Exposé sommaire
L’article prévu par le gouvernement envisage de relever la TVA sur les abonnements de télévision. En France hexagonale, le taux passerait de 10 % à 20 %. Dans les Outre-mer, il serait multiplié par quatre. À La Réunion, cela revient à passer du taux réduit de 2,1 % au taux normal de 8,5 %. Si une uniformisation des taux de taxes est proposée au vu des différents services qui sont maintenant destinés aux consommateurs et de la variété des programmes, les conséquences sur le plan social d’une telle réforme ne peuvent être mises sous le tapis. Très concrètement, une hausse de la fiscalité de la TVA sur les services de télévision au niveau national se traduira, au niveau local, notamment pour Canal+ Réunion à un plan d’économies massifs dont les premières victimes seront les salariés. Très concrètement, il a été annoncé que l’impact de la hausse de la TVA se chiffrera à 200 millions d’euros par an sur le chiffre d’affaires de Canal+ ainsi que sa marge. Si cette hausse de fiscalité se justifie par la situation budgétaire exsangue du pays, elle ne peut se répercuter par des licenciements en cascade. C+REUNION emploie 100 salariés à La Réunion et à Mayotte : service client, boutiques, technique, commercial, fonctions support. Ce sont des emplois qualifiés et durables, sur une île où le chômage reste parmi les plus élevés de France. Autour de l'entreprise vivent aussi de nombreux emplois indirects : installateurs et antennistes, revendeurs, prestataires, sociétés de production locales et événementiel sportif soutenus par la chaîne. Chaque emploi supprimé chez nous en fragilise d'autres chez eux. Si la hausse est répercutée, l'abonnement augmentera d'environ 6 % pour tous les foyers abonnés, dans un territoire où la vie coûte déjà plus cher qu'en Hexagone. Si elle ne l'est pas, c'est l'entreprise qui absorbe la perte, et ce sont les emplois locaux qui paieront. Le taux réduit de TVA sur les abonnements n'est pas un privilège. Il est la contrepartie de l'engagement de CANAL+ dans le financement du cinéma français, puis du sport. Le remettre en cause, c'est fragiliser tout ce modèle, et les emplois qui en dépendent. Ce qui se décide donc ici et maintenant en Hexagone n’est pas sans conséquence pour les emplois locaux et il ne faudrait pas rajouter au malheur de la situation de l’emploi qui est déjà catastrophique chez nous.