« Absent » signifie que le député n'a pas pris part au scrutin, pas qu'il était absent de l'Assemblée.
Session ordinaire 2025 -2026 · 17e législature · compte rendu complet
Séance du 14 octobre 2025
Présidence de Mme Yaël Braun-Pivet
Déclaration du gouvernement et débat
M. Boris Vallaud (SOC). … et qui protège les milliardaires parce qu’ils financent leurs médias et leurs think tanks, parce qu’ils promeuvent leur politique. (Mêmes mouvements.) Quand, pendant des semaines, nous défendions les Français qui travaillent,…
Mme Anne-Laure Blin (DR). Vous êtes donc d’accord avec la fin de l’assistanat ?
M. Boris Vallaud (SOC). …le RN défendait les rentiers ; quand nous défendions le pouvoir d’achat, le RN préparait une loi d’amnistie pour sa cheffe. L’establishment, c’est eux ! La défense du capital, c’est eux ! La justice à deux vitesses et la trahison, c’est eux ! (Mêmes mouvements.)Nous nous battrons de toutes nos forces mais aussi de toutes nos armes. Vous renoncez au 49.3 ; nous n’en demeurons pas moins dans l’opposition et maîtres d’une sanction du gouvernement tout au long du débat budgétaire. (« Macronistes ! » sur les bancs du groupe RN.) Nous ne croyons pas à la stabilité pour elle-même ; nous ne croyons qu’à la stabilité dans la justice, qui fait reculer la misère et, avec elle, la colère. (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC.)Monsieur le premier ministre, nous vous avons écouté attentivement. Vous avez parlé de faire contribuer les hauts patrimoines et les grandes entreprises,…
M. Boris Vallaud (SOC). …et de la nécessité de soutenir le pouvoir d’achat. C’est heureux, mais c’est bien trop peu. Nous avons défendu une idée simple avec la taxe Zucman – et nous continuerons à le faire : il ne faut pas que les classes moyennes paient les impôts que devraient payer les hyper-riches (Applaudissements sur les bancs du groupe SOC) ; ni que les PME paient les impôts que devraient payer les multinationales. Je ne veux pas que mon voisin, dans les Landes, paie les impôts de Bernard Arnault (Mêmes mouvements) ;…
M. Boris Vallaud (SOC). …je ne veux pas que mon boulanger d’Aire-sur-l’Adour paie ceux de L’Oréal.Nous voulions la garantie d’un débat loyal et ouvert. Vous nous en faites la promesse ; nous veillerons à ce que vos mots se traduisent en actes. (Mêmes mouvements.) Le budget que vous proposez – je le dis sans fard, avec netteté et avec ce qu’il faut de colère –,…
M. Boris Vallaud (SOC). …est insupportable et gravement insuffisant. Il n’est pas question pour nous d’accepter le doublement des franchises médicales, le gel du barème de l’impôt sur le revenu et le gel des prestations, en un mot « l’année blanche », et donc le rythme insensé de réduction des déficits, inscrit dans votre budget, que vous proposez aux Français de l’Hexagone et des outre-mer. (Mêmes mouvements.)
M. Boris Vallaud (SOC). Vous confirmez la possibilité d’assouplir cette trajectoire ; nous vous prenons au mot parce que vous ne pouvez pas réaliser 15 milliards d’économies sur le dos des hommes et des femmes qui travaillent sans rien demander à ceux dont le patrimoine a doublé en dix ans. (Mêmes mouvements.)
Mme Justine Gruet (DR). Vous ne prenez rien à ceux qui ne travaillent pas ! Ça s’appelle l’assistanat !
M. Boris Vallaud (SOC). Votre copie est amendable ; comptez sur nous pour l’amender. Chacun devra assumer aux yeux des Français les choix qu’il fait. Votre point de départ ne sera pas notre point d’arrivée. Souvenez-vous en : nous sommes capables de faire des compromis (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP) ;…
M. Boris Vallaud (SOC). …nous en avons fait la démonstration. Nous sommes capables de renverser un gouvernement ; nous l’avons fait par deux fois. Nous n’avons qu’une boussole : l’intérêt du pays, l’intérêt des Français.
M. Boris Vallaud (SOC). Je mesure – et il nous en coûte – que nous faisons un pari, un pari risqué dont seul l’avenir nous dira ce qu’il est. Chacune et chacun d’entre nous ici, héritier de Gambetta ou de Jaurès (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP), de Mandel ou de Mendès France, de Simone Veil ou de Gisèle Halimi, du général de Gaulle ou de François Mitterrand, représentant de la belle et grande nation française, doit à cette heure se poser cette question simple et exigeante : en sommes-nous capables ? Les socialistes répondent : il le faut. (Les députés du groupe SOC se lèvent et applaudissent.)
M. Raphaël Schellenberger (NI) (NI). Avant toute chose, permettez-moi de souligner la place particulière des députés non inscrits dans cette assemblée. Nous sommes peu nombreux, mais dans une situation politique que vous décrivez vous-même, monsieur le premier ministre, comme fragile, chaque voix compte, y compris celle de ceux qui refusent les étiquettes toutes faites, les consignes automatiques et les fidélités imposées.Vous venez de prononcer un discours de la méthode antimacroniste. Nous sommes beaucoup à en prendre acte avec satisfaction. Il n’est jamais trop tard ! Vous revendiquez l’humilité, c’est déjà un progrès – mais après huit années de macronisme, cela ne suffira pas. Et surtout pas un grand débat de plus ! Les Français ne sont pas dupes de vos écrans de fumée.Voici ce qu’il reste de huit années de pouvoir vertical, d’opérations de communication et de mépris institutionnalisé : une République fatiguée, des institutions asphyxiées, une société fracturée. Toutefois, soyons honnêtes : vous n’êtes pas le seul responsable. De LFI au Rassemblement national, chaque parti a contracté le même mal : celui de la radicalisation permanente.Il n’y a pas de fierté à la radicalité. Il n’y en a pas davantage à la trahison. Là où les partis politiques devraient structurer le débat d’idées, ils le perturbent au gré des slogans et des sondages d’opinion.
M. Raphaël Schellenberger (NI). On a vu les gaullistes devenir des supplétifs, les centristes transformer le fameux « en même temps » en réflexe de survie, les socio-démocrates s’effacer dans un brouillard indigne. Et désormais, même Gabriel Attal, en costume de loyaliste, ou Édouard Philippe, l’ancien héritier discipliné, semblent considérer le reniement non plus comme une faute mais comme un projet politique.Je le dis avec regret, car je crois profondément au rôle structurant des partis dans une démocratie vivante, mais à l’heure des chaînes d’infos en continu et des réseaux sociaux, ils sont devenus plus souvent des amplificateurs de tension que des bâtisseurs de compromis ; et ce glissement a été encouragé, méthodiquement, par l’Élysée.Alors, oui, la France a besoin d’un budget. Censurer par principe n’aurait pas de sens, pas plus que donner un blanc-seing à un gouvernement sans cap ni destination. En huit ans, vous avez fini par abandonner l’idée même que la politique pouvait transformer le pays, que la politique pouvait changer la vie. Votre gouvernement est un gouvernement de techniciens, pas de stratèges ; de gestionnaires, pas de bâtisseurs.Les Français n’attendent pas qu’on leur explique que la situation est compliquée. Ils vivent cette difficulté tous les jours, avec leurs factures d’électricité et leur retraite amputée au fil des réformes, dans leurs territoires oubliés. Ce que vous appelez responsabilité, ils l’appellent incertitude.Parlons à présent du fond. Lors du débat sur la réforme des retraites, je me suis opposé, avec quelques députés LR courageux, à une réforme inéquitable et mal née.
M. Raphaël Schellenberger (NI). Voir aujourd’hui Les Républicains devenir les plus ardents défenseurs d’une réforme d’Élisabeth Borne et d’Emmanuel Macron après avoir tout fait pour s’ériger comme principal parti d’opposition a quelque chose de savoureux. La cohérence politique a parfois le sens de l’humour.Vous annoncez, monsieur le premier ministre, vouloir parler d’énergie, de réindustrialisation. Ces sujets sont, à mon sens, des priorités stratégiques, mais il est impossible de les traiter sans boussole politique, sans récit national.Dans ces domaines comme dans d’autres, la difficulté de nous mettre d’accord ici n’est rien face aux difficultés que vivent chaque jour des millions de Français. Ce qui est en jeu, ce n’est pas notre stabilité, ni même notre confort parlementaire, c’est notre avenir collectif.Enfin, vous parlez de gaullisme. La Ve République est née dans une époque similaire à la nôtre : l’explosion du débat partisan, une crise budgétaire et financière devenue indigeste, des institutions à bout de souffle. La réponse du général de Gaulle ne s’est pas limitée à faire adopter un budget ; il a été capable de rassembler par-delà les clivages partisans autour d’un cap, d’une vision, d’une ambition pour la France. L’histoire a déjà connu des impasses politiques mais elle a rarement été clémente avec les gestionnaires de la fatalité.Monsieur le premier ministre, vous vous définissez comme un moine-soldat. Lorsque vous étiez secrétaire d’État à l’écologie, vous aviez déjà mis vos qualités au service d’Emmanuel Macron, agissant avec précision et sans discernement pour fermer Fessenheim. Je n’ai qu’une espérance : que cette fois, vous mettiez ces qualités au service de la France. La France n’a besoin ni d’un moine ni d’un soldat, elle a besoin d’authentiques républicains, au service d’un idéal qui les dépasse : la France. (M. Ian Boucard, Mme Constance de Pélichy et M. Harold Huwart applaudissent.)
M. Sébastien Lecornu. Mesdames et messieurs les députés, merci pour vos prises de parole. Je vais tâcher de répondre à celles et ceux qui sont encore présents et je ferai même le pari de répondre à celles et ceux qui sont partis. (Sourires.)Monsieur le président Attal, merci d’avoir parlé de la France et des Français, et merci d’avoir évoqué les compromis, car c’est la philosophie du groupe que vous présidez – je peux en témoigner depuis de nombreux mois. Merci aussi d’avoir attrapé la balle au bond s’agissant de la réflexion sur la réforme des retraites. D’aucuns prendront cette suspension pour ce qu’elle n’est pas – je vois déjà une certaine presse de droite tentée de dire qu’au fond, cela reviendrait à signer un chèque en blanc.
M. Sébastien Lecornu. Il s’agit au contraire d’une opportunité. On voit bien, au travers des différents modèles qui ont pu être mis sur la table ou des espérances liées aux différentes manières de concevoir ce régime – auquel tout le monde, au fond, est attaché ici, comme en témoignent les interventions que nous avons entendues –, que le débat doit être nourri par la contribution des meilleurs experts, des partenaires sociaux, des parlementaires, des formations politiques.Ce geste de la suspension est, au demeurant, bien plus qu’un geste, c’est une chose qui devra être débattue ici et sur laquelle je m’engagerai ; et il faudra en même temps mener des concertations, qui permettront de remettre en selle des syndicats réformateurs. C’est aussi de cette manière que les syndicats patronaux pourront prendre des responsabilités. J’ai parfois entendu dire que le problème était macroéconomique. Non, le problème est aussi macroéconomique que microéconomique et c’est bien pourquoi j’ai affirmé que toutes les mesures qui seront prises devront être financées. Je sais que l’ensemble des partis de gouvernement ici présents en sont d’accord. Le ministre président Fesneau l’a également dit dans son intervention. Nous y reviendrons.« Travail, travail, travail » : c’est ce que je retiens en premier lieu de l’intervention du président Wauquiez et il est vrai qu’on ne peut pas aborder le sujet des retraites sans évoquer celui du travail, la situation de celles et ceux qui travaillent, leurs revenus, l’incitation au travail, la récompense du travail.
M. Sébastien Lecornu. Vous avez fait au cours de votre intervention plusieurs propositions et je ne doute pas que le ministre Farandou les ait entendues. Il faudra en effet réfléchir aux mesures d’incitation à travailler plus ; vous avez cité les heures supplémentaires, d’autres formations politiques ont leurs propres idées – le Parti socialiste pense à la CSG, certains à la prime Macron. Je prends l’engagement devant vous qu’au cours du débat budgétaire, des mesures seront prises en vue d’améliorer le pouvoir d’achat de celles et ceux qui travaillent. Je souhaite que les parlementaires de votre groupe s’engagent dans cette discussion. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR.)Vous avez parlé de l’allocation sociale unique. Pardonnez-moi d’entrer dans les détails techniques, mais il faudra au préalable parvenir à créer un social.gouv.fr à l’image de l’impots.gouv.fr que nous connaissons. Les avis divergeront peut-être, ensuite, dans cet hémicycle, quant à la manière de concevoir l’allocation unique, mais je sais, pour y avoir travaillé durant le mois qui s’est écoulé, que nous n’avancerons pas d’ici à la présidentielle sur ce dossier si nous ne sommes pas capables d’opérer un grand rapprochement entre les fichiers, entre les responsabilités. J’ai été maire et président de département et vous avez vous-même assumé des responsabilités au sein de collectivités : vous savez donc aussi bien que moi que le travail est colossal et devra commencer dès cet automne. Là encore, je m’engage devant vous à ce que nous progressions en la matière. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe DR.)S’agissant de la lutte contre les fraudes, un projet de loi a été déposé ce matin en conseil des ministres. Il appartient à présent aux parlementaires de s’emparer de ce texte, que je crois juste et équilibré. Il traite autant du social que du fiscal, des prestations que des cotisations, sans éluder le sujet des impôts, en particulier celui des niches, que vous avez été plusieurs à soulever. Soit on se montre ambitieux et les mesures que nous prendrons ne tarderont pas à porter leurs fruits pour la plus grande satisfaction de ceux qui tiennent les cordons de la bourse, soit on cède à l’idéologie et les rendements seront moindres. Les Françaises et les Français nous attendent au tournant et il faudrait être sourds pour ne pas entendre les messages qu’ils nous font passer. C’est bien évidemment un engagement que je prends devant vous.Votre famille politique, vos parlementaires, les députés qui sont ici, ont soulevé d’autres questions, notamment celle de la sécurité. J’ai demandé au ministre de l’intérieur Laurent Nunez d’accélérer les discussions du texte relatif aux polices municipales et, au-delà, de la sécurité du quotidien. Nous ne pouvons pas continuer à expliquer à nos concitoyennes et concitoyens que des fichiers aussi peu sensibles que celui des cartes grises ne peuvent pas être consultés par les polices municipales. C’est absurde et le bon sens devra présider aux prochaines discussions. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe DR et sur quelques bancs du groupe HOR. – M. Jean-Michel Jacques applaudit également.)Je propose que nous avancions ensemble durant les trois prochains mois, afin de mener à bien notre mission avec bon sens et dans un esprit de responsabilité, mais aussi dans le respect de l’État de droit, comme l’a rappelé le président Fesneau. Cet engagement que je prends auprès de vous vaut pour toutes les formations politiques.Concernant l’outre-mer, je ne pense pas que les rangs protocolaires des ministres donnent à voir les priorités gouvernementales. Dans la pratique, ce sont plutôt les qualités personnelles qui sont prises en considération. Si Manuel Valls fut ainsi ministre d’État, c’est bien en raison des grandes qualités dont il a témoigné lorsqu’il était premier ministre. Je n’aurais jamais imaginé, monsieur Peu, que vous en arriveriez à regretter Manuel Valls, à qui je rends hommage, mais en tout état de cause, je peux témoigner de l’engagement de Mme Naïma Moutchou sur ces sujets.Je n’ai pas cité tous les territoires, ainsi que l’a fait remarquer le président Naegelen – Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna, la Polynésie française, etc. Que les choses soient claires concernant Mayotte, madame Youssouffa : l’ensemble des engagements qui ont été pris, y compris dans le cadre des textes relatifs à Mayotte adoptés ici même, cette année, en particulier à la suite du drame qui a frappé ce territoire, seront tenus et les lignes budgétaires prévues à cet effet seront bien au rendez-vous. Si je puis me permettre cette remarque, une censure du gouvernement, en ce qu’elle empêcherait de discuter du budget, repousserait à une date indéterminée ces décisions importantes pour Mayotte – vous aurez bien compris que je ne dis pas cela pour vous, mais pour d’autres bancs de cet hémicycle.D’autre part, on ne peut pas faire comme si je n’avais jamais abordé la question du 49.3 dans ma déclaration de politique générale.
Mme Marie Mesmeur (LFI-NFP). Il n’y a pas que le 49.3, il y a aussi les CMP et les ordonnances !
M. Sébastien Lecornu. Mais qui vous a parlé d’ordonnances, madame la députée ? Vous avez demandé l’abandon du 49.3 : c’est fait. Prenez à présent vos responsabilités. (Applaudissements sur les bancs du groupe EPR.) N’ayez pas peur du Parlement, ni de la démocratie représentative. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je vous prends au mot car c’est un moment de vérité : vos électrices et vos électeurs vous regardent.
M. Sébastien Lecornu. On ne vous parle pas de légiférer par ordonnances ; on vous demande simplement de ne pas empêcher la discussion des budgets de la nation et de la sécurité sociale. Ce n’est rien de plus que du bon sens et, pardon de vous le rappeler, vos électeurs vous ont élus pour cela : amender, discuter, voter ou refuser la copie budgétaire. (Exclamations continues sur les bancs du groupe LFI-NFP.) C’est la démocratie et vous ne pouvez pas le refuser de prime abord. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et HOR.)J’en profite pour répondre au président Vallaud que, par définition, le texte budgétaire entrera dans l’hémicycle pour y être discuté et amendé. Il évoluera au gré des discussions car les différentes interventions de cet après-midi montrent que les sujets qui feront débat ne manquent pas – les ministres en sont bien conscients. La vraie règle sera de permettre cet exercice parlementaire inédit pour que de la discussion entre ceux qui gouvernent et les oppositions émerge la copie la plus intelligible possible. Il y aura non des compromissions mais des compromis, qu’il faudra bâtir. Je prends bien la mesure du défi qui se présente aux présidents de groupe, au ministre en charge des relations avec le Parlement et à l’ensemble des ministres, mais c’est un défi qui mérite d’être relevé car nous croyons en la démocratie représentative.Madame la présidente Panot, votre énergie est bien connue en ses murs. Si, pour reprendre les mots de Michel Barnier, j’ai du respect pour vous, il est une chose que je ne peux vraiment pas accepter de vous entendre dire : c’est que la France a participé à un génocide à Gaza. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR.)
M. Sébastien Lecornu. Aucune arme française n’a été livrée à Tsahal. Alors que je ne cesse de le répéter depuis trois ans, vous maintenez ce mensonge. (Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Vous ne faites jamais état des distributions de vivres, de denrées alimentaires et de médicaments réalisées par les forces armées françaises au bénéfice des populations de Gaza ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR.) Vous n’évoquez jamais ce que l’armée française a fait à Al-Arich avec le navire-hôpital Dixmude ! Vous ne parlez jamais de l’engagement de nos forces armées à la frontière, au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), alors que des soldats ont été blessés ! (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR. – Exclamations sur les bancs du groupe LFI-NFP.)Arrêtez de caricaturer et de mentir sur la position de la France à propos d’un sujet aussi grave et aussi sensible ! ( Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR. – M. Yannick Favennec-Bécot applaudit également.) Arrêtez de monter les Françaises et les Français les uns contre les autres ! Si vous avez le droit de vous opposer et d’être brutale, vous n’avez pas celui de mentir sur un sujet aussi grave. C’est une question de dignité – et c’est pour la République ! (Vifs applaudissements sur les bancs des groupes EPR, DR, Dem et HOR, dont plusieurs députés se lèvent, ainsi que sur certains bancs du groupe RN.)
M. Sébastien Lecornu. En conclusion, je me tiendrai à la disposition du Parlement autant qu’il le faudra, avec l’ensemble des ministres. Si je souhaite que le débat soit le plus franc possible et que la démocratie fonctionne, cela doit s’opérer dans le respect, notamment envers les membres du gouvernement.Un bon chef doit défendre les membres de son équipe. Monsieur le président Chenu, les ministres ne sont ni des marionnettes ni des ventriloques ! Lorsqu’un ancien président de la SNCF accepte d’entrer au gouvernement pour servir son pays, il ne s’agit pas d’un alibi. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes EPR et DR.) Si le préfet de police de Paris, grand préfet de la République, accepte de devenir ministre de l’intérieur, ce n’est pas parce qu’il est une marionnette. Entendre un vice-président de l’Assemblée nationale parler à la tribune de Mme Touraine comme si elle était dans la tombe me semble tout à fait inapproprié. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EPR, SOC et Dem.)
M. Erwan Balanant. Oui, c’est honteux !
M. Sébastien Lecornu. Je le dis d’autant plus facilement que je refuse d’entendre ce type de propos à l’encontre de Mme Le Pen.
M. Sébastien Lecornu. La question du respect des personnes est fondamentale dans notre démocratie. Le débat peut avoir lieu ici – nous l’attendons –, mais il doit se tenir dans la dignité. (Applaudissements sur les bancs des groupes EPR et Dem, ainsi que sur quelques bancs du groupe DR. – Mme Marie-Agnès Poussier-Winsback applaudit également.)