ETAT B
Dispositif
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Exposé sommaire
Cet amendement vise à engager la création d’un musée national dédié à l’histoire des colonisations.
Sur l’ensemble des musées que compte le territoire français, aucun n’aborde de façon exclusive et scientifique l’histoire des colonisations, pourtant essentielle car partie intégrante de l’histoire de notre pays. La promulgation de la loi n° 2026‑351 du 9 mai 2026 relative à la restitution de biens culturels ayant fait l’objet d’une appropriation illicite a posé un cadre juridique pour l’examen des restitutions. Toutefois, la restitution d’objets spoliés ne saurait dispenser notre République d’un travail de mémoire, de recherche et de pédagogie structuré sur le sol national.
Cette histoire reste un sujet trop souvent tabou au cœur de notre société. Pourtant, les colonisations ne sont pas un chapitre clos : nous avons besoin de faire face à notre passé, de le connaître et de le comprendre pour mieux construire l’avenir de notre nation. Cet exercice mémoriel est capital pour analyser la manière dont la France s’est construite, y compris à travers les épisodes récents de la décolonisation, et pour interroger la relation entre ce contexte historique et le racisme systémique présent dans notre société.
La création de ce musée serait un pas historique appelé par nombre d’historiennes, historiens, chercheurs, universitaires, spécialistes de l’histoire coloniale et associations. Nous nous inscrivons pleinement dans cette volonté pour demander un tel lieu de savoir et de culture, comme il en existe déjà chez nos voisins et ex-puissances coloniales (notamment au Royaume-Uni, en Belgique ou en Allemagne).
La création de ce lieu d’histoire est également défendue par des représentantes et représentants de la Nation. En effet, cet amendement reprend la recommandation n°6 du rapport d’information sur l’émergence et l’évolution des différentes formes de racisme.
La France doit continuer de remplir son devoir de mémoire et de vérité. C’est en ce sens que Jacques Chirac, en 1999, a reconnu la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est en ce sens qu’a été promulguée en 2001 la loi Taubira reconnaissant la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité. C’est en ce sens qu’en 2012, François Hollande a reconnu la responsabilité de la France dans la répression sanglante d’Algériennes et d’Algériens, qu’a été inauguré le mémorial de l’abolition de l’esclavage à Nantes ou créée la Fondation pour la mémoire de l’esclavage en 2019.
Il est urgent désormais de construire en France ce lieu d’histoire, de savoir, de pédagogie, de transmission et de débat. C’est une condition impérieuse pour vivre ensemble de manière sereine et apaisée. L’éducation civique ne pourra porter tous ses fruits que si elle s’accompagne d’une lecture lucide, rigoureuse et partagée du récit national.
L’action 01 « Monuments historiques et patrimoine architectural » du programme 175 « Patrimoines » est abondée de 20 000 000 euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement. En conséquence, les crédits du programme 224 « Soutien aux politiques du ministère de la Culture » sont minorés à due concurrence de 20 000 000 euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement.
Cette minoration est demandée aux seules fins de satisfaire aux règles de recevabilité financière prévues par l’article 40 de la Constitution et la loi organique relative aux lois de finances. Les auteurs de l’amendement n’ont aucune intention de réduire les moyens de fonctionnement du ministère et invitent formellement le Gouvernement à lever le gage.
Cosignataires
Pouria Amirshahi, Christine Arrighi, Clémentine Autain, Léa Balage El Mariky, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benoît Biteau, Nicolas Bonnet, Arnaud Bonnet, Cyrielle Chatelain, Alexis Corbière, Hendrik Davi, Emmanuel Duplessy, Charles Fournier, Marie-Charlotte Garin, Damien Girard, Steevy Gustave, Catherine Hervieu, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Tristan Lahais, Benjamin Lucas-Lundy, Julie Ozenne, Sébastien Peytavie, Marie Pochon, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, François Ruffin, Eva Sas