La problématique reste la même : l’aide à mourir par le recours à une substance létale constitue-t-elle un soin ? Selon moi, la réponse reste négative.La notion d’« accompagnement affectif » ne doit pas non plus être inscrite dans le code de la santé publique, car il s’agit d’une démarche humaniste, fondée sur la solidarité et l’affection, que nous n’avons pas à codifier. Laissons aux uns et aux autres la possibilité d’accompagner leurs proches en fin de vie selon les modalités qui leur conviennent.
Nous réfléchissons sur le « fait justificatif » qui permettrait de sortir l’euthanasie et le suicide assisté du spectre pénal. Je suis favorable aux amendements identiques en discussion pour une raison simple. L’Association pour le droit de mourir dans la dignité, qui défend ce projet de loi, nous explique qu’une centaine de cas très litigieux nécessiterait que nous légiférions. Pour ma part, je fais confiance aux juges : y a-t-il chaque année 100, 200, 300 procès dirigés contre des médecins ayant administré la mort ? La réponse est négative.Dans les rares cas de procès, le juge pénal tient co…
Séance du 05/06/2024· Explications de vote Quel raccourci minable !
…et n’avait pas encore été racheté par le groupe Bolloré, écrivait : « La longue agonie d’un condamné à mort par injection létale en Arizona fait polémique aux États-Unis, quelques mois seulement après un cas très similaire dans l’Oklahoma. Quelque cent dix-sept minutes de soupirs, de halètements et de grognements avant de finalement succomber au cocktail létal injecté par l’équipe médicale de la prison. Mercredi 24 juillet, l’exécution de Joseph Wood, 55 ans, condamné à mort pour un double meurtre en 1989, a battu le triste record de l’agonie la plus longue – presque deux heures pour une proc…
J’essaye de comprendre pourquoi on veut maintenir les médecins dans le dispositif. Aux États-Unis, on utilise l’injection létale dans le cadre des condamnations à mort. (Exclamations sur divers bancs.) Un article du Journal du Dimanche datant de 2014, du temps où ce journal était plutôt à gauche…
…trouvera au moins cent personnes capables d’être mandataires pour administrer la substance létale. Cela aurait le mérite de mettre tout le monde d’accord. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)
Nous avons vu que le tiers de confiance pourrait être placé dans une grande difficulté psychologique parce qu’administrer la mort à autrui n’est pas un acte anodin. Nous avons vu que les soignants, les médecins ou les infirmières n’ont pas forcément envie de participer à cet acte qui n’est pas un soin. Je propose donc, même si je ne suis pas favorable à ce projet de loi, qu’un tiers soit désigné, qui sera un mandataire inscrit sur une liste auprès du tribunal judiciaire. En effet, on nous a répété lors des travaux de la commission spéciale qu’une centaine de cas particulièrement difficiles à t…
Nous avons évoqué, avec des arguments tout à fait respectables, les difficultés rencontrées par le tiers de confiance dans cet acte qu’il va devoir commettre, qui est un acte de mort.Je suis très critique à l’égard de la rédaction de l’article 5, parce qu’à défaut du tiers de confiance, c’est aux soignants qu’on va demander de pratiquer cet acte intrinsèquement contraire au serment d’Hippocrate qu’ils ont prêté.Je le répète, malgré les murmures : vous n’avez, semble-t-il, pas beaucoup sondé les soignants, qu’ils soient médecins ou infirmiers, pour savoir s’ils sont prêts ou non à participer à …
Séance du 04/06/2024· Suspension et reprise de la séance Mais oui, les délais !
Séance du 04/06/2024· Suspension et reprise de la séance Oui, c’est la logique ! C’est votre logique !
Séance du 04/06/2024· Suspension et reprise de la séance L’amendement a le mérite de poser la question du fameux effet cliquet de ce type de loi. Le fait justificatif permettra de déroger à ce qui est, en l’état du droit, formellement interdit par le code pénal – qu’il s’agisse d’homicide, de provocation au suicide ou de non-assistance à personne en danger.Mais si vous déplacez le curseur sur la notion de droit, le fait justificatif, et ses critères très stricts avec, s’effacera petit à petit, ce qui élargira d’autant le périmètre du droit à mourir. Vous avez beau essayer aujourd’hui de fixer un cadre contraignant, demain on pourra sortir de ce carc…
Je pense tout particulièrement aux médecins et aux soignants qui se trouveront malgré eux embarqués dans l’aventure du suicide assisté et de l’euthanasie. Nous savons en effet qu’une grande majorité des soignants s’opposent à votre projet, puisqu’il contrevient au serment d’Hippocrate, auquel ils sont très attachés.Il est vrai qu’au sein de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) – promotrice de ce texte et qui a donné une sorte de mandat impératif à certains de nos collègues –, on trouve quelques médecins. Mais leur nombre est infinitésimal et la grande majorité des soigna…
L’aide à mourir, l’euthanasie et le suicide assisté ne peuvent être dépénalisés car la philosophie du texte, conformément au souhait du Gouvernement, repose sur l’idée du « fait justificatif ». L’interdiction de donner la mort, par le meurtre, le défaut de soins ou l’incitation au suicide, demeure le principe cardinal. La loi autorise une exception, dont elle fixe les contours, de manière que la personne qui participe à l’acte de donner la mort ne soit pas pénalement responsable.Dépénaliser serait ouvrir le spectre de la manière la plus large possible et créer, en quelque sorte, le crime parfa…
Séance du 03/06/2024· Après l’article 4 (suite) Monsieur le rapporteur, je souhaite corriger les propos que vous avez tenus tout à l’heure en ce qui concerne l’accès à la sédation profonde et continue. Vous avez recouru à la litanie habituelle : lorsque le patient n’en pleut plus, n’a plus goût à la vie, il faut en terminer… Or ce n’est pas cela ! L’article L. 1110-5-2 du code de la santé publique énonce des critères très précis, entre autres le fait que le patient doive présenter une souffrance réfractaire à tout traitement. Autrement dit, lorsque l’équipe médicale est en mesure d’apporter un soin qui atténue la douleur, le patient ne peut…
…et cela, beaucoup de Français ne le veulent pas. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
C’est à nouveau dans un souci de clarification et de précision que nous nous interrogeons sur l’oxymore que vous voulez faire entrer dans le code de la santé publique. Vous l’avez compris, il s’agit d’adjoindre à l’« information des usagers du système de santé » et à l’« expression de leur volonté », dans l’un des intitulés du code, la « fin de vie », donc de l’ouvrir au suicide assisté et à l’euthanasie.Pourtant, comme plusieurs d’entre nous l’ont exprimé, ces deux actes ne peuvent en aucune manière être assimilés à des soins. Il est donc paradoxal de vouloir intégrer dans une codification qu…
Séance du 03/06/2024· Avant l’article 4 quater (suite) Autant je rejoins le souci de précision de Mme K/Bidi, autant je conteste la notion de droit d’accéder à l’aide à mourir. La question de la définition est essentielle. Je rappelle que nous aborderons dans les prochains jours le fait justificatif, particularité de notre droit qui permet d’échapper à une qualification pénale lorsqu’un texte spécial autorise un acte en principe interdit par la loi. Si nous retenons le fait justificatif, deux infractions pénales échapperont à des poursuites : l’homicide, en cas d’euthanasie, et la provocation au suicide, en cas de suicide assisté. Madame la minist…
Séance du 03/06/2024· Avant l’article 4 quater (suite) C’est pareil !
Séance du 03/06/2024· Avant l’article 4 quater (suite) Non, c’est chez les LR qu’il y a de nombreuses nuances ! (Les protestations se poursuivent sur les bancs du groupe LFI-NUPES.)
Séance du 03/06/2024· Avant l’article 4 quater (suite) Elle est pourtant importante, madame la présidente !
Séance du 03/06/2024· Avant l’article 4 quater (suite) Non, non ! Il s’agit d’une nuance !
Séance du 03/06/2024· Avant l’article 4 quater (suite) …c’est-à-dire la possibilité de déroger au principe général (Protestations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NUPES)…
Séance du 03/06/2024· Avant l’article 4 quater (suite) …bien que ma position à son égard soit connue : n’oubliez pas qu’il est prévu, dans la suite du texte, ce qu’on appelle le fait justificatif,…
Séance du 03/06/2024· Avant l’article 4 quater (suite) Il est utile de bien nommer les choses, parce que nous votons la loi. Je vais rendre un petit service au Gouvernement,…
Enfin, concernant le caractère prioritaire des soins palliatifs, nous ne faisons que revenir à l’esprit de votre projet de loi, madame la ministre. Si vous avez décidé de consacrer le titre Ier aux soins palliatifs, c’est bien, puisque votre texte s’inscrit dans le prolongement de la loi Claeys-Leonetti, que l’amélioration de l’offre de soins palliatifs répond à une nécessité d’intérêt national ! La création d’un droit opposable obéit parfaitement à cette logique. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Non, dans le cadre d’un référé, surtout en matière administrative – ceux qui ont pratiqué le référé liberté le savent –, la décision est connue dans les vingt-quatre heures. À partir du moment où l’on est capable de démontrer qu’une place en soins palliatifs qui pourrait être proposée à un patient ne l’a pas été, il faut lui laisser la possibilité de recourir au juge administratif en la forme des référés, afin que la place soit libérée.
Si, vous avez dit que les procédures dureraient huit mois !
On voit bien l’effet bénéfique de ce fameux droit opposable ! L’idée qui sous-tend la création d’un droit aux soins palliatifs opposable, c’est d’améliorer l’offre de prise en charge en la matière : parmi l’éventail des soins administrés à nos concitoyens, ils devront désormais être proposés de manière prioritaire.D’autre part, vous avez avancé l’argument de la judiciarisation. Mais madame la ministre, une procédure en référé ne dure pas huit mois !
On connaît le principe : comparaison n’est pas raison. Le raisonnement consistant à dire que la réussite mitigée du droit au logement opposable emporterait l’échec du droit opposable aux soins palliatifs me paraît un peu spécieux. L’avantage du Dalo, c’est qu’il a contraint les opérateurs du logement social à réserver systématiquement, dans leurs programmes de construction, des logements aux ménages Dalo.
Séance du 29/05/2024· Après l’article 1er Cet amendement permet d’en revenir à ce qui aurait dû se trouver au cœur de l’article 1er – qui est voté, n’en parlons plus.Par ailleurs, il a été dit que le risque d’euthanasie des enfants relevait d’un fantasme. Un amendement des écologistes qui allait dans ce sens a pourtant bien été déposé devant la commission spéciale. Mon « fantasme » repose donc sur quelques réalités ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)