ETAT B
Dispositif
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Exposé sommaire
Cet amendement vise à prévoir une hausse de l’investissement dans les services de santé étudiante.
En juin 2022, une quarantaine de présidents d’université, médecins, représentants de syndicats et d’associations étudiantes alertent, dans une tribune au « Monde », sur l’ampleur de la détresse psychologique des étudiants depuis la pandémie et réclament une « stratégie nationale ». Des moyens et dispositifs ont été dégagés au sein du budget 2025 afin d’accompagner la mise en œuvre de la réforme des SSE. Les besoins restent toutefois bien supérieurs aux capacités disponibles.
En 2025, les SSE disposaient de seulement 158 ETPT de psychologues, alors que 3,05 millions d’étudiants étaient inscrits dans l’enseignement supérieur.
La mise en œuvre du dispositif « Mon soutien psy » ne constitue pas une réponse suffisante à la crise de santé mentale étudiante. Il s’agit simplement d’une béquille, fondée sur un accompagnement ponctuel, qui ne remplace ni un service public de santé étudiante doté de moyens de long terme, ni une prise en charge accessible, continue et adaptée à la diversité des besoins. Son existence ne doit donc pas masquer l’insuffisance des capacités d’accueil et les difficultés persistantes d’accès à un suivi psychologique.
Or les besoins sont là. Selon l’enquête Bien-être et santé des étudiant.es, réalisée au printemps 2024 par l’OVE « Globalement, si une amélioration relative est observée après le pic pandémique notamment pour la détresse psychologique, l’ensemble des indicateurs de santé mentale (détresse psychologique, dépression, anxiété et suicide) reste préoccupant et supérieur à ceux mesurés avant 2020, avec une attention particulière pour les formes sévères de détresse, de dépression et d’anxiété ainsi que pour le risque suicidaire.
Le non-recours aux soins est un phénomène de plus en plus important chez les étudiants. Plus de la moitié des étudiants présentant des signes de détresse psychologique n’a consulté aucun professionnel malgré les difficultés rencontrées. Par ailleurs, 24 % des étudiants ont déjà renoncé à des soins pour des raisons financières au cours des douze derniers mois.
Selon l’association Nightline, la Nouvelle-Zélande a déployé en 2020 un budget équivalent à 15 millions d’euros pour renforcer l’offre de ses services de santé universitaire. Nous devons en urgence abonder le budget prévu afin de garantir l’efficacité de nos propres services.
Pour respecter les règles de recevabilité́ financière, nous proposons dans cet amendement de transférer 15 millions d’euros des AE et des CP de l’action 02 « Agence nationale de la recherche » du programme 172 (car le fonctionnement sous forme d’appels à projets organise la concurrence entre établissements et entre équipes de recherche, ce qui a des conséquences désastreuses pour la recherche publique) en direction de l’action 03 « Santé des étudiants et activités associatives, culturelles et sportives » du programme 231.
Cosignataires
Pouria Amirshahi, Christine Arrighi, Clémentine Autain, Léa Balage El Mariky, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benoît Biteau, Nicolas Bonnet, Arnaud Bonnet, Cyrielle Chatelain, Alexis Corbière, Emmanuel Duplessy, Charles Fournier, Marie-Charlotte Garin, Damien Girard, Steevy Gustave, Catherine Hervieu, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Tristan Lahais, Benjamin Lucas-Lundy, Julie Ozenne, Sébastien Peytavie, Marie Pochon, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Jean-Louis Roumégas, Sandrine Rousseau, François Ruffin, Eva Sas