposons que cette possibilité soit donnée au couple préfet-maire, c’est-à-dire au préfet avec l’accord du maire. Plus que d’autres, le maire connaît la situation de ses commerces et surtout la façon dont les habitants de sa commune – petite, moyenne ou plus importante – se rendent dans les commerces.La question de la circulation – qui est finalement votre seul argument pour rejeter la possibilité de réouverture de ces commerces – se pose de toute façon, comme l’a dit un de nos collègues. M. Pascal Brindeau (UDI_I). Il faut adopter cet amendement si vous voulez être en conformité avec les déclarations du Premier ministre. Mme la présidente (LR). La parole est à M. Paul Molac, pour soutenir l’amendement no 116. M. Paul Molac (LT). Que propose cet amendement ? De permettre au préfet et au maire d’autoriser la réouverture de certains commerces appliquant un protocole adapté. Il s’agirait donc d’une décision prise localement par le couple maire-préfet, en faisant de la différenciation – ce que vous préconisez en permanence. M. Paul Molac (LT). Comment pourriez-vous ne pas approuver cet amendement ? Je ne comprends pas. Évidemment, s’il y a un problème quelconque, le préfet peut refuser de rouvrir ou refermer. C’est exactement ce qui a été fait pour les marchés pendant toute la durée du confinement. Ce n’est pas du tout un amendement révolutionnaire !Alors que 500 élèves déjeunent en même temps dans certaines cantines de collèges et de lycées, vous êtes en train d’expliquer à un petit commerçant qu’il ne peut pas recevoir un ou deux clients dans son échoppe. C’est incompréhensible ! Ils ne peuvent évidemment pas le comprendre, car cela soulève des questions de proportionnalité et d’équité.Je vous encourage évidemment à voter pour cet amendement. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). La parole est à M. Jean-Christophe Lagarde, pour soutenir l’amendement no 56. M. Jean-Christophe Lagarde (UDI_I). Nous essayons simplement d’entrer dans le moule façonné par le Premier ministre, Jean Castex, lors de sa déclaration de politique générale : être capable de territorialiser, de discuter, de concerter et de faire confiance aux acteurs de terrain.Parmi les acteurs du terrain, il y a des élus qu’un ministre, M. Le Maire, a dénoncés comme irresponsables, que le directeur de l’Agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté a dénoncés comme clientélistes. Où est le respect que doivent les fonctionnaires aux élus de la République ? J’espère qu’il y aura des sanctions.Vous parlez de faire confiance aux élus. Nous vous avons proposé trois formules, dont une où les élus n’apparaissent même pas : dans l’amendement no 2 de M. Brindeau, c’est le préfet qui décide. J’imagine que le Gouvernement et la majorité ne vont pas avoir peur des préfets ! Dans la deuxième formule, le préfet et le maire décident ensemble. Cet amendement no 56 propose une troisième formule : le maire décide après l’accord du préfet. Le préfet n’est jamais sorti du circuit !Il s’agit simplement de s’adapter à la réalité. En Bretagne et en Nouvelle-Aquitaine, le virus circule très peu, beaucoup moins qu’en Île-de-France ou à Marseille. Dans les villages, il est possible d’ouvrir des commerces. (Exclamations sur les bancs du groupe LaREM.)Pourquoi avez-vous fait de la fermeture des commerces un symbole ? Qu’est-ce qui est en cause ? M. Jean-Christophe Lagarde (UDI_I). Je termine d’une phrase, madame la présidente. En France, les chantiers de bâtiment et travaux publics sont ouverts, les usines sont ouvertes, les bureaux sont ouverts à ceux qui ne peuvent pas télétravailler, les services publics sont ouverts, les écoles, collèges et lycées sont ouverts. Tout ce que vous avez fermé, ce sont les petits commerces de proximité et les universités ! Pensez-vous que ce sont les seuls lieux de contamination en France ? En avez-vous la preuve scientifique ? Non, alors laissez les élus locaux et les préfets s’adapter plutôt que de vivre sur les symboles ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe UDI-I.) Mme la présidente (LR). Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 15 et 25.L’amendement no 15 de Mme Nathalie Porte est défendu.La parole est à Mme Marie-France Lorho, pour soutenir l’amendement no 25. Mme Marie-France Lorho (NI). En faisant le choix de fermer les commerces de proximité durant le deuxième confinement, le Gouvernement menace la pérennité de nombreuses boutiques essentielles au tissu économique des communes.Beaucoup de nos compatriotes seront mis au pied du mur par ce nouveau confinement. Beaucoup de nos compatriotes ne comprennent pas qu’il ait été décidé de fermer leurs commerces de proximité.Par conséquent, il convient de faire confiance aux maires pour évaluer les situations et décider de rouvrir les commerces de détail lorsque les conditions sanitaires sont réunies. Tel est le sens de cet amendement. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). La parole est à M. Pascal Brindeau, pour soutenir l’amendement no 66. M. Pascal Brindeau (UDI_I). Nous aurions pu déposer une dizaine, une quinzaine ou une vingtaine d’amendements, en ciblant à chaque fois une profession ou un type de commerce. Nous n’avons pas souhaité le faire.Cependant, j’en ai déposé deux pour vous montrer à quel point nous voyageons en Absurdie. Prenons l’exemple des cordonniers. Ils sont autorisés à délivrer des colis correspondant à des commandes – éventuellement de chaussures – effectuées sur internet. En revanche, ils ne sont pas autorisés à travailler seuls dans leur atelier pour réparer des chaussures que viendrait chercher un client de la même manière qu’il viendrait chercher un colis.Nous en revenons à la même demande : expliquez-vous sur la circulation des personnes, unique argument que vous opposez à la réouverture de certains petits commerces de proximité. En quoi cette circulation des personnes est-elle maîtrisée lorsqu’on autorise une partie de l’activité et pas l’autre ? La question vaut pour de nombreux autres commerces de proximité.Vous savez pertinemment que les personnes seront amenées, de toute façon, à circuler pour leur travail ou pour leurs achats essentiels dans les commerces de proximité ou dans les grandes surfaces qui n’offrent pas les mêmes conditions de sécurité.Le Gouvernement doit apporter des réponses concrètes à ces questions, sinon les Français ne vous suivront pas. M. Pascal Brindeau (UDI_I). D’ailleurs, ils ne vous suivent pas pour l’instant ; ils ne comprennent pas. Mme la présidente (LR). Sur l’amendement no 66, je suis saisie par le groupe UDI et indépendants d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Jacques Cattin, pour soutenir l’amendement no 149. M. Jacques Cattin (LR). Cet amendement vise à permettre la réouverture des salons de coiffure dans des conditions strictes, garantissant une sécurité optimale aux clients. Avant même le reconfinement, la profession a adopté une attitude responsable afin d’éviter que trop de clients ne se trouvent en même temps dans le salon, en optant pour une prise de rendez-vous obligatoire.La coiffure est une activité qui se pratique avec un masque porté tant par le coiffeur que par le client. Où est alors le problème ? Chapeau bas à la corporation des coiffeurs, qui veut continuer à travailler plutôt que contribuer à creuser une dette déjà abyssale ! Si cet amendement n’était pas adopté, l’histoire retiendrait l’ironie de ce moment où un pays a été mis non seulement à l’arrêt, mais en faillite, par un gouvernement nommé En Marche ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LR - « Bravo ! » sur les bancs des députés non inscrits.) Mme la présidente (LR). La parole est à M. Pascal Brindeau, pour soutenir l’amendement no 67. M. Pascal Brindeau (UDI_I). Cet amendement constitue une deuxième illustration de notre voyage en Absurdie. Jusqu’à il y a quelques heures, un coiffeur à domicile pouvait encore exercer son activité, alors qu’un salon de coiffure était fermé de manière administrative. Nous voudrions comprendre : expliquez-nous ! Mme la présidente (LR). Sur l’amendement no 67, je suis saisie par le groupe UDI et indépendants d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Olivier Marleix, pour soutenir l’amendement no 93. M. Olivier Marleix (LR). À quelques semaines de Noël, il est très préoccupant que les marchands de jouets ne soient pas considérés comme des commerces essentiels. Pour ce qui est des librairies, chacun sait à quel point ces commerces sont déjà confrontés à des difficultés structurelles. Or, à partir de demain, il ne sera plus possible en France d’entrer dans une librairie pour choisir et acheter un livre. Je n’aurais jamais cru qu’en 2020, alors qu’une actualité terrible nous fait prononcer des discours sur la liberté d’expression, il soit impossible de trouver des solutions permettant aux Français de continuer à acheter des livres… Je ne sais pas si Churchill l’a vraiment dit, mais si ce n’est pour la culture, pourquoi nous battons-nous ? Mme la présidente (LR). Je suis saisie de deux amendements identiques, nos 94 et 151.La parole est à M. Maxime Minot, pour soutenir l’amendement no 94. M. Maxime Minot (LR). À quelques semaines de Noël, la fermeture des magasins de jouets et de jeux a de lourdes conséquences économiques sur ce secteur d’activité qui, comme vous le savez, réalise une part essentielle de son chiffre d’affaires durant cette période. C’est pourquoi, même si nous avons réussi à faire voter la fin de l’état d’urgence sanitaire au 14 décembre, nous vous proposons, afin de limiter la catastrophe économique qui s’annonce, une nouvelle rédaction de l’alinéa 2 de l’article 1er, permettant la réouverture par décret des magasins concernés. Mme la présidente (LR). L’amendement no 151 de Mme Isabelle Valentin est défendu.Sur l’amendement no 167, je suis saisie par le groupe Les Républicains d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Arnaud Viala, pour soutenir cet amendement. M. Arnaud Viala (LR). Contrairement à ce qui s’est fait durant le premier confinement, les auto-écoles sont restées ouvertes – en n’étant cependant autorisées à faire qu’une seule chose : présenter les candidats à l’examen du permis de conduire, ce qui peut se comprendre si l’on se souvient du gros embouteillage – c’est le cas de le dire – provoqué par l’arrêt des examens, et des énormes difficultés que ce retard a entraînées pour toutes les personnes, jeunes ou moins jeunes, qui n’avaient pu obtenir le permis de conduire dont elles avaient besoin.Les auto-écoles comprennent que cette contrainte leur soit imposée, et que les cours de code collectifs, qui ne peuvent se tenir compte tenu des circonstances, doivent être remplacés par des cours à distance. En revanche, elles ne comprennent pas du tout pourquoi vous n’acceptez pas que les cours de conduite puissent continuer à être dispensés. Cette interdiction leur pose plusieurs problèmes. Cela les empêche de présenter certains élèves qui auraient encore eu besoin de quelques heures de cours ; le fait de rester ouvertes uniquement pour assurer le passage des examens ne leur permet pas d’atteindre l’équilibre économique nécessaire pour assurer leur fonctionnement ; enfin, le fait qu’elles restent ouvertes les prive également des aides destinées aux entreprises qui doivent fermer. Puisque vous semblez ne pas être d’accord avec ce que je viens de dire, j’aimerais que vous nous expliquiez, monsieur le ministre. Mme la présidente (LR). Sur l’amendement no 163, je suis saisie par le groupe UDI et indépendants d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir cet amendement. Mme Emmanuelle Ménard (NI). Avec les mesures imposées aux auto-écoles, nous continuons le voyage en Absurdie et nous atteignons même des sommets. Il est tout à fait incompréhensible que ces établissements soient empêchés de dispenser leurs cours de conduite alors que le Gouvernement autorise le passage des examens du permis de conduire. Je le répète, il est essentiel de prendre des mesures claires et compréhensibles par tous, mais aussi de faire confiance aux professionnels. Quoi qu’en disent certains ministres, les Français ne sont pas des irresponsables. Je vous en supplie, faites confiance aux moniteurs d’auto-école, qui sont en première ligne ! Réserve des votes
Mme la présidente (LR). La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé. M. Olivier Véran. En application de l’article 96 du règlement de l’Assemblée nationale, le Gouvernement demande la réserve des votes sur les amendements et les articles de ce texte. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM - Exclamations sur les bancs du groupe LR.) Rappel s au règlement
Mme la présidente (LR). La parole est à M. Jean-Christophe Lagarde, pour un rappel au règlement. M. Jean-Christophe Lagarde (UDI_I). Mon rappel au règlement est fondé sur l’article 100, alinéa 1er. Je souhaite demander au ministre Véran le sens de cette réserve, car c’est la moindre des choses qu’il nous l’indique… M. Jean-Christophe Lagarde (UDI_I). …à moins, évidemment, de considérer que cette assemblée n’est qu’un théâtre d’ombres…Est-il permis de penser que, comme l’a dit le Premier ministre, le Gouvernement soit ouvert à la discussion et que, n’excluant pas la responsabilisation des acteurs locaux, il soit disposé à revoir son dispositif en présentant un amendement en ce sens ? M. Jean-Christophe Lagarde (UDI_I). En d’autres termes, cela signifie-t-il que le combat que nous venons de mener a fini par porter ses fruits, ou simplement que vous souhaitez être en majorité au sein de cet hémicycle avant de poursuivre la discussion ?Monsieur le ministre, depuis le début de cette crise, c’est-à-dire depuis le mois de mars – où, comme vous vous en souvenez, nous étions peu nombreux dans cet hémicycle –, nous nous sommes efforcés d’accompagner en responsabilité toutes les décisions que vous prenez. La semaine dernière, nous avons voté en faveur de ce que vous proposiez et aujourd’hui, nous demandons simplement le respect des principes prônés par le Gouvernement lui-même, à savoir la territorialisation, la responsabilisation et l’implication des acteurs locaux et des acteurs socioprofessionnels.Lorsque les chantiers du bâtiment ont dû reprendre, monsieur le ministre Griset, une discussion s’est engagée avec les fédérations professionnelles. Je pense qu’aujourd’hui, la même chose est possible avec les cordonniers, les marchands de vêtements, les bijoutiers. Si c’est bien le sens de la réserve demandée par le Gouvernement, je m’en réjouis. Si c’est juste pour verrouiller le débat, cela veut dire que personne ne veut entendre le bon sens qui s’exprime dans notre pays ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR et sur plusieurs bancs du groupe UDI-I.) Mme la présidente (LR). La parole est à M. Christian Jacob, pour un rappel au règlement. M. Christian Jacob (LR). Sur la base de l’article 48 du règlement, madame la présidente, et dans le même esprit que le rappel au règlement que vient de faire notre collègue Jean-Christophe Lagarde.Monsieur le ministre, il faut nous répondre clairement. La réserve du vote est une possibilité à laquelle d’autres ont recouru avant vous, et que d’autres utiliseront après vous. Cela dit, il serait intéressant que vous nous expliquiez pourquoi vous demandez cette réserve. (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe LR.) Est-ce simplement parce que le groupe La République en marche est minoritaire ce soir et que vous n’êtes donc pas certain de pouvoir compter sur votre majorité ? Il est des moments dans cet hémicycle où le cœur de la République se met à battre réellement, et c’est le cas ce soir, parce que ce qui est en jeu, c’est toute une économie, c’est notre commerce, mis en péril par une opération de confinement qui a été un ratage complet (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)Vous pouvez encore vous rattraper, monsieur le ministre, en proposant à votre majorité d’adopter l’amendement voté à l’unanimité au Sénat – nous pourrions alors vous rejoindre. M. Christian Jacob (LR). En revanche, si vous cherchez juste à vous livrer à une manœuvre destinée à contourner le fait que votre majorité est fragile et que vous ignorez comment elle va réagir, ce n’est pas acceptable ! Monsieur le ministre, vous devez nous éclairer sur les raisons qui justifient la réserve du vote ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.) Mme la présidente (LR). La parole est à Mme Valérie Rabault, pour un rappel au règlement. Mme Valérie Rabault (SOC). Au titre de l’article 48 du règlement, madame la présidente.Monsieur le ministre, vous venez de demander la réserve des votes sur un amendement adopté à l’unanimité – la gauche, la droite, le centre – au Sénat. Vous ne nous avez donné aucune justification sur cette demande. Mme Valérie Rabault (SOC). Certes, c’est votre droit, mais rien ne vous empêchait de nous donner quelques précisions d’ordre sanitaire, de nous dresser un état de la situation et surtout de nous faire part du point de vue du Gouvernement. Peut-être avez-vous l’intention de le faire ensuite, je ne sais pas, mais en tout état de cause, quand on voit que l’hémicycle est largement rempli ce soir… Mme Valérie Rabault (SOC). …on ne peut s’empêcher de penser que cette mobilisation des députés aurait justifié que le vote puisse aller jusqu’au bout, comme cela s’est fait sur d’autres scrutins. Bien sûr, ce vote aura lieu… Mme Valérie Rabault (SOC). …mais personne n’est dupe du détournement auquel le Gouvernement est en train de se livrer en recourant à cette procédure ! (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et LR et sur plusieurs bancs des groupes UDI-I et LT.)Depuis la semaine dernière, nous vous demandons sur quels critères précis le Gouvernement fonde ses décisions. Nous vous avons interrogé à ce sujet il y a déjà quinze jours, lors de la réunion autour du Premier ministre, et nous n’avons obtenu aucune réponse de votre part ! Mme Valérie Rabault (SOC). Vous ne voulez pas entendre que le Sénat a adopté un amendement à l’unanimité, et vous profitez du fait que la CMP s’est gentiment assise sur ce vote, mais ce soir, il y a une vraie demande de voir ce vote aller jusqu’au bout ! (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et LR, ainsi que sur plusieurs bancs du groupe UDI-I.) Mme la présidente (LR). Puisque M. le ministre ne souhaite pas répondre (Huées et vives exclamations sur les bancs du groupe LR, ainsi que sur plusieurs bancs des groupes UDI-I et FI), nous allons reprendre la discussion des articles. Article 1er(suite)
Mme la présidente (LR). Quel est l’avis de la commission sur les amendements en discussion commune précédemment présentés ? (« Ah ! » sur les bancs du groupe LR.) M. Jean-Pierre Pont (LAREM). Je vais apporter une réponse portant sur l’ensemble de ces amendements relatifs aux modalités de réouverture de certains commerces de détail. Je dis bien « certains commerces de détail » puisque, pour moi, un grand nombre de commerces de proximité sont et resteront ouverts. M. Jean-Pierre Pont (LAREM). Je l’ai fait et, durant tout le week-end, j’ai entendu les critiques, les incompréhensions et une forme de colère exprimée par les commerçants. Fortement touchés par la première vague, ils ont fait des efforts considérables pour se conformer aux prescriptions sanitaires. M. Jean-Pierre Pont (LAREM). Sachez que je les entends et que je les comprends.Le Gouvernement n’est pas sourd non plus, et il agit pour accompagner nos petits commerces et les aider à traverser cette nouvelle épreuve. Les ministres compétents, notamment à Bercy, sont pleinement mobilisés sur cette question, et ils sont en dialogue permanent avec les acteurs du secteur… M. Jean-Pierre Pont (LAREM). …afin de les rassurer et de les accompagner. Leur message est clair : l’État ne les laissera pas tomber. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)C’est pourquoi je me réjouis du plan en faveur du commerce de proximité, de l’artisanat et des indépendants, qui a été lancé le mois dernier. (Mêmes mouvements.) Demain sera présenté en conseil des ministres un quatrième projet de loi de finances rectificative, qui permettra de mobiliser 17 milliards d’euros supplémentaires pour faire face aux conséquences financières de la deuxième vague. M. Jean-Pierre Pont (LAREM). J’y vois la preuve que le dialogue est permanent et que l’exécutif est soucieux de s’adapter en permanence à l’évolution de la situation sanitaire. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)Le Président de la République a annoncé lors de son allocution du 28 octobre dernier qu’il y aurait une clause de revoyure – prévue dans dix jours maintenant. La porte n’est donc pas fermée, et tout dépendra de la réussite du confinement. (Mêmes mouvements.) M. Jean-Pierre Pont (LAREM). D’ici là, tout doit être mis en œuvre pour faire reculer la propagation du virus en limitant au maximum les déplacements pendant ce confinement, car c’est bien de cela qu’il est question avec la fermeture des commerces de détail. Limiter les déplacements au strict minimum, c’est d’ailleurs la définition même d’un confinement.Le Premier ministre, dimanche soir, a été clair : la priorité est aujourd’hui sanitaire, compte tenu de cette seconde vague, qui nous submerge. M. Jean-Pierre Pont (LAREM). Le confinement ne doit donc souffrir d’aucune inflexion, sinon il ne pourra pas être efficace. Il nous faut tenir bon pour protéger les Français et sauver des vies. La période est difficile… M. Jean-Pierre Pont (LAREM). …et la crise épidémique nous impose, malheureusement, de différer celles de nos activités qui ne sont pas impératives. (Claquements de pupitres sur les bancs du groupe LR – Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM et Dem.) Mme la présidente (LR). Chers collègues, c’est moi qui vais suspendre la séance si le rapporteur ne peut pas terminer son intervention.(Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Dem.)