Nous pouvons tous convenir que, dans le cadre d’une demande expresse d’aide à mourir, le médecin ne peut pas être l’héritier de son patient. En l’occurrence, un ayant droit n’est pas nécessairement un héritier et un héritier n’est pas nécessairement un ayant droit : j’en veux pour preuve que le droit des assurances distingue ces deux notions.Je vous propose donc d’ajouter les héritiers à la liste des exclusions, afin d’éviter tout lien financier entre le patient et le médecin recueillant sa demande d’aide à mourir.
Le terme « expresse » est beaucoup trop flou. Nous demandons que la demande soit écrite, manuscrite et signée, comme c’est le cas en Oregon ou en Belgique.
Nous essaierons désormais de restreindre les conditions d’accès à ce que vous appelez l’aide à mourir, et donc de protéger les personnes, leur choix et leur liberté. Par conséquent, nous proposons que la demande soit manuscrite et signée.
Bravo !
Ouvrant le chapitre « Procédure », cet article définit les modalités de présentation de la demande d’aide à mourir par le patient, ainsi que l’obligation d’information qui incombe au médecin. Ces dispositions sont bien entendu nécessaires ; encore faut-il qu’elles fixent des garanties suffisantes pour garantir que le consentement donné par le patient est véritablement libre et éclairé. On ne rappellera jamais assez combien est particulière, de ce point de vue, la situation d’un malade demandant à mourir. Sa volonté est contrainte par la souffrance qu’il éprouve, et son jugement est influencé p…
Nous n’avançons pas masqués !
C’est ça ! Bien vu !
Notre groupe ne souhaite pas ralentir les débats ; mais, si vous tenez à accélérer, il faudra nous apporter des réponses. Nous avons beaucoup fait référence à l’euthanasie et au suicide assisté lors de l’examen du titre Ier, et nous parlerons beaucoup de soins palliatifs dans le cadre du titre II – nous vous l’avions promis. Notre profonde crainte est qu’à moyen et long terme, les soins palliatifs soient remplacés par ce que vous appelez l’aide à mourir. Cette crainte est fondée puisque c’est exactement ce qui se passe en Belgique. Nous ne sommes pas obligés de reproduire les erreurs de nos vo…
…dans dix ans peut-être, si, comme je l’espère, les soins palliatifs sont devenus accessibles à 100 % des Français, dans tous les départements de France, alors nous pourrons le mener – sauf que le problème sera alors réglé.
Que l’on soit favorable ou défavorable à ce texte relève de l’opinion personnelle et toutes les opinions, je le répète, sont parfaitement respectables. Cependant, on ne devrait pas mettre en débat l’aide à mourir tant que les soins palliatifs ne sont pas développés partout sur le territoire. Autrement dit, le débat intervient beaucoup trop tôt :…
Je n’étais pas député.
La sédation profonde et continue, maintenue jusqu’au décès, telle que la prévoit la loi de 2016, constitue l’ultime soulagement, tout en restant – notre collègue Dessigny l’a dit – dans le domaine du soin : il n’y a pas d’intention de provoquer, d’administrer la mort. Le risque que fait courir la loi proposée, étant donné la proximité des critères d’éligibilité à l’euthanasie et au suicide assisté d’une part, à la sédation profonde et continue de l’autre, c’est que, petit à petit, l’euthanasie prenne le pas sur la sédation profonde et la supplante.
Nous le retirons.
Tous les médecins en soins palliatifs sont formels : dans le cadre d’une sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès, c’est bien la maladie qui donne la mort. (M. Jocelyn Dessigny applaudit. – Exclamations sur divers bancs.)
Il concerne la sédation profonde et continue. Je le répète : la loi Claeys-Leonetti de 2016 n’est pas suffisamment connue et appliquée. Notre collègue Odoul propose que les personnes en fin de vie soient mieux informées de la possibilité de recourir à la sédation profonde et continue.Cela permet de répondre au passage aux contrevérités proférées par certains de nos collègues de la majorité ou de la NUPES : non, on ne peut pas mourir de la sédation.
Nous avons prévenu, madame la ministre : nous allons continuer à parler de soins palliatifs lors de l’examen du titre II du texte. Vous avez voulu compartimenter celui-ci, mais nous nous y refusons car nous ne croyons pas à l’étanchéité affichée.Nous revenons sur un débat qui, à mon sens, n’est pas terminé. Il concerne les 200 000 Français qui, chaque année, n’ont pas accès aux soins palliatifs. Nous ne pouvons pas leur proposer comme seule solution alternative l’aide à mourir, le suicide assisté ou l’euthanasie. Dans des départements comme le mien, la Haute-Marne, où il n’y a plus de permanen…
Il propose que, à l’alinéa 9, les mots « dispositifs d’accompagnement », un peu froids et administratifs, soient remplacés par les mots « soins d’accompagnement ».La défense de cet amendement me permet par ailleurs de poser une nouvelle question. À votre sens, madame la ministre, l’aide à mourir est-elle un soin ? Elle me permet aussi de revenir sur mon rappel au règlement et de faire remarquer à Mme la ministre, qui dit nous répondre, qu’elle n’a pas répondu à mes questions sur les médecins héritiers ou sur l’administration de la substance létale. (M. Jocelyn Dessigny applaudit.)
Madame le ministre, non seulement nous sommes opposés à ce texte, mais en plus celui-ci n’est pas viable. Le collègue Bazin a souligné qu’il était d’ores et déjà confus, et voilà que vous promettez, avec les collègues macronistes, de retravailler la question de l’aide à mourir, celle des directives anticipées ; hier, vous avez avoué que la notion de moyen terme n’était pas tout à fait définie… On ne peut pas légiférer dans ces conditions. Ce n’est pas sérieux.
Séance du 07/06/2024· Rappel au règlement Cela a été le cas tout à l’heure sur la question des médecins héritiers, hier sur l’existence d’un lien entre administration d’une substance létale et mort provoquée. Sur bien des questions, vous ne nous répondez pas. Je vous en prie, répondez-nous ! C’est le minimum sur un sujet aussi sensible que celui dont nous discutons.
Séance du 07/06/2024· Rappel au règlement Toutefois, madame la ministre, je vous pose régulièrement des questions sur le projet de loi. C’est normal car il s’agit d’un texte du Gouvernement et il serait normal qu’en tant que député d’opposition, j’aie des réponses. Or vous refusez régulièrement de nous répondre, et particulièrement de me répondre.
Séance du 07/06/2024· Rappel au règlement Je n’ai pas développé la défense de mes amendements précédents parce que je ne veux pas ralentir les débats. Et je note que ceux-ci se passent bien depuis le début.
Séance du 07/06/2024· Rappel au règlement Sur la base de l’article 100 relatif au bon déroulement de la discussion des amendements. Je fais très rarement un rappel au règlement.
Séance du 07/06/2024· Suspension et reprise de la séance Il vise à préciser que l’expression de la volonté du patient doit être sans contrainte : c’est selon nous la formulation juridique la plus adaptée.
Séance du 07/06/2024· Suspension et reprise de la séance Il vise à insérer dans l’article 6 l’alinéa suivant : « Avoir manifesté un consentement exempt de contrainte, de provocation ou de manœuvre de la part d’un tiers et dépourvu d’erreur sur la gravité de l’affection ou sur les perspectives de traitement. » En effet, il est impératif de déterminer si le consentement est exempt de contrainte, d’erreur, de violence ou de tromperie.
Il vise à graver dans le marbre le fait que l’aide à mourir, le suicide assisté ou l’euthanasie ne doivent pas faire partie des directives anticipées.
Séance du 07/06/2024· Suspension et reprise de la séance Il vise, comme d’autres amendements déposés par mon groupe, à garantir la liberté du choix de l’aide à mourir, en introduisant des termes juridiques clairs dans le texte de l’article. Les amendements nos 3191, 3192 et 3193 – ces deux derniers devant être examinés dans la discussion commune à suivre – tendent à préciser que la volonté du patient doit être formulée de manière libre et non équivoque, sans pression et sans contrainte.
Nous sommes naturellement défavorables à ces amendements d’élargissement. Le choix qu’expriment les directives anticipées n’est pas seulement individuel, car il implique l’entourage médical et familial, et interroge plus largement notre société dans son ensemble. Nos discussions le démontrent.Pour n’être pas uniquement individuel, ce choix n’en est pas moins personnel et ne peut être fait que par la personne concernée et non un tiers.Vous disiez plus tôt, monsieur le rapporteur général, que cette loi ne risquait pas, si elle était votée, d’annihiler la loi Claeys-Leonetti. Or c’est précisément…
Le président Maillard a dit alors que, si l’on introduisait une telle disposition, il n’y aurait plus à l’Assemblée de majorité pour adopter le projet de loi dans son ensemble. Si l’un des amendements dont nous discutons ici est adopté, je forme le vœu que les faits donnent raison au président Maillard.
Nous allons naturellement nous opposer à tous les amendements de cette discussion commune, car ils ne protègent pas suffisamment les personnes concernées. On peut toujours changer d’avis ; surtout, on doit toujours pouvoir changer d’avis. Au cœur du consentement libre et éclairé, il y a le choix ; et ce choix, pour être fiable, doit avoir été réitéré, renouvelé.Monsieur Le Gendre, ce que vous faites n’est pas très honnête. Vous avez essayé, dès le titre Ier, d’introduire dans le texte la possibilité pour le patient d’inscrire dans ses directives anticipées sa volonté de recourir à l’aide à mou…
Séance du 06/06/2024· Suspension et reprise de la séance Quant au moyen terme, nous verrons plus tard – lorsque vous aurez une définition précise. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)