Séance du 05/06/2024· Discussion générale Les ingérences étrangères sont une menace sérieuse que la France ne peut pas prendre à la légère. Ces opérations visent à manipuler notre opinion publique, à déstabiliser notre société, et à fragiliser notre économie et la confiance dans nos institutions – dans notre démocratie. L’actualité ne cesse d’en témoigner. Ces ingérences peuvent prendre des formes multiples : cyberattaques, campagnes de désinformation, interférences dans les universités – et j’en passe. Et elles ne font que s’accentuer, en particulier à l’approche des échéances électorales. Nous ne pouvons pas rester aveugles face à c…
Pour ma part, je suis très favorable au projet de loi et à l’aide à mourir. Mon propos ne porte pas sur la tierce personne et mon argumentation sera différente des précédentes prises de parole. Je veux parler en effet de la relation entre la décision et l’action.Il arrive dans la vie que nous prenions des décisions mais que nous ne passions jamais à l’acte car nous distinguons la décision théorique de l’action. Comme l’acte dont nous débattons est irréversible, il faut le lier intimement à la décision. C’est pourquoi il convient de privilégier l’auto-administration quand la personne en est cap…
Séance du 23/05/2024· Discussion générale Je tiens à saluer une nouvelle fois l’initiative prise par Hubert Ott et l’implication de la rapporteure Perrine Goulet. La proposition de loi va assurément dans le bon sens et apporte une contribution supplémentaire à l’œuvre de justice en général et à l’égalité entre les femmes et les hommes en particulier.Je me félicite du fait que la commission mixte paritaire soit parvenue à un accord et que le Sénat ait adopté à l’unanimité ce texte qui règle deux des principales difficultés qui pouvant survenir au sein du couple.L’article 1er supprime une aberration juridique, à savoir l’existence d’une…
Et pas nécessairement de la même manière !
Pas à toutes !
Beaucoup d’arguments ont déjà été avancés, mais c’est un peu un dialogue de sourds. Comme nous n’obtenons pas de réponses à nos questions, nous ne pouvons pas avancer dans nos réflexions et chacun campe sur ses positions.En ce qui concerne la déontologie, par exemple, nous n’avons obtenu aucune réponse. Vous nous avez dit qu’il ne fallait pas mettre en cause les juristes d’entreprise – mais, de fait, des salariés n’ont pas la même indépendance qu’un avocat qui travaille pour un cabinet indépendant.Alors que la confidentialité des consultations des juristes d’entreprise pourrait mettre en péril…
Séance du 30/04/2024· Discussion générale Nous sommes invités à nous prononcer sur un texte d’apparence technique, mais qui n’a rien d’anodin. Le débat qu’il engage est ancien. Il y a un an, il a été relancé de manière quelque peu cavalière, lors de l’examen du projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de la justice. Le Conseil constitutionnel n’a pas manqué de censurer la disposition adoptée.Ce débat refait surface aujourd’hui, avec cette proposition de loi qui consacre la confidentialité des consultations que les juristes d’entreprise adressent à leur direction. L’intitulé du texte ne dit évidemment rien de ses en…
Séance du 30/04/2024· Motion de rejet préalable Il faut écouter les autorités administratives indépendantes qui nous alertent à ce sujet. On le sait bien, cette mesure serait appliquée au détriment de la protection des droits de nos concitoyens.Alors qu’il conviendrait plutôt de rehausser notre niveau d’exigence en matière de publicité et de transparence, nous nous apprêtons à débattre d’un texte qui prive l’État de moyens d’enquête sur de potentiels scandales sanitaires, sociaux ou environnementaux. Pour nous, c’est là que réside le problème : il est contradictoire d’instaurer des normes protectrices – oui, une norme peut être positive et …
Séance du 30/04/2024· Motion de rejet préalable Nous voterons également pour cette motion de rejet. Le texte qui nous est présenté ne s’appuie sur aucune étude d’impact, ce qui est très problématique. Il ouvre la porte à des dérives qui profiteront surtout, il faut le reconnaître, aux très grandes entreprises. Il prive surtout les autorités publiques des moyens d’enquête qui leur sont confiés.
Séance du 30/04/2024· Explications de vote C’est assez pratique : on peut répéter les propos tenus à l’ouverture du débat, puisque rien n’a bougé dans le texte. Vous n’avez entendu aucune objection, accepté aucun amendement. C’est quelque peu désespérant, car aucune réponse de fond n’a été apportée à la très grande majorité des objections que nous opposions à la proposition de loi.Je souhaite notamment revenir sur la question des AAI. Le seul argument qui pourrait nous convaincre est celui selon lequel le texte améliorerait l’attractivité des services juridiques français ; mais il n’est pas démontré et ne s’appuie sur aucune étude d’im…
Séance du 30/04/2024· Article 1er (suite) Je le reprends !
Séance du 30/04/2024· Article 1er (suite) Ce n’est pas un petit sujet. Aussi aimerions-nous avoir une explication : pourquoi quinze jours et pas deux jours, ou trois semaines, ou deux mois ? Vous ne pouvez pas vous contenter d’émettre un avis défavorable sans plus de précisions. Nous avons besoin de comprendre.
Séance du 30/04/2024· Article 1er (suite) Il est identique, mais il nous faut en comprendre la logique. Nous avons créé des autorités administratives indépendantes : l’AMF, l’ACPR et l’Autorité de la concurrence. Elles garantissent le bon fonctionnement et la compétitivité de l’économie française.Vous ne pouvez donc dire que nous sommes opposés à l’économie et aux entreprises. Ces autorités veillent également à sanctionner des comportements anticoncurrentiels. Il est donc tout à fait normal qu’elles puissent pleinement remplir la mission pour laquelle elles ont été créées. Or ce texte vise à restreindre une partie de leurs attribution…
Séance du 30/04/2024· Article 1er (suite) Il s’agit d’un amendement de repli. Nous plaidons pour l’exclusion des procédures administratives du champ de l’application de cette loi. Les pouvoirs d’enquête et de contrôle de l’administration ne sont pas optionnels, ils sont même indispensables à la découverte des pratiques illicites des entreprises.C’est bien souvent grâce aux enquêtes administratives que les poursuites pénales peuvent être déclenchées. Or ce texte prive toute une série d’acteurs des moyens de mener à bien leur mission – les inspecteurs du travail, les agents chargés du respect des normes sanitaires ou du droit de l’envir…
Séance du 08/04/2024· Discussion générale Le texte que nous examinons ratifie l’ordonnance no 2023-285 du 19 avril 2023 portant extension et adaptation à la Polynésie française, à la Nouvelle-Calédonie et aux îles Wallis et Futuna de diverses dispositions législatives relatives à la santé. Ce texte comportait un article unique lors de son examen en commission. Il en ressort enrichi de deux articles supplémentaires apportant des corrections de références nécessaires pour étendre et adapter les dispositions ratifiées et prévoyant l’évaluation, par le Gouvernement, du coût de l’allongement de douze à quatorze semaines du délai légal de r…
Séance du 08/04/2024· Discussion générale Ce texte montre, une fois encore, avec quelle légèreté le Gouvernement traite le Parlement. Je ne conteste évidemment pas le principe des ordonnances prises au titre de l’article 74-1 de la Constitution, mais je regrette qu’il y soit recouru pour certaines questions que le Gouvernement entend se réserver sous prétexte de leur technicité.Nous débattons de la ratification d’une ordonnance qui porte sur des sujets importants pour la Polynésie française, mais qui n’a fait l’objet ni d’un véritable travail législatif sur le fond, ni de délibérations approfondies, éclairées par une analyse préalable…
Séance du 08/04/2024· Discussion générale Nous sommes évidemment pour le chant du coq et pour les agriculteurs, mais nous sommes contre le fait de prendre les Français pour des pigeons. Le groupe Écologiste votera donc contre ce texte. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
Séance du 08/04/2024· Discussion générale Certaines affaires judiciaires sont clairement instrumentalisées, ce qui est d’autant plus regrettable qu’elles sont la plupart du temps mal comprises. Je pense notamment à la récente affaire de l’agriculteur de l’Oise, condamné à verser des dommages et intérêts à ses voisins – un cas évoqué à plusieurs reprises lors des débats au Sénat, mais de manière tronquée, puisque rien n’a été dit des motifs qui ont conduit le juge à adopter cette solution. En l’occurrence, le tribunal judiciaire ne pouvait que constater le trouble anormal de voisinage, puisque le permis de construire dont l’agriculteur…
Séance du 08/04/2024· Discussion générale Cette rupture d’égalité ne se justifie pas, va très clairement à l’encontre du droit au recours, et apparaît comme anachronique à l’heure où nous devrions nous concentrer sur la concrétisation du droit à un environnement sain. Tout cela est alimenté par une image de carte postale, selon laquelle on pourrait opposer ceux qui travaillent, c’est-à-dire les agriculteurs – comme vous venez d’ailleurs de l’affirmer, monsieur le ministre –, à ceux qui profitent, c’est-à-dire les néoruraux. C’est sous cet angle simplificateur qu’est présenté le problème alors que chacun sait que les actions en justice…
Séance du 08/04/2024· Discussion générale Ce serait aller bien au-delà du privilège d’antériorité, puisqu’on octroierait ainsi un privilège catégoriel, au motif qu’il faudrait, pour citer le Premier ministre, « mettre l’agriculture au-dessus de tout ».
Séance du 08/04/2024· Discussion générale Nous ne pouvons donc que nous opposer à l’élargissement du champ d’application de ce que nous considérons comme une anomalie juridique.La seconde raison qui nous empêche de soutenir ce texte est la protection spéciale accordée aux agriculteurs par le Sénat, protection qui leur permettrait d’échapper à la justice même si leur activité évolue, et non pas simplement s’ils souhaitent la maintenir.
Séance du 08/04/2024· Discussion générale Au surplus, cette disposition condamne de facto des habitants à vivre dans un environnement dégradé, qui ne respecte ni leur santé ni leur équilibre écologique.
Séance du 08/04/2024· Discussion générale La question des troubles du voisinage est aussi vieille que les sociétés humaines. Les efforts entrepris pour concilier les intérêts contradictoires ont toujours existé. C’est à juste titre que les tribunaux judiciaires ont dégagé, dès le milieu du XIXe siècle, le principe selon lequel l’inconvénient anormal de voisinage devait être réparé, même en l’absence de faute. Cette théorie jurisprudentielle, toujours en vigueur, est d’autant plus légitime qu’elle fait l’objet d’une application pragmatique. Il pourrait donc être très imprudent de notre part de modifier l’équilibre subtil qui se dégage …
Séance du 04/04/2024· Présentation· rapporteur Chers collègues, à l’heure où je vous parle, le monde se divise en deux catégories : on a, d’un côté, ceux qui préparent une France autoritaire et illibérale et, de l’autre, ceux qui défendent un renouveau démocratique et l’État de droit. (Applaudissements sur les bancs du groupe Écolo-NUPES. – M. Marcellin Nadeau applaudit aussi.) Il nous revient de dessiner le monde qui vient. (Applaudissements sur les bancs des groupes Écolo-NUPES, LFI-NUPES, SOC et GDR-NUPES.)
Séance du 04/04/2024· Présentation· rapporteur …préférant la verticalité et la solitude d’un pouvoir exécutif sans contre-pouvoirs ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Écolo-NUPES.)
Séance du 04/04/2024· Présentation· rapporteur Il n’a pas écouté ce qu’avaient dit les Français.Pour terminer, j’évoquerai le clivage qui s’est fait jour dans les débats en commission. La majorité relative n’a pas réellement ferraillé sur le fond, sentant bien qu’il y avait un décalage entre la promesse des Marcheurs de 2017, qui était de renouveler la vie démocratique française, et la pratique quelque peu solitaire et brutale du Marcheur en chef.Le RN a adopté une posture tout autre, assumant un césarisme décomplexé. Nous l’avons entendu affirmer que la légitimité du Premier ministre procédait du chef de l’État et non de l’Assemblée natio…
Séance du 04/04/2024· Présentation· rapporteur Ce n’est pas le 49.3 qui assure la stabilité des gouvernements !Au-delà des craintes techniques, que je crois infondées, l’usage du 49.3, qu’il soit social ou budgétaire, a un coût politique pour celles et ceux qui le déclenchent. Nous pourrions nous en accommoder s’il n’avait aussi un coût institutionnel exorbitant. Il abîme profondément l’image des institutions. Il questionne l’utilité du Parlement.En outre, à travers les approximations et les caricatures que l’on entend ici et là, j’ai conscience que ce qui est en jeu, c’est aussi notre culture politique. Sortir des oppositions stériles, en…
Séance du 04/04/2024· Présentation· rapporteur J’entends enfin la petite musique de la stabilité gouvernementale et de la référence ad nauseam à la IVe République. Sous la Ve République, c’est le pouvoir de dissolution conféré au Président de la République par l’article 12 de la Constitution – un pouvoir propre, c’est-à-dire dispensé de contreseing, et inconditionné – qui lui permet de ne pas se laisser déborder par une assemblée trop rétive.
Séance du 04/04/2024· Présentation· rapporteur D’aucuns prétendent que ce dispositif serait un mal nécessaire pour gouverner sous la Ve République. Pourtant, Lionel Jospin, Premier ministre de 1997 à 2002, n’y a jamais eu recours, sans que personne ne puisse affirmer qu’il a été empêché de gouverner dans le cadre d’une « majorité plurielle ». François Fillon, lui aussi, a gouverné de 2007 à 2012 sans avoir recours au 49.3.
Séance du 04/04/2024· Présentation· rapporteur Ce n’est certes pas la panacée, mais, à tout prendre, je préfère encore un budget pris par ordonnance après soixante-dix jours de débats qu’un budget adopté sans vote et sans débat. (M. Aurélien Taché applaudit.)