ETAT B
Dispositif
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Exposé sommaire
Alors que le cinéma joue un rôle essentiel dans l’enrichissement culturel, l’éducation et le divertissement, son accessibilité et son développement dans les territoires dits d’outre-mer constituent un défi majeur, en raison des spécificités de ces territoires et de leur vulnérabilité économique.
Le caractère insulaire de ces territoires conjuguées à des politiques publiques pensées uniquement pour l’hexagone n’ont pas favorisé le développement du cinéma ultramarin. Normes spécifiques, prix du billet plus élevé, fréquentation plus faible, le cinéma d’outre-mer est fragile et fait face à de profonds défis structurels et financiers.
Les cinéastes locaux ne bénéficient que très peu des aides automatiques du CNC, ne disposant souvent pas des aides planchers nécessaires. L’aide financière reste concentrée dans les mains des sociétés hexagonales. Dans les territoires où la politique de soutien est plus volontariste comme en Guadeloupe et à La Réunion, les aides bénéficient surtout en grande majorité aux tournages venus de l’extérieur. Les producteurs de séries télévisées ou de films sont subventionnés avec des aides de la région et sont présentés comme des investissements destinés à structurer la filière locale, à créer des emplois ou encore à favoriser le transfert de compétences. Mais cette situation crée de la dépendance, forçant à modifier les calendriers de tournage de productions locales au détriment des tournages de séries nationales, dont les chefs de postes sont rarement des locaux.
Le cinéma ultramarin par l’étroitesse de son marché ne peut se plier aux normes hexagonales et créer de ce fait une précarité professionnelle. Les artistes et techniciens ultramarins éprouvent d’immenses difficultés à atteindre le seuil réglementaire permettant d’avoir accès au statut d’intermittent. Le manque de structures et de débouchés professionnels forcent souvent les talents à s’exiler vers Paris pour porter leurs projets.
C’est pourquoi cet amendement vise à créer un fonds de soutien exceptionnel au cinéma dits d’Outre-mer afin de répondre aux besoins. Il semble aujourd’hui essentiel de continuer à dynamiser la scène cinématographique, tout en renforçant l’identité culturelle des territoires d’outre-mer. Cet amendement propose donc de créer un nouveau programme « Soutien à l’offre culturelle dans les Outre-Mer », alimenté à hauteur de 2,5 millions d’euros.
Pour respecter les règles de recevabilité financière imposées par l’article 40 de la Constitution, l’amendement propose les mouvements de crédits suivants :
– Une augmentation de 2 500 000 euros des autorisations d’engagement (AE) et crédits de paiement (CP) vers un nouveau programme « Soutien à l’offre culturelle dans les Outre-Mer » de la mission « Médias, livres et industries culturelles ».
– Une diminution de 2 500 000 euros des AE et CP de l’action 2 « Aides à la presse » du programme 180 « Presse et Médias » de la mission « Médias, livres et industries culturelles ».
Néanmoins, l’intention de cet amendement n’étant pas de réduire les moyens affectés aux aides à la presse qui connaissent elles-mêmes une coupe budgétaire pour la deuxième année d’affilé, le groupe Écologiste et Social appelle le Gouvernement à lever le gage
Cosignataires
Pouria Amirshahi, Christine Arrighi, Clémentine Autain, Léa Balage El Mariky, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benoît Biteau, Nicolas Bonnet, Arnaud Bonnet, Cyrielle Chatelain, Alexis Corbière, Hendrik Davi, Emmanuel Duplessy, Charles Fournier, Marie-Charlotte Garin, Damien Girard, Catherine Hervieu, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Tristan Lahais, Benjamin Lucas-Lundy, Julie Ozenne, Sébastien Peytavie, Marie Pochon, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Jean-Louis Roumégas, Sandrine Rousseau, François Ruffin, Eva Sas