(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)
Explosion dans le 5e arrondissement
Mme la présidente (SOC). Avant d’entamer nos débats, je voudrais exprimer au nom de l’Assemblée nationale, et en votre nom à toutes et tous, nos remerciements aux forces de secours qui interviennent actuellement dans le 5e arrondissement de Paris à la suite de la terrible explosion qui y est survenue, ainsi que nos pensées pour l’ensemble des blessés. (Mmes et MM. les députés se lèvent et applaudissent.)
Suite de la discussion d’un projet de loi
Mme la présidente (SOC). L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi visant à donner à la douane les moyens de faire face aux nouvelles menaces (nos 1301, 1352).
Discussion des articles (suite)
Mme la présidente (SOC). Cet après-midi, l’Assemblée a poursuivi la discussion des articles du projet de loi, s’arrêtant à l’amendement no 114 à l’article 14.
Article 14 (suite)
Mme la présidente (SOC). La parole est à M. Romain Daubié, pour soutenir l’amendement no 114.
M. Romain Daubié (DEM). À titre préalable, permettez-moi de vous faire part d’une conviction profonde : la nécessité de lutter contre toutes les formes de trafics, que ce soit en matière de stupéfiants, de drogue ou de tabac. Le projet de loi visant à donner à la douane les moyens de faire face aux nouvelles menaces me permet de m’exprimer sur le sujet du tabac contrefait.Il y a moins d’un an, j’étais encore maire d’une commune comptant un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV). J’ai pu constater les dégâts qu’entraînaient les trafics de stupéfiants et de drogue. J’ai vu des personnes qui étaient perdues pour la République, notamment de très jeunes gens, payés à la journée pour prévenir, par des sifflets, de l’arrivée des forces de l’ordre.Outre les stupéfiants, un nouveau fléau se développe désormais : celui du tabac contrefait. Il est toujours compliqué de chiffrer ce qui est illégal ; néanmoins, on estime que les produits contrefaits représentent 15 % de la consommation actuelle de tabac. Au-delà des pertes de recettes pour l’État, monsieur le ministre délégué chargé des comptes publics, cela pose un problème de santé publique puisque circulent des produits sur lesquels aucun contrôle sanitaire n’a été effectué – on ne sait pas toujours très bien ce qu’on fume. Cela crée aussi une concurrence déloyale vis-à-vis des revendeurs de tabac qui sont parfois, avec le boulanger, les seuls commerces de nos villes et de nos villages.Nous faisons face à des délinquants d’une nouvelle génération, qui ont compris que les peines encourues pour les contrefaçons de tabac étaient moins importantes que celles liées au trafic de stupéfiants et qui se sont engouffrés sur ce marché, qui permet de dégager des marges significatives. Je ne rappellerai pas à la représentation nationale le démantèlement, en janvier, de l’usine clandestine de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, près de Rouen, dans laquelle plus de 50 tonnes de cigarettes ont été trouvées. Il y a des gens qui sont capables de mettre en place des procédures industrielles et de mobiliser des capitaux.
M. Romain Daubié (DEM). Je termine, madame la présidente, si vous le voulez bien. Le présent amendement vise donc à porter de trois à cinq ans la peine d’emprisonnement encourue pour la contrebande des produits du tabac. (Mme Ségolène Amiot s’exclame.)
Mme la présidente (SOC). La parole est à Mme Nadia Hai, rapporteure de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire, pour donner l’avis de la commission.
Mme Nadia Hai (RE). Nous nous rejoignons sur la nécessité de lutter sans relâche contre les trafics en tous genres. Vous avez raison, les trafics de tabac prennent une place très importante, notamment dans certains quartiers prioritaires, et la ville de Montluel – dont vous avez été le maire – n’y échappe pas.Le projet de loi prévoit une aggravation des peines d’emprisonnement liées au trafic de tabac – nous avons eu cette discussion cet après-midi, juste avant la levée de séance. Les porter à trois ans représente déjà un palier supplémentaire, qui se rapproche davantage des peines d’emprisonnement encourues dans le cas des trafics de stupéfiants. C’est pourquoi nous pensons que cette durée est suffisante. Avis défavorable, même si nous partageons votre volonté de lutter contre les guerres de territoires menées dans les quartiers, en particulier les plus fragiles.
Mme la présidente (SOC). La parole est à M. le ministre délégué chargé des comptes publics, pour donner l’avis du Gouvernement.
M. Romain Daubié (DEM). Je salue les efforts consentis. Néanmoins, il faudrait pousser le curseur un peu plus loin : contrairement à ce qui a pu être dit auparavant, la prison ne représente pas un danger pour les délinquants. La réponse ne me semble donc pas adaptée. Si, par extraordinaire, mon amendement devait être rejeté, il faudrait que des circulaires soient envoyées aux parquets pour que la loi de la République s’applique partout.
Mme la présidente (SOC). La parole est à M. Alexandre Sabatou, pour soutenir l’amendement no 30.
M. Alexandre Sabatou (RN). Monsieur le ministre délégué, vous déclariez récemment dans les médias que la majeure partie des vendeurs à la sauvette de tabac de contrebande étaient des étrangers. Il est désormais temps d’agir et nous ne pouvons plus nous contenter de « peut être ». C’est pourquoi nous proposons d’inscrire à l’alinéa 4 de l’article 14 que l’interdiction du territoire français « est » prononcée, au lieu de « peut être » prononcée. Les délinquants étrangers doivent être interdits de territoire. Nous savons bien que lorsqu’on propose une fourchette large, il ne se passe rien. C’est le cas s’agissant des obligations de quitter le territoire français (OQTF) : dans la majeure partie des cas, elles ne sont pas appliquées.
M. Alexandre Sabatou (RN). Mettons fin à ce laisser-faire. Le présent amendement constitue un premier pas en ce sens. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)
(L’amendement no 30, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Mme la présidente (SOC). Je suis saisie de quatre amendements, nos 283, 286, 285 et 308, pouvant être soumis à une discussion commune.La parole est à M. Pierrick Berteloot, pour soutenir l’amendement no 283.
M. Pierrick Berteloot (RN). La situation sécuritaire de la France est suffisamment grave pour qu’elle n’accueille pas sur son territoire des délinquants étrangers qui ont volontairement violé les lois de la République en se rendant coupables d’actes de contrebande et d’importation de marchandises illicites. Cet amendement propose donc d’interdire à vie de territoire tout étranger reconnu coupable de tels délits.
Mme la présidente (SOC). Les amendements nos 286 et 285 de M. Laurent Jacobelli sont défendus.La parole est à M. Mickaël Bouloux, pour soutenir l’amendement no 308.
M. Mickaël Bouloux (SOC). Bien que ces amendements soient soumis à une discussion commune, mon amendement n’a rien de commun avec ceux qui viennent d’être défendus. Certes, il faut lutter contre le trafic de tabac, voire contre l’usage du tabac, grâce à des campagnes de prévention et des politiques publiques de santé. Pour cela, il faut mobiliser des moyens et non pas se lancer dans une course à qui affichera la plus lourde sanction. Il faut des moyens de lutte et de prévention, disais-je, et ne pas se faire plaisir en instituant des peines disproportionnées qui toucheront davantage les lampistes du trafic que ses rouages et ne s’attaqueront pas à l’argent généré par les réseaux mafieux.C’est pourquoi il me semble qu’un éloignement proportionné et effectif serait plus efficace, car plus juste. Si je ne conteste pas cette nouvelle possibilité d’interdiction du territoire, je souhaite la limiter à trois ans pour qu’elle soit davantage proportionnée. Tel est l’objet de mon amendement. Trois ans me semblent une durée suffisante pour réfléchir à l’acte illégal commis. Bien sûr, un juge pourra décider d’une peine plus courte, mais du point de vue de notre arsenal pénal, adoptons des chiffres proportionnés aux délits. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)
Mme la présidente (SOC). Quel est l’avis de la commission sur ces amendements en discussion commune ?
Mme Nadia Hai (RE). Ces amendements sont effectivement soumis à une discussion commune, mais l’amendement de M. Bouloux est en totale contradiction avec les précédents.
Mme Nadia Hai (RE). Le côté droit de l’hémicycle propose d’alourdir la peine d’interdiction du territoire, tandis que le côté gauche nous demande de l’alléger. La proposition formulée dans le texte me paraît équilibrée. C’est pourquoi je suggère de nous en tenir là et émets un avis défavorable aux propositions émanant tant du côté droit que du côté gauche.
(Les amendements nos 283, 286, 285 et 308, repoussés par le Gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)
Mme la présidente (SOC). La parole est à M. Pierrick Berteloot, pour soutenir l’amendement no 284.
M. Pierrick Berteloot (RN). Il propose de porter à dix ans la durée de l’interdiction du territoire français, sans se contenter d’une fourchette pouvant aller jusqu’à dix ans, pour tout étranger reconnu coupable dudit délit.
(L’amendement no 284, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Mme la présidente (SOC). Je vous informe que sur l’amendement no 94, je suis saisie par le groupe Rassemblement national d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Christophe Blanchet, pour soutenir l’amendement no 94.
M. Christophe Blanchet (DEM). L’alinéa 4 de l’article 14 prévoit que « l’interdiction du territoire français peut être prononcée, pour une durée pouvant aller jusqu’à dix ans, à l’encontre de tout étranger coupable du délit mentionné à l’article 414 [du code des douanes] et portant sur les produits du tabac manufacturé ou les stupéfiants ».Il est normal qu’un étranger coupable de trafic de stupéfiants puisse être interdit de territoire pendant dix ans, ce marché pesant 3 milliards d’euros. Le projet de loi prévoit que la même interdiction s’applique au trafic de tabac, qui représente lui aussi 3 milliards en France.Le présent amendement propose d’inclure également les marchandises contrefaisantes et les médicaments falsifiés, autrement dit tout ce qui relève de la contrefaçon, ce marché représentant 10 milliards d’euros dans notre pays. Pourquoi expulserions-nous pendant dix ans des étrangers ayant commis des faits très graves liés aux trafics de drogue ou de tabac, qui pèsent chacun 3 milliards d’euros, et n’appliquerions-nous pas un principe d’égalité et d’équité aux délits liés à la contrefaçon, qui pèse 10 milliards ?Au cours de nos débats, nous avons rappelé que la contrefaçon est un marché criminel, organisé par des réseaux mafieux qui mettent en danger la santé publique, voire nos enfants : savez-vous, mes chers collègues, que les jeux et les jouets pour enfants sont les produits les plus contrefaits en France ? Permettez-moi de vous donner un exemple très concret, celui des cartes Pokémon contrefaites : lorsque les enfants les portent à leur bouche, l’encre, qui contient du mercure, se dilue. Ces cartes ont entraîné en 2022 près de vingt hospitalisations. C’est pourquoi nous devons assurer la sécurité. On retrouve ces produits sur des marchés parallèles, dans la rue, dominés par des réseaux mafieux qui organisent la traite d’êtres humains – car les pauvres gens qui vendent dans la rue le font pour survivre – et mettent en danger notre sécurité.C’est pourquoi je vous demande, par cet amendement, de faire preuve d’équité en sanctionnant d’une interdiction du territoire tout délit relevant non seulement du trafic de drogue ou de tabac, mais aussi de la contrefaçon.
Mme Nadia Hai (RE). Votre cause est noble, monsieur Blanchet, et nous ne pouvons que vous rejoindre dans le combat que vous menez. Cependant, je pense que ce projet de loi n’est pas le bon véhicule. Il vise à s’attaquer au trafic de tabac. Vous proposez d’élargir le champ des sanctions à d’autres formes de contrebande – la contrefaçon de marchandises et de médicaments. Je vous renverrai plutôt vers un texte relevant de la Chancellerie. Avis défavorable.
M. Philippe Latombe (DEM). Le groupe Démocrate ne donnera pas de consigne de vote, ce qui permettra à chacun de ses membres de se prononcer librement sur cet amendement. À titre personnel, je le voterai.
M. Kévin Mauvieux (RN). Je soutiens l’amendement de notre collègue Blanchet, avec qui je suis rapporteur de la mission de suivi de l’évaluation de la lutte contre la contrefaçon. Ce qu’il dit est important et je ne comprends pas l’argument selon lequel ce texte ne serait pas adapté ni pour quelle raison il faudrait attendre un texte portant sur la justice.La contrefaçon est un problème de santé publique. Elle est aussi un problème économique, nous ne le nions pas : près d’une dizaine de milliards d’euros sont perdus chaque année, mais qu’ils le soient maintenant ou dans six mois ne change pas grand-chose à l’endettement du pays. En revanche, les enfants qui portent à leur bouche des cartes Pokémon dangereuses ou les fumeurs qui achètent un paquet de cigarettes de contrebande à la sortie du métro Invalides parce qu’il coûte deux fois moins cher, mais polluera trois fois plus leurs poumons, mettent en jeu leur santé. Ce sont la santé et la vie des Français qui sont en jeu !Nous ne pouvons attendre quelques mois ou quelques années pour en parler sous prétexte que ce projet de loi ne porte pas directement sur la contrefaçon. Il faut prendre les mesures nécessaires dès maintenant, en étendant à la contrefaçon les sanctions prévues dans ce texte. On parle depuis des décennies de contrebande et de trafic de stupéfiants, mais on n’agit jamais contre la contrefaçon. Je n’étais pas député sous la précédente législature, mais je sais que notre collègue Blanchet s’intéresse à ce sujet depuis plusieurs années et peine à obtenir des avancées. Il est temps de faire quelque chose : la contrefaçon, ce n’est pas seulement 10 milliards d’euros perdus, ce sont des vies qui sont mises en danger !Je serais curieux de savoir, si une étude était menée – car je ne crois pas qu’elle existe –, combien de personnes perdent des mois ou des années de vie à cause de produits contrefaits, aussi divers et variés qu’ils soient. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.)
Mme Émilie Bonnivard (LR). Je soutiens cet amendement et je ne comprends pas l’argument de la rapporteure et du ministre. Nous avons besoin d’agir et nous le pouvons grâce à cet amendement bien construit et cohérent, qui s’inscrit pleinement dans le cadre du présent projet de loi. Je ne comprends pas que nous ne saisissions pas cette occasion : nous ne pouvons pas la manquer et attendre un éventuel autre texte. J’aimerais comprendre la raison profonde du rejet de cet amendement, parce que je n’ai pas été convaincue par la rapporteure.
M. Christophe Blanchet (DEM). Permettez-moi de poursuivre le dialogue avec Mme la rapporteure. J’entends sa réponse : il faudrait trouver un autre véhicule législatif pour faire adopter cet amendement. Comme Mme Bonnivard, j’estime au contraire que le présent projet de loi convient tout à fait. Il se trouve que j’ai déposé le même amendement sur le projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de la justice ; au titre de l’article 45 de la Constitution, il a été considéré comme un cavalier et déclaré irrecevable. Le texte que nous examinons est donc le bon véhicule législatif pour l’adopter, afin de donner à la douane les moyens de faire face aux nouvelles menaces et de protéger nos concitoyens contre le phénomène dévastateur de la contrefaçon.La France est le deuxième pays au monde le plus touché par la contrefaçon. Nous sommes passés, en huit ans, de la septième à la deuxième place. D’ici à la fin de l’année, je préférerais nettement que nous soyons champions du monde de rugby plutôt que de la contrefaçon. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem, RN et HOR. – M. Emmanuel Pellerin applaudit aussi.)
Mme Nadia Hai (RE). Je n’ai sans doute pas été suffisamment claire sur les raisons qui me conduisent à donner un avis défavorable à cet amendement. Je pense sincèrement que ce ne serait pas pertinent : il faut conserver un équilibre dans la répression et une proportionnalité dans les peines en fonction des marchandises concernées. Il ne me semble pas pertinent d’élargir l’interdiction du territoire à d’autres marchandises prohibées, et cela pour plusieurs raisons. Pourquoi cibler uniquement celles-ci ? Comment tracer une ligne de démarcation ? Quelles sont les marchandises suffisamment dangereuses pour justifier une peine d’interdiction du territoire ?
Mme Nadia Hai (RE). Savoir où s’arrêter et poser des limites n’est ni simple, ni clair. Quelles marchandises peuvent être prohibées ? Quelles sont celles qui ne peuvent l’être ?
Mme Nadia Hai (RE). L’article 14 vise à lutter contre le trafic de tabac ; il me semble que nous devons nous en tenir à la rédaction proposée, qui crée une sanction et alourdit des peines existantes ; elle constitue un bon équilibre. Pour toutes les autres marchandises prohibées au sujet desquelles vous souhaitez aggraver les sanctions, je vous invite à identifier d’autres leviers législatifs.
M. Jocelyn Dessigny (RN). Plus elle explique pourquoi il faut rejeter l’amendement, plus j’ai envie de le voter !
M. Gabriel Attal. Nous sommes tous attachés à la lutte contre la contrefaçon. Vous-même, monsieur Blanchet, participez chaque année au congrès de l’Union des fabricants pour la protection internationale de la propriété intellectuelle (Unifab), auquel je me suis rendu lorsque j’ai pris mes fonctions. Pourquoi avons-nous prévu l’extension de l’interdiction du territoire au trafic de tabac et pas à celui des articles de contrefaçon, comme vous le souhaitez ? Tout d’abord en raison d’un enjeu d’ordre public : la vente de tabac à la sauvette est source de plus de troubles à l’ordre public que la vente de contrefaçons.
M. Gabriel Attal. Dans certains points de deal de tabac, la situation peut virer à l’agression et au harcèlement. C’est le cas à la sortie de certaines stations de métro à Paris, mais on m’a également parlé de harcèlement à Toulouse ou ailleurs. La deuxième raison, c’est que le juge pénal connaît assez peu de cas de contrefaçon.
M. Gabriel Attal. La douane interpelle peu les vendeurs à la sauvette de contrefaçons ; ils sont plutôt arrêtés par la police. De plus, les marques portent rarement plainte contre un vendeur à la sauvette de cartes Pokémon, pour reprendre votre exemple. Par conséquent, intégrer la contrefaçon à ce texte serait essentiellement symbolique. Nous souhaitons donc en rester à ce que prévoit le texte : une extension de l’interdiction du territoire au trafic de tabac de contrebande, sans étendre le champ à d’autres produits. Nous devons néanmoins lutter contre la contrefaçon et les médicaments falsifiés, ce que nous faisons.
Mme la présidente (SOC). Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 99 Nombre de suffrages exprimés 96 Majorité absolue 49 Pour l’adoption 35 Contre 61
(L’amendement no 94 n’est pas adopté.)
Mme la présidente (SOC). La parole est à M. Mickaël Bouloux, pour soutenir les amendements nos 311 et 310, qui peuvent faire l’objet d’une présentation groupée.
M. Mickaël Bouloux (SOC). Sans revenir sur l’orientation du texte, qui alourdit les peines pour trafic de tabac – c’est sans doute nécessaire compte tenu du développement de celui-ci –, ces amendements visent à établir des peines proportionnées. Passer d’un à deux ans pour trafic simple et de cinq à sept ans pour trafic en bande organisée, dans un premier temps, me semble être plus proportionné qu’un alourdissement irréfléchi des peines. Sinon, pourquoi ne pas prévoir dix, vingt ou trente ans de prison ? On peut se faire plaisir, mais cela ne constitue pas une réponse efficace.Je suis lucide et ne me fais pas d’illusion quant à l’adoption de ces amendements, mais je m’en serais voulu de ne pas évoquer ce point afin de donner à réfléchir.
Mme Nadia Hai (RE). Entre vous, monsieur Bouloux, qui souhaitez réduire les peines en évoquant une peine proportionnée, et vos collègues de la droite de l’hémicycle qui souhaitent les augmenter, j’estime que les mesures figurant dans le texte servent les objectifs en la matière. Avis défavorable.
(Les amendements nos 311 et 310, repoussés par le Gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)
Mme la présidente (SOC). La parole est à Mme Sabrina Agresti-Roubache, pour soutenir l’amendement no 128.
Mme Sabrina Agresti-Roubache (RE). Il vise à renforcer la sanction de fermeture provisoire prévue à l’article 1825 du code général des impôts, en la faisant passer de trois à six mois pour les établissements où ont été constatées des fraudes telles que la fabrication de tabacs ; la détention frauduleuse en vue de la vente de tabacs fabriqués ; la vente, y compris à distance, de tabacs fabriqués ; le transport en fraude de tabacs fabriqués ; l’acquisition à distance, l’introduction en provenance d’un État membre de l’Union européenne ou l’importation en provenance de pays tiers de produits du tabac manufacturé acquis dans le cadre d’une vente à distance.
M. Gabriel Attal. Je remercie Mme Agresti-Roubache pour cet amendement, qui fait suite à notre déplacement conjoint à Marseille ; Mme la rapporteure était également présente. Lors d’une descente de nuit dans des bars à chicha en vue de vérifier si le tabac vendu était issu de la contrebande, nous avons découvert, dans le premier bar contrôlé, 65 kilogrammes de tabac de contrebande ! Pour l’instant, les fermetures administratives ne peuvent excéder trois mois ; si vous adoptez cet amendement, elles pourront durer jusqu’à six mois, ce qui permet de frapper au porte-monnaie et de décourager certains commerces d’effectuer ces ventes illégales.Dans le cadre de l’opération Colbert, que j’ai lancée avec les douanes il y a quelques jours, nous avons contrôlé quelque 500 commerces, notamment nocturnes : 90 % d’entre eux vendaient du tabac de contrebande. Les contrôles étaient ciblés sur les commerces pour lesquels des doutes existaient, mais cela n’en montre pas moins l’ampleur du phénomène. Il faut envoyer un message de fermeté, ce que fait votre amendement. Avis favorable.
M. Yoann Gillet (RN). Nous soutenons évidemment cet amendement : nous ne saurions nous y opposer, puisque c’est un copier-coller, à la virgule près, d’un article de ma proposition de loi, que j’ai évoquée tout à l’heure. Il en va de même pour l’amendement no 156. Je vous félicite donc de vos bonnes lectures, chers collègues ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN.) Surtout, je vous invite à vous saisir du sujet !Lors du congrès des buralistes de France, les 20 et 21 octobre 2022, M. le ministre délégué a déclaré vouloir s’attaquer à la contrebande de tabac. Le 16 décembre dernier, sur France Info, il disait : « Il faut donc agir par respect pour les buralistes et leur permettre de tenir. » Monsieur le ministre délégué, si vous voulez respecter les buralistes, rencontrons-nous et travaillons ensemble dans l’intérêt général, afin de sauver les buralistes et de lutter efficacement et complètement contre la vente illicite de tabac ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Mme la présidente (SOC). La parole est à M. Robin Reda, pour soutenir l’amendement no 156.
M. Robin Reda (RE). À mon tour, je me réjouis de l’adoption de l’amendement n° 128, qui porte à six mois la durée maximale de la fermeture administrative d’une épicerie de nuit complice de trafic. Cette possibilité va nous permettre de soulager la colère des nombreux Français qui sont confrontés aux nuisances des épiceries ouvertes la nuit, sources de tapage, d’attroupements et de bruit, et qui provoquent la création de bars de rue non autorisés.Je salue ici les riverains, les maires et les préfets qui, avec les forces de l’ordre et les douaniers, contribuent à faire fermer ces établissements, souvent après des procédures assez longues quoique déterminées.Parce que ces arrêtés de fermeture administrative ne sont pas toujours respectés, le présent amendement vise à aller plus loin dans les sanctions applicables à ces commerces, grâce auxquels la criminalité a pignon sur rue, en portant à 3 750 euros et deux mois d’emprisonnement les sanctions applicables à ceux qui ne respecteraient pas les arrêtés de fermeture des épiceries de nuit.
Mme Nadia Hai (RE). Merci, monsieur Reda, pour votre amendement. Pour ma part, je me satisfais que le député Gillet découvre, après un an dans cette assemblée, que le Rassemblement national n’a pas le monopole du bon sens ; nous l’avons toutes et tous dans cet hémicycle. (Protestations sur les bancs du groupe RN.)
Mme Nadia Hai (RE). Nous venons d’évoquer la fermeture administrative des établissements ; il me semble normal que ceux qui ne s’y conforment pas soient passibles d’une sanction beaucoup plus ferme et d’une peine d’emprisonnement. Je vous invite donc, chers collègues, à compléter l’amendement de Mme Agresti-Roubache en adoptant celui-ci. Avis favorable.
M. Yoann Gillet (RN). Nous n’avons sans doute pas le monopole du bon sens, mais nous travaillons dans l’intérêt général. Nous nous félicitons donc que certains collègues reprennent mot pour mot nos propositions, et les invitons même à procéder systématiquement ainsi !
M. René Pilato (LFI-NUPES). Ce serait de la contrefaçon !
M. Yoann Gillet (RN). En effet, nos propositions relèvent du bon sens et servent l’intérêt général. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
(L’amendement no 156 est adopté.)
Mme la présidente (SOC). Sur l’article 14, je suis saisie par le groupe Renaissance d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.Puisque nous avons examiné tous les amendements à l’article 14, je vous propose de le mettre immédiatement aux voix, tel qu’il a été amendé. (Assentiment.)
(Il est procédé au scrutin.)
Mme la présidente (SOC). Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 108 Nombre de suffrages exprimés 105 Majorité absolue 53 Pour l’adoption 93 Contre 12
(L’article 14, amendé, est adopté.)
Article 14 bis A
(L’article 14 bis A est adopté.)
Après l’article 14 bis A
Mme la présidente (SOC). La parole est à Mme Sabrina Agresti-Roubache, pour soutenir l’amendement no 402.
Mme Sabrina Agresti-Roubache (RE). Il s’agit d’un amendement du groupe Renaissance. La commission des finances a souhaité porter à une fourchette de 100 à 750 euros l’amende fiscale prévue au I de l’article 1791 du code général des impôts, qui constitue la disposition générique de sanction en matière de contributions indirectes et peut actuellement aller de 15 à 750 euros. Il s’agit simplement de mettre l’article en cohérence avec les dispositions du code général des impôts.
Mme Nadia Hai (RE). Avis favorable. Faisant suite à une proposition de M. Lefèvre, cet amendement de coordination nous permettra d’harmoniser l’amende fiscale prévue dans le code général des impôts.
(L’amendement no 402, accepté par le Gouvernement, est adopté.)
Mme la présidente (SOC). Sur l’amendement no 91, je suis saisie par le groupe Démocrate (MODEM et indépendants) d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.
Article 14 bis B
Mme la présidente (SOC). La parole est à Mme Véronique Louwagie, pour soutenir l’amendement no 133.
Mme Véronique Louwagie (LR). L’article 14 bis B prévoit que le Gouvernement remet au Parlement, avant le 31 janvier 2024, un rapport relatif au coût total du trafic de tabac, à la perte de recettes qui en résulte pour la sécurité sociale et à la valeur des saisies réalisées par les douanes. Étant donné l’ampleur et l’évolution du marché parallèle du tabac, du commerce illicite et des nouveaux moyens qui se développent, je propose de rendre annuel ce rapport. En effet, il est certes intéressant d’obtenir un document décrivant la situation à une date donnée, mais il est plus intéressant encore d’en mesurer l’évolution, en évaluant notamment l’impact d’un dispositif appelé à perdurer.En outre, je souhaite que les principaux acteurs de la filière, comme la Confédération nationale des buralistes, soient associés à l’élaboration de ce rapport. En effet, la rédaction actuelle de l’article ne fait aucune mention des conséquences qu’entraîne pour les buralistes le commerce illicite du tabac. Les buralistes éprouvent de grandes difficultés à mesurer son effet qu’ils savent pourtant considérable et qui varie selon les régions, affectant particulièrement les zones frontalières. Il paraît donc important d’apporter une réponse à cette question.
Mme Nadia Hai (RE). Nous en avons débattu en commission des finances, où nous avons adopté l’amendement, défendu par Lise Magnier et Éric Woerth, dont est issu l’article 14 bis B. Je crois préférable de nous en tenir à sa rédaction actuelle, car elle conduira à un rapport plus informatif.En effet, le plan Tabac 2023-2025 prévoit déjà d’actualiser les travaux relatifs au marché parallèle du tabac et d’y associer la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) et la société civile. Votre amendement est donc satisfait.En outre, la rédaction actuelle de l’article nous permettra d’obtenir des informations relatives aux pertes de recettes pour la sécurité sociale, ce qui ne serait rendu possible ni par le plan ministériel, ni par votre amendement. Je vous invite donc à le retirer et à nous en tenir à la demande de rapport adoptée en commission.
Mme Émilie Bonnivard (LR). Je souhaite savoir si le rapport prévu par l’article prêtera une attention particulière aux territoires frontaliers et à l’effet du commerce illicite sur les buralistes qui y sont implantés. Il s’agit en effet d’un point crucial.
Mme Émilie Bonnivard (LR). Pourriez-vous nous répondre à ce sujet ? Les buralistes des territoires frontaliers sont particulièrement fragilisés. En tiendrez-vous compte en incluant dans le rapport une expertise spécifique à leur cas ?
M. Gabriel Attal. Je confirme que nous nous attacherons, dans le cadre du rapport, à évaluer les conséquences du trafic pour l’ensemble des buralistes, en prêtant une attention particulière aux buralistes des territoires frontaliers, qui sont sans doute les plus durement affectés. Au cours de mes fréquents déplacements, j’ai eu l’occasion de me rendre au Perthus, ou encore à la frontière belge.
M. Gabriel Attal. J’ai constaté les difficultés que rencontrent les buralistes frontaliers de pays où le prix du paquet de cigarettes est moins élevé qu’en France. Dans le cadre du nouveau protocole d’accompagnement que j’ai signé avec la Confédération des buralistes, nous avons d’ailleurs prévu un filet de sécurité applicable spécifiquement à ceux qui souffrent d’une diminution brutale de leur chiffre d’affaires. Je vous rassure : en élaborant le rapport, nous nous pencherons avec attention sur cette question.
(L’amendement no 133 n’est pas adopté.)
Mme la présidente (SOC). L’amendement no 69 de Mme Marie-Christine Dalloz est défendu.
(L’amendement no 69, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Mme la présidente (SOC). La parole est à M. Christophe Blanchet, pour soutenir l’amendement no 91.
M. Christophe Blanchet (DEM). L’article 14 bis B prévoit la remise d’un rapport « sur le coût total du trafic de tabac, sur la perte de recettes résultant, pour la sécurité sociale, de la contrebande et du trafic illégal des produits du tabac et sur la valeur des saisies réalisées par les douanes ». Par cet amendement de précision, je propose de distinguer la contrebande de la contrefaçon. En effet, nous ne disposons d’aucune information permettant de déterminer quelle part des 649 tonnes de produits saisis relève de la contrebande et quelle part relève de la contrefaçon.Monsieur le ministre délégué, voilà un an que votre ministère m’a nommé président du comité national anti-contrefaçon (Cnac). Je témoigne qu’on demande régulièrement à cet organisme de fournir ces données afin de déterminer l’origine et d’assurer le suivi des produits du tabac. Le tabac de contrebande ou de contrefaçon arrive en France par plusieurs voies, par exemple par container – surtout pour la contrebande – ou par colis postal individuel. Chers collègues, je vous invite à taper sur un moteur de recherche le mot « cigarettes » : vous serez surpris du nombre d’annonces qui apparaîtront sur votre écran, vous proposant de recevoir un produit à domicile en moins de vingt-quatre heures.L’amendement permettrait donc une distinction utile. Je souligne un autre problème récurrent lié à un conflit géopolitique : des usines de contrefaçon opèrent sur le sol français. L’une d’entre elles a été démantelée récemment dans ma région ; je sais que la Normandie se vante d’être une terre de richesses, mais je préférerais que cela ne soit pas le cas s’agissant du tabac ! Il est donc crucial d’identifier l’origine de ces produits dangereux, afin de mieux accompagner le Gouvernement dans sa lutte contre la contrefaçon et la contrebande. Tel est l’objet de mon amendement. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)
Mme Nadia Hai (RE). Effectivement, contrefaçon et contrebande ne sont pas synonymes. Il paraît donc utile de mentionner explicitement la contrefaçon dans la demande de rapport. Avis favorable. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN.)
M. Olivier Marleix (LR). La cigarette de contrefaçon est encore plus nuisible que la cigarette de contrebande. On estime en effet qu’elle représente entre 35 et 40 % du marché de la cigarette en France. Certains de ces produits, fabriqués dans des usines ne respectant aucune norme, contiennent un tabac dont personne ne sait comment il a été cultivé et des produits encore plus nocifs que ne l’est habituellement le tabac.À cela s’ajoute la perte considérable de recettes fiscales pour l’État, qui s’élève à environ 7 milliards d’euros. Monsieur le ministre délégué, vous qui envisagez de diminuer le remboursement des soins dentaires pour économiser 500 millions, pensez que 7 milliards d’euros vous échappent !Enfin, en manquant d’efficacité dans la lutte contre la cigarette de contrefaçon, nous laissons tragiquement nos compatriotes – souvent les plus modestes – s’empoisonner en inhalant des produits mal connus et très nocifs pour la santé.Pour toutes ces raisons, il est indispensable de combattre résolument la contrefaçon, comme le propose M. Blanchet. Les services de votre ministère sont parvenus en janvier à démanteler une immense usine située à proximité de Rouen, où des centaines de millions de cigarettes avaient été fabriquées à notre insu. Il est urgent d’avancer en la matière. Certains pays comme l’Italie ont réussi à lutter efficacement contre la contrefaçon, malgré des difficultés évidentes – le port de Naples, par exemple, est particulièrement exposé au trafic. Il faut s’y mettre, monsieur le ministre délégué.
Mme la présidente (SOC). Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 131 Nombre de suffrages exprimés 116 Majorité absolue 59 Pour l’adoption 116 Contre 0
(L’amendement no 91 est adopté.) (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RE, Dem et HOR et sur quelques bancs des groupes RN et LR.)
M. Olivier Marleix (LR). Les députés de la France insoumise se sont abstenus !
Mme la présidente (SOC). La parole est à Mme Véronique Louwagie, pour soutenir l’amendement no 141.
Mme Véronique Louwagie (LR). Il s’agit d’un amendement de repli par rapport à l’amendement no 133. Je propose simplement d’évoquer parmi les objets du rapport relatif au trafic « l’impact financier qui en découle pour les débitants de tabac ». Monsieur le ministre délégué, vous avez assuré à Mme Bonnivard que cela pouvait être mesuré. Les buralistes concernés espèrent ardemment cette information et souhaitent s’organiser pour faire face au trafic.Il nous faut mesurer les conséquences financières du trafic non seulement sur les recettes de l’État, mais également sur le chiffre d’affaires des débitants de tabac, qui attendent une réponse.
Mme Nadia Hai (RE). Je n’étais pas vraiment favorable à l’amendement avant que vous le présentiez, car la société civile est déjà intégrée dans les travaux lancés par le Gouvernement dans le plan Tabac 2023-2025. Après vous avoir entendue, je m’en remets à la sagesse de l’Assemblée. Les éléments que vous avez mentionnés sont effectivement utiles car il est important de mesurer l’impact financier pour les débitants de tabac.
M. Gabriel Attal. Pour les raisons avancées par Mme la rapporteure, j’émets même un avis favorable !
(L’amendement no 141 est adopté.)
(Mme Émilie Bonnivard applaudit.)
Mme la présidente (SOC). Je suis saisie de quatre amendements identiques, nos 1, 159, 214 et 365.La parole est à Mme Lise Magnier, pour soutenir l’amendement no 1.
Mme Lise Magnier (HOR). Je tiens d’abord à saluer l’engagement de M. le ministre délégué dans la lutte contre le trafic de tabac. J’avais eu le plaisir de participer aux travaux de la mission d’information sur l’évolution de la consommation de tabac pendant le confinement auprès des deux corapporteurs, Éric Woerth et Zivka Park. Il me paraît important de souligner que leur rapport trouve une traduction concrète dans ce projet de loi – il est toujours intéressant de constater que les rapports d’information se traduisent aussi par des mesures concrètes.Nous avons en effet adopté en commission des finances un amendement qu’Éric Woerth et moi-même avions déposé. L’amendement no 1 vise simplement à apporter une précision. Notre amendement initial prévoyait déjà d’établir le coût pour l’État du trafic de tabac, mais il s’agissait seulement d’évaluer les pertes de recettes. Par cet amendement, je vous propose de chercher à établir un chiffre global, qui inclurait les dépenses, notamment celles qui sont liées à la mobilisation des forces de sécurité pour lutter contre ce trafic. L’objet de l’amendement est donc de rendre le rapport plus précis. (Applaudissements sur les bancs du groupe HOR.)
Mme la présidente (SOC). Les amendements nos 159 de M. Alexandre Vincendet et 214 de M. Robin Reda sont défendus.La parole est à M. Michel Castellani, pour soutenir l’amendement no 365.
M. Michel Castellani (LIOT). Je ferai la même remarque que précédemment. Dès lors qu’on demande un rapport, on ne peut que vouloir qu’il soit complet. En l’occurrence, il y a les deux plateaux de la balance : le manque à gagner pour l’État et les dépenses engagées par ce dernier. Nous appelons donc à voter ces amendements.
Mme la présidente (SOC). Quel est l’avis de la commission sur ces quatre amendements identiques ?
Mme Nadia Hai (RE). Pour tout vous avouer, je suis partagée à l’égard de cette demande de rapport, car il me semble compliqué de réunir les informations sur le coût de la mobilisation de l’ensemble des forces de sécurité intérieure qui luttent contre le trafic de tabac. Je pense que cette demande n’aboutira qu’à des résultats incertains. Je serais donc tentée d’émettre un avis défavorable en considérant la faisabilité, mais je reconnais bien volontiers l’intérêt de disposer de telles données, aussi j’émets un avis de sagesse. (« Ah ! » sur les bancs du groupe HOR.)
M. Gabriel Attal. Je tiens à souligner à mon tour que ces données sont très compliquées à réunir et à chiffrer, ne serait-ce que parce que – fort heureusement – les forces de sécurité interviennent à la fois dans la lutte contre le tabac et dans la lutte contre d’autres trafics. Toutefois, étant donné que Mme la rapporteure souhaite que l’on fasse l’effort maximal pour le chiffrer, j’émets également un avis de sagesse.
(Les amendements identiques nos 1, 159, 214 et 365 sont adoptés.)
(L’article 14 bis B, amendé, est adopté.)
Article 14 bis
Mme la présidente (SOC). L’amendement no 299 de M. Mickaël Bouloux est défendu.
(L’amendement no 299, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
(L’article 14 bis est adopté.)
Après l’article 14 bis
Mme la présidente (SOC). La parole est à M. Robin Reda, pour soutenir l’amendement no 158 rectifié.
M. Robin Reda (RE). Il vise à remettre de l’ordre dans les redevances perçues sur l’importation de denrées alimentaires d’origine non animale au titre des contrôles renforcés et des mesures d’urgence qui touchent les produits les plus à risque d’un point de vue sanitaire.Les redevances d’importation devraient au moins couvrir le coût de ces contrôles. Je ne résiste pas à citer le cas des aflatoxines dans les arachides : le coût du contrôle s’élève en moyenne à 420 euros alors que le montant de la redevance est fixé à 300 euros.Il s’agit donc de ne pas perdre de l’argent quand on fait des contrôles.
Mme Nadia Hai (RE). La rédaction de l’amendement prévoit que la redevance pour l’importation des denrées alimentaires non animales est fixée par arrêté du ministre. Je vous remercie de cette précision, car cela permettra de s’adapter aux évolutions et de couvrir des coûts croissants, qui peuvent être très importants.J’émets donc un avis favorable.
Mme la présidente (SOC). L’amendement no 101 de M. Christophe Blanchet est défendu.
(L’amendement no 101, repoussé par la commission et le Gouvernement, est adopté.)
Article 15
Mme la présidente (SOC). Je suis saisie de sept amendements identiques, nos 47, 61, 65, 82, 117, 242 et 259, tendant à supprimer l’article 15.La parole est à Mme Emmanuelle Ménard, pour soutenir l’amendement no 47.
Mme Emmanuelle Ménard (NI). Je présente effectivement un amendement de suppression puisque l’objectif de l’article 15 est de donner un blanc-seing au Gouvernement pour réécrire par ordonnances l’article 60 du code des douanes.Il s’agit donc d’un amendement de principe : recourir aux ordonnances, c’est contourner les pouvoirs du Parlement. La même tentative avait déjà été faite dans le projet de loi de finances initiale pour 2023, dont l’article 98 avait les mêmes visées que celui dont nous discutons maintenant. Le Conseil constitutionnel a jugé en décembre 2022 qu’il s’agissait d’un cavalier budgétaire et a retoqué le dispositif.La rédaction de cet article 15 révèle d’ailleurs que l’article 98 du projet de loi de finances n’était, en réalité, pas du tout dicté par l’urgence. Plusieurs mois sont passés depuis l’examen du budget ; il aurait été tout à fait possible d’associer l’ensemble des acteurs, et en particulier les douaniers, aux travaux des parlementaires pour construire un texte en suivant le cheminement normal d’un projet de loi. Cela n’a pas été le cas. Les douaniers le regrettent et la plupart d’entre eux demandent la suppression de cet article.
Mme la présidente (SOC). La parole est à M. Alexandre Sabatou, pour soutenir l’amendement no 61.
M. Alexandre Sabatou (RN). Je suis ébahi par la diversité des moyens trouvés par la majorité pour contourner le Parlement. On fait ainsi passer une réforme des retraites dans un projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale.
M. Alexandre Sabatou (RN). On s’appuie sur le Conseil constitutionnel, qui casse l’article 60, présent depuis 1948 dans le code des douanes. Tout le monde savait qu’il allait tomber un jour ou l’autre, pourtant vous n’avez pas anticipé sa modification. Nous sommes dos au mur : nous n’avons pas le choix, nous devons le voter avant le 1er septembre, sinon c’est la mort de la douane.
Mme Émilie Bonnivard (LR). Vous allez réveiller les députés du groupe LFI-NUPES alors qu’ils dormaient… C’était bien !
M. Alexandre Sabatou (RN). Alors, vous revenez par la fenêtre en contredisant le Conseil constitutionnel qui, comme l’a rappelé Mme Ménard, avait retoqué en décembre 2022 l’article 98 de la loi de finances pour 2023 en jugeant que cet article était inconstitutionnel. Soyez donc clairs avec vous-mêmes et votez ces amendements de suppression ! (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)
Mme la présidente (SOC). L’amendement no 65 de M. Nicolas Sansu est défendu.La parole est à M. Mickaël Bouloux, pour soutenir l’amendement no 82.
M. Mickaël Bouloux (SOC). L’article 15 habilite pendant trois ans le Gouvernement à légiférer par ordonnances pour recodifier le code des douanes. Je rappelle à l’Assemblée que, d’après l’article 41 de notre Constitution, une habilitation à légiférer par ordonnances signifie que nos amendements portant sur le même champ deviendront irrecevables. Si l’article 15 était adopté, il pourrait nous être interdit d’apporter quelque modification que ce soit au code des douanes pendant trois ans !J’avais suggéré une autre méthode : le Gouvernement aurait préparé ses projets d’ordonnances, puis déposé un projet de loi d’habilitation à légiférer par ordonnances pendant trois mois, par exemple, en y annexant les projets d’ordonnances en question pour que nous sachions ce que nous l’autorisons à faire. D’où cet amendement de suppression : je pense que la méthode choisie n’est pas pertinente.
Mme la présidente (SOC). Sur les amendements identiques nos 47, 61, 65, 82, 117, 242 et 259, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouvelle Union populaire, écologique et sociale d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à M. Michel Castellani, pour soutenir l’amendement no 117.
M. Michel Castellani (LIOT). Je ferai le même commentaire. La décision du Conseil constitutionnel n° 2020-843 me rend très méfiant à l’égard de cet article. Je rappelle que le seul dépôt du projet de loi de ratification dans le délai prévu par la loi d’habilitation donne désormais valeur législative à une ordonnance. Nul besoin d’être docteur en droit pour comprendre que cela limite considérablement les compétences du Parlement, limitation que nous contestons vivement.
Mme la présidente (SOC). La parole est à Mme Charlotte Leduc, pour soutenir l’amendement no 242.
Mme Charlotte Leduc (LFI-NUPES). Nous demandons nous aussi la suppression de l’article 15, qui restreint, une fois de plus, les pouvoirs du Parlement au profit de l’exécutif. Nous nous opposons en effet au recours à une habilitation à légiférer par ordonnances sur un sujet aussi important pour la bonne organisation de notre économie. Le travail de nos douanes mérite un débat approfondi avec les partenaires sociaux et la représentation nationale. Les syndicats de la direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI) se sont plaints à de multiples reprises de ne pas avoir été consultés tout au long du processus de construction du projet de loi que nous examinons : ils n’ont finalement pu avoir accès au texte qu’après sa présentation en Conseil des ministres, ce qui pose évidemment problème, d’abord pour la démocratie sociale, mais aussi en termes d’efficacité. Ce projet de loi, qui avait à l’origine pour seul but de réécrire l’article 60, sera finalement une façon de vous donner les moyens de poursuivre le démantèlement des services publics. La création de la réserve opérationnelle en est la preuve criante : elle est refusée par les organisations syndicales et la voici pourtant au cœur du texte.Désormais, il faudrait aussi que l’Assemblée nationale se déleste de ses pouvoirs et autorise le Gouvernement à légiférer par ordonnances. Les règles douanières doivent relever du travail du législateur, tant il est évident que leur pouvoir de coercition présente un risque d’instrumentalisation. Nous demandons donc la suppression de cette habilitation afin que le débat démocratique puisse avoir lieu. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)
Mme la présidente (SOC). L’amendement no 259 de Mme Christine Arrighi est défendu.Quel est l’avis de la commission sur ces amendements de suppression ?
Mme Nadia Hai (RE). Pendant la présentation de vos amendements, je regardais la sous-directrice des affaires juridiques de la DGDDI. Je me souviens de l’échange que nous avons eu en commission sur la dernière recodification du code des douanes, qui remonte à 1948. Ce code contient des dispositions totalement obsolètes ; certaines ne sont tout simplement plus applicables. Inutile de vous dire que depuis 1948, l’architecture même du droit douanier a considérablement évolué, ne serait-ce que sous l’influence de l’Union européenne, qui détient une compétence exclusive sur l’union douanière.Je vous assure que le code des douanes ne se limite pas à définir l’action des douanes : celle-ci est aussi régie par des dispositions contenues dans d’autres codes ; cette dispersion des dispositions applicables nuit à la lisibilité du droit.Si nous habilitons le Gouvernement à légiférer par ordonnances, c’est tout simplement parce qu’une réorganisation du code des douanes est nécessaire, ce qui suppose un travail au niveau interministériel. Il ne s’agit pas de déposséder l’Assemblée nationale de son pouvoir (« Si ! » sur les bancs du groupe RN), mais simplement de se donner les moyens de recodifier un code vieillissant et obsolète, grâce à un travail interministériel, dans un délai très court.Nous débattrons de la durée de l’habilitation, mais je peux vous assurer que cette recodification est une opération très complexe. C’est d’ailleurs pour cette raison que cet article essentiel a été adopté à une très large majorité par les sénateurs qui, comme nous, y sont très attachés. Par conséquent, je vous invite à voter contre ces amendements de suppression, sur lesquels j’émets un avis défavorable.
M. Gabriel Attal. En cinq ans au Gouvernement, j’ai eu l’occasion de défendre devant le Parlement un certain nombre de projets de loi d’habilitation à légiférer par ordonnances. Je puis vous assurer qu’il n’y a pas plus hostile aux ordonnances qu’un sénateur de la majorité. Pourtant, le Sénat a adopté cet article à l’unanimité – même le sénateur communiste Éric Bocquet, qui avait déposé un amendement de suppression, l’a retiré en séance en réalisant la nature et l’ampleur du travail.Le code des douanes n’ayant pas été recodifié depuis 1949, s’y référer est devenu kafkaïen. Les dispositions relatives aux douanes sont éparpillées dans de nombreux autres codes, obligeant les douaniers à jongler avec le code rural et de la pêche maritime, le code de la défense ou encore le code du patrimoine ; de plus, certaines sont désormais obsolètes, comme cet article tendant à subordonner à l’autorisation du préfet l’installation d’un moulin dans une ville de plus de 2 000 habitants. Les douaniers eux-mêmes en appellent donc à la recodification du code des douanes, qui constitue leur outil de travail.Pensez-vous réellement qu’une recodification à droit constant, qui ne vise qu’à ordonnancer différemment les articles et à créer des chapitres pour que le code soit plus clair, sans rien changer au sens de la loi, a un intérêt pour les parlementaires ? Je doute que vous apprécieriez de passer des semaines sur un texte de 500 articles…
M. Ugo Bernalicis (LFI-NUPES). Avec vous, on pourrait y passer toute la vie !
M. Gabriel Attal. …ne tendant qu’à réorganiser le code. C’est d’ailleurs pour cette raison que la Commission supérieure de codification est favorable au recours à une ordonnance, tout comme le Conseil d’État, qui a validé cet article, et le Sénat, qui l’a adopté bien qu’il soit par nature opposé à toute législation par ordonnances.Je répète qu’il s’agit simplement d’une recodification à droit constant. Même si une évolution de fond se glissait par inadvertance dans l’ordonnance, soyez assurés que le Conseil d’État ne la validerait pas. La recodification, très attendue des douaniers qui en ont besoin, est donc encadrée par toutes les garanties nécessaires.
Mme la présidente (SOC). Madame la rapporteure, puisque vous avez cité un commissaire du Gouvernement, je me permets de vous rappeler qu’aux termes du règlement, ils sont assimilés à du public et ne sont donc pas autorisés à s’exprimer dans l’hémicycle. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)
Mme Nadia Hai (RE). Elle ne s’est pas exprimée et n’a donc pas enfreint le règlement !
Mme la présidente (SOC). C’est moi qui suis responsable du respect du règlement dans cette enceinte, madame la rapporteure. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et LFI-NUPES.)La parole est à Mme Émilie Bonnivard.
Mme Émilie Bonnivard (LR). Madame la rapporteure, monsieur le ministre délégué, je vous remercie pour vos réponses, mais nous ne sommes pas ici au Sénat. Nous voulons nous assurer que la recodification est purement technique, ne touchera en rien aux missions des douanes et à leur périmètre, et enfin que vous mènerez bien une concertation avec les syndicats avant de rédiger l’ordonnance.La censure de l’article 60 du code des douanes par le Conseil constitutionnel nous a offert l’occasion de renforcer les moyens des agents des douanes. Pourquoi ne pas travailler ensemble à la recodification, en toute transparence, afin d’aboutir à un code plus « propre » ?
M. Antoine Léaument (LFI-NUPES). Vos arguments ne sont pas convaincants, monsieur le ministre délégué. Rien ne vous interdit de travailler à la recodification de ce code extrêmement technique – auquel, si je vous suis, nous ne comprendrions rien – avant de le présenter à l’Assemblée nationale pour que nous, députés, puissions alors amender les points sur lesquels nous estimerions que vous avez fait des erreurs. Dans un cas aussi complexe que celui du code des douanes, c’est notre rôle de faire primer l’intelligence collective sur une décision rapide du Gouvernement. Nous pensons que c’est de la discussion entre les représentants du peuple que naîtront les meilleures décisions au service de l’intérêt général. Contrairement à vous, nous ne jugeons pas l’exécutif digne de confiance en toutes circonstances – notamment s’agissant du respect des droits, en particulier des droits de l’homme et du citoyen (M. Mathieu Lefèvre s’exclame) –, et le Gouvernement nous a prouvé à plusieurs reprises que nous avions raison. Nous ne vous faisons donc pas confiance pour recodifier un code dont les dispositions peuvent attenter aux droits de l’homme et du citoyen, et estimons que l’Assemblée ne doit pas être simplement consultée, mais directement associée aux travaux. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NUPES. – M. Benjamin Lucas applaudit également.)
M. Gabriel Attal. Je tiens à rassurer Mme Bonnivard : l’article 15, qui prévoit l’habilitation à légiférer par voie d’ordonnance, dispose que celle-ci vise à aménager le plan du code et à y inclure des dispositions non codifiées relevant du domaine de la loi et entrant dans son champ d’application, ainsi que les dispositions contenues dans d’autres codes relatives aux contributions indirectes – c’est-à-dire les dispositions figurant dans d’autres codes mais relevant tout de même de l’exercice des agents de la douane.L’objectif, je le répète, est de simplifier le travail des douaniers en leur fournissant un code rassemblant l’intégralité des dispositions relatives à leurs missions. Et si son contenu excède ne serait-ce que d’un pouce le cadre de l’habilitation, le Conseil d’État ne validera pas cette ordonnance qui sera bien entendu présentée au Parlement. Je n’ai cité l’exemple du Sénat que parce qu’il est très représentatif : alors qu’il supprime systématiquement toute habilitation à légiférer par ordonnances, il a cette fois dérogé à sa politique habituelle, preuve qu’il n’y a aucune inquiétude à avoir.
M. Sébastien Jumel (GDR-NUPES). Monsieur le ministre délégué, vous avez rappelé le choix de nos collègues sénateurs. S’il ne s’agissait que de vous permettre de tricoter une réponse adaptée avec les autres ministères, sur un texte purement technique, nous pourrions parfaitement l’accepter, sous réserve toutefois que vous preniez le soin de consulter les syndicats. Mais nous examinons la demande d’habilitation que vous nous présentez à l’aune de votre manière de gouverner, et force est de constater que, depuis que vous êtes aux responsabilités, vous ne ratez jamais une occasion de demander au Parlement de renoncer à voter, à délibérer, à donner son avis, à élaborer la loi (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR-NUPES et sur quelques bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES) – la proposition de loi visant à renforcer l’accompagnement des élus locaux dans la lutte contre l’artificialisation des sols, que nous commencerons à examiner dans quelques heures, en est une nouvelle preuve. On finit par croire que vous aimez ce mode de gouvernance : vous y nagez dans le luxe, le calme et la volupté de la solitude du pouvoir. Que nous vous invitions à ne pas prendre l’habitude de légiférer par ordonnances et de vous passer du Parlement n’est donc que justice : figurez-vous que les députés que nous sommes sont capables de comprendre même des sujets complexes ! (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR-NUPES, et sur quelques bancs des groupes LFI-NUPES et Écolo-NUPES.)
Mme la présidente (SOC). Je mets aux voix les amendements identiques nos 47, 61, 65, 82, 117, 242 et 259.
(Il est procédé au scrutin.)
Mme la présidente (SOC). Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 161 Nombre de suffrages exprimés 158 Majorité absolue 80 Pour l’adoption 73 Contre 85
(Les amendements identiques nos 47, 61, 65, 82, 117, 242 et 259 ne sont pas adoptés.)
Mme la présidente (SOC). La parole est à Mme Christine Arrighi, pour soutenir l’amendement no 267.
Mme Christine Arrighi (ECOLO). Les amendements de suppression n’ayant pas été adoptés, cet amendement tend à limiter l’habilitation du Gouvernement à légiférer par ordonnances (Brouhaha)…
Mme la présidente (SOC). Mes chers collègues, vous couvrez la voix de Mme Arrighi, qui seule a la parole. Je vous invite à l’écouter.
Mme Christine Arrighi (ECOLO). Je vous remercie, madame la présidente. Je reprends : cet amendement tend à limiter l’habilitation du Gouvernement à légiférer par ordonnances à la réécriture de l’article 60 du code des douanes, portant sur le droit de visite des douaniers, afin que les douanes puissent continuer à exercer leurs missions. En effet, comme cela a déjà été rappelé, rien d’autre ne justifie le recours aux ordonnances.La rédaction proposée par cet amendement permet de sécuriser l’exercice du droit de visite dans l’éventualité d’une nouvelle censure de la rédaction de l’article 60 du code des douanes prévue par ce texte, même si j’imagine que toutes les précautions ont été prises pour que cela n’arrive pas. L’amendement prévoit donc que le Gouvernement pourra prendre par voie d’ordonnance, dans un délai d’un an, toute mesure relevant du domaine de la loi uniquement pour réécrire l’article 60. Pour toute autre modification du code des douanes, le Gouvernement sera prié de présenter au Parlement un projet de loi contenant les mesures nécessaires à la refonte de la partie législative du code des douanes. (Mme Cyrielle Chatelain applaudit.)
(L’amendement no 267, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Mme la présidente (SOC). Sur l’article 15, je suis saisie par le groupe La France insoumise-Nouvelle Union populaire, écologique et sociale d’une demande de scrutin public.Le scrutin est annoncé dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.La parole est à Mme Charlotte Leduc, pour soutenir l’amendement no 243.
Mme Charlotte Leduc (LFI-NUPES). Il s’agit d’un amendement de repli, tendant à limiter la faculté du Gouvernement à légiférer par ordonnance à la réécriture de l’article 60, puisque c’est bien là l’urgence. (M. Antoine Léaument applaudit.)
(L’amendement no 243, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Mme la présidente (SOC). La parole est à M. Christophe Blanchet, pour soutenir l’amendement no 90.
Mme la présidente (SOC). Je suis saisie de quatre amendements, nos 245, 258, 288 et 116, pouvant être soumis à une discussion commune.La parole est à Mme Charlotte Leduc, pour soutenir l’amendement no 245.
Mme Charlotte Leduc (LFI-NUPES). Il s’agit à nouveau d’un amendement de repli, tendant à n’autoriser le Gouvernement à légiférer par ordonnances que pendant deux mois, afin de s’assurer que la représentation nationale sera saisie de toute modification ultérieure du code des douanes à travers la discussion d’un projet de loi – une modalité que le Gouvernement ne manquerait pas de contourner si on l’y autorisait.
M. Antoine Léaument (LFI-NUPES). Très bien ! Excellent ! Pas d’abus de pouvoir !
Mme la présidente (SOC). La parole est à Mme Christine Arrighi, pour soutenir l’amendement no 258.
Mme Christine Arrighi (ECOLO). Il s’agit également d’un amendement de repli. Le texte prévoit que le Gouvernement est habilité à légiférer par ordonnance pendant trois ans, une durée qui nous semble excessive à la fois parce qu’elle dessaisit trop longtemps le Parlement de ses prérogatives et parce qu’elle est très largement supérieure au temps nécessaire pour procéder à la recodification si on y met l’énergie et les effectifs suffisants. L’amendement tend donc à limiter la durée de l’habilitation à un an, délai plus raisonnable.
Mme la présidente (SOC). La parole est à M. Philippe Naillet, pour soutenir l’amendement no 288.
M. Philippe Naillet (SOC). Cet amendement de repli vise à réduire la durée d’habilitation à légiférer par ordonnances prévue par l’article 15, puisque tant que l’habilitation est en vigueur – c’est-à-dire, en l’état actuel du texte, pendant trois ans –, tous les amendements parlementaires visant le code des douanes pourront être déclarés irrecevables.Nous proposons donc de limiter la durée d’habilitation à dix-huit mois : si le Gouvernement estime que ce délai est trop court, nous l’invitons à préparer sa réforme du code des douanes et à revenir devant le Parlement une fois l’ordonnance prête pour demander une habilitation d’une durée plus courte.
Mme la présidente (SOC). La parole est à M. Michel Castellani, pour soutenir l’amendement no 116.
M. Michel Castellani (LIOT). Dans la lignée des précédents, il vise à réduire de trois ans à deux ans le délai d’habilitation à légiférer par voie d’ordonnance. En effet, la durée actuellement prévue nous semble très largement supérieure au délai nécessaire pour refondre le code des douanes. Nous réaffirmons ainsi la logique que nous avions fait valoir il y a quelques minutes, à savoir la défense des prérogatives de notre assemblée.
(Les amendements nos 245, 258, 288 et 116, repoussés par la commission et le Gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)
Mme la présidente (SOC). Voici le résultat du scrutin : Nombre de votants 156 Nombre de suffrages exprimés 145 Majorité absolue 73 Pour l’adoption 84 Contre 61
(L’article 15 est adopté.)
Article 16
Mme la présidente (SOC). L’amendement no 788 du Gouvernement est un amendement de coordination.
(L’amendement no 788, accepté par la commission, est adopté.)
Mme la présidente (SOC). L’amendement no 249 de Mme Élodie Jacquier-Laforge, qui fait l’objet du sous-amendement no 789, est un amendement de coordination.Le sous-amendement no 789 du Gouvernement est un sous-amendement de coordination.
(Le sous-amendement no 789, accepté par la commission, est adopté.)
(L’amendement no 249, sous-amendé, accepté par la commission et le Gouvernement, est adopté.)
(L’article 16, amendé, est adopté.)
Après l’article 16
Mme la présidente (SOC). Je suis saisie de deux amendements portant article additionnel après l’article 16, nos 4 et 45, pouvant être soumis à une discussion commune.La parole est à M. Michel Castellani, pour soutenir l’amendement no 4.
M. Michel Castellani (LIOT). Déposé par notre collègue Jean-Félix Acquaviva, il vise à prévoir que « Dans un délai de trois ans après la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement une évaluation de l’abaissement de 60 à 40 kilomètres du rayon des douanes. Cette évaluation se prononce sur l’opportunité de faire évoluer ce périmètre par voie législative. » En effet, si l’ajustement prévu dans le texte est plus que louable, il ne doit pas entrer en contradiction avec l’objectif du projet de loi, à savoir « donner à la douane les moyens de faire face aux nouvelles menaces ». Nous demandons donc qu’une réflexion soit menée sur ce point, en vue d’un éventuel arbitrage.
Mme la présidente (SOC). L’amendement no 45 de Mme Emmanuelle Ménard est défendu.Quel est l’avis de la commission sur ces amendements ?
Mme Nadia Hai (RE). Cette évaluation faisant déjà partie des prérogatives du Parlement, je demande le retrait des amendements. À défaut, avis défavorable.
(Les amendements nos 4 et 45, repoussés par le Gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)
Mme la présidente (SOC). Je suis saisie de trois amendements, nos 150, 51 et 305, pouvant être soumis à une discussion commune.Les amendements nos 51 et 305 sont identiques.L’amendement no 150 de Mme Cécile Untermaier est défendu.La parole est à M. Jean-Marc Zulesi, pour soutenir l’amendement no 51.
M. Jean-Marc Zulesi (RE). D’un mot, cet amendement, élaboré avec mes collègues Laetitia Saint-Paul et Corinne Vignon à la suite d’un déplacement à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle (CDG), est un amendement d’appel visant à obtenir un rapport sur le trafic d’espèces protégées, qui serait rédigé en lien avec les douaniers et les associations de lutte contre ces trafics. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RE.)
Mme la présidente (SOC). La parole est à Mme Maud Gatel, pour soutenir l’amendement no 305.
Mme Maud Gatel (DEM). Il vise lui aussi à alerter sur le trafic d’espèces protégées. Le terme « viande de brousse » désigne la viande d’animaux sauvages destinée à la consommation humaine – singes, crocodiles, serpents ou encore éléphants. La consommation de ces animaux est interdite, car il s’agit d’espèces protégées et très souvent inscrites sur la liste de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Elle fait par ailleurs courir des risques de zoonose.Malgré cela, la demande est forte et ce trafic est particulièrement lucratif, puisqu’il arrive en quatrième position derrière le trafic de drogue, la contrefaçon et le trafic d’êtres humains. Chaque semaine, des dizaines de tonnes d’espèces animales sont saisies dans les aéroports parisiens. Il est donc urgent d’agir. La secrétaire d’État chargée de l’écologie, Bérangère Couillard, a annoncé la création d’un groupe de travail sur la question, mais nous manquons cruellement de données précises, qui constituent pourtant la première étape au nécessaire renforcement de notre action, d’où cet amendement. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem et RE.)
Mme la présidente (SOC). Quel est l’avis de la commission sur ces amendements ?
Mme Nadia Hai (RE). J’en demande le retrait, car le ministre délégué a annoncé qu’il présenterait en septembre un plan consacré aux produits carnés, à la viande de brousse et au trafic d’espèces protégées. Nous avons déjà évoqué cette question dans l’après-midi et nous avons adopté l’amendement no 325 de M. Blanchet, sous-amendé par Mme Regol, afin de mieux lutter contre le trafic d’espèces protégées. Le plan annoncé par le ministre délégué associera tous les parlementaires qui se sentent concernés par la question. N’hésitez donc pas à vous manifester auprès de lui.
M. Jean-Marc Zulesi (RE). Je retire mon amendement, dont j’avais indiqué qu’il s’agissait d’un amendement d’appel. Je tiens toutefois à vous alerter sur la difficulté que les douaniers rencontrent chaque matin face à ce trafic et je souhaite vivement que les parlementaires soient associés à l’élaboration du plan auquel Mme la rapporteure a fait référence. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RE.)
Mme Maud Gatel (DEM). À la lumière de l’annonce, par la rapporteure, du futur plan et du travail partenarial qui sera engagé, je retire à mon tour mon amendement.
(L’amendement no 305 est retiré.)
(L’amendement no 150 n’est pas adopté.)
Mme la présidente (SOC). L’amendement no 25 de M. Yoann Gillet est défendu.
(L’amendement no 25, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Mme la présidente (SOC). Je suis saisie de deux amendements, nos 238 de Mme Charlotte Leduc et 289 de M. Mickaël Bouloux, pouvant être soumis à une discussion commune.Ils sont défendus.
(Les amendements nos 238 et 289, repoussés par la commission et le Gouvernement, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)
Mme la présidente (SOC). Les amendements identiques nos 228 de Mme Nadège Abomangoli et 266 de M. Mickaël Bouloux sont défendus.
(Les amendements identiques nos 228 et 266, repoussés par la commission et le Gouvernement, ne sont pas adoptés.)
Mme la présidente (SOC). L’amendement no 174 de Mme Danielle Brulebois est défendu.
(L’amendement no 174, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Mme la présidente (SOC). Je suis saisie de demandes de scrutin public : sur l’amendement no 226 par le groupe Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES), et sur les amendements nos 291 et 298 par le groupe Rassemblement national.Les scrutins sont annoncés dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.L’amendement no 149 de Mme Emmanuelle Ménard est défendu.
(L’amendement no 149, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Mme la présidente (SOC). Les amendements identiques nos 212 de Mme Nadège Abomangoli et 230 de M. Mickaël Bouloux sont défendus.
(Les amendements identiques nos 212 et 230, repoussés par la commission et le Gouvernement, ne sont pas adoptés.)
Mme la présidente (SOC). L’amendement no 211 de Mme Charlotte Leduc est défendu.
(L’amendement no 211, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Mme la présidente (SOC). L’amendement no 290 de M. Jocelyn Dessigny est défendu.
(L’amendement no 290, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Mme la présidente (SOC). La parole est à M. Thomas Portes, pour soutenir l’amendement no 208.
M. Thomas Portes (LFI-NUPES). Il vise à obtenir du Gouvernement qu’il présente, dans un délai de six mois après l’adoption de la présente loi, un rapport évaluant l’intérêt d’un doublement des effectifs des services de douane. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe RN.) Vous invoquez souvent, dans cet hémicycle, l’exemple de l’Allemagne, notamment quand il s’agit de défendre les cures d’austérité et toutes les attaques contre les droits sociaux.
M. Thomas Portes (LFI-NUPES). Or l’Allemagne compte 2,3 fois plus de douaniers par habitant que la France. Nous avons longuement discuté de la question des moyens et avons mis en avant le fait que les douaniers sont trop peu nombreux pour assurer leurs missions.Nous proposons, avec cet amendement, que vous reveniez devant l’Assemblée dans six mois pour présenter une analyse de l’utilité qu’il y aurait à doubler les effectifs de douaniers, afin de mettre ces derniers au service d’une politique efficace de lutte contre la contrebande et contre tous les trafics dont nous débattons depuis plusieurs heures. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)
Mme Nadia Hai (RE). Je ne compte plus les fois où nous avons répondu concernant la comparaison avec l’Allemagne. Pour ce qui est du rapport que vous demandez dans votre amendement, je vous renvoie aux débats relatifs au projet de loi de finances.
M. Thomas Portes (LFI-NUPES). J’espère qu’on aura l’occasion de voter la prochaine !
Mme Nadia Hai (RE). Une telle disposition n’a rien à faire dans le présent texte. Avis défavorable.
(L’amendement no 208, repoussé par le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Mme la présidente (SOC). L’amendement no 240 de M. Mickaël Bouloux est défendu.
(L’amendement no 240, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Mme la présidente (SOC). La parole est à Mme Christine Arrighi, pour soutenir l’amendement no 302.
Mme Christine Arrighi (ECOLO). Il vise à assurer un suivi annuel, jusqu’en 2026, de la mise en place de la réserve opérationnelle.Il prévoit donc d’insérer l’article suivant après l’article 16 : « Le Gouvernement remet au Parlement, au plus tard le 1er septembre de chaque année jusqu’en 2026, un rapport spécifique sur la mise en place de la réserve opérationnelle de l’administration douanière créée par la présente loi. Le rapport expose notamment les moyens budgétaires alloués au déploiement et ses conséquences sur les moyens de l’ensemble de l’administration douanière. »S’agissant des réserves de la gendarmerie et de la police nationale, la Cour des comptes a notamment fait part en 2018 de ses réelles inquiétudes sur la qualité du suivi et sur la transparence des moyens affectés au déploiement des réservistes au sein des programmes budgétaires concernés.En acceptant la remise de ce rapport, le Gouvernement pourrait se prémunir contre de semblables réserves de la Cour des comptes et donner satisfaction au Parlement. J’espère qu’il a de toute façon déjà eu l’idée d’un tel rapport afin de s’assurer de la crédibilité, du bien-fondé et de la pertinence de sa décision. (Mme Cyrielle Chatelain applaudit.)
(L’amendement no 302, repoussé par la commission et le Gouvernement, n’est pas adopté.)
Mme la présidente (SOC). La parole est à M. Mickaël Bouloux, pour soutenir l’amendement no 226, qui fait l’objet d’un sous-amendement, no 410.
M. Mickaël Bouloux (SOC). Il prévoit la remise, dans un délai de deux ans, d’un rapport destiné à évaluer les effets de la réserve opérationnelle sur l’évolution des effectifs de la douane.En effet – nous en avons longuement parlé, notamment lors de l’examen de l’article 7 du projet de loi et même avant –, vous nous avez indiqué qu’un des objectifs de la réserve était d’attirer de nouvelles personnes vers le métier de douanier. Cette ambition mérite que l’on regarde dans deux ans ce qu’il en sera en réalité. Par ailleurs, nous avons émis la crainte que les missions confiées à des réservistes se substituent à de vrais recrutements.En mettant en place un suivi et en examinant la situation dans deux ans, nous pourrons vérifier si la réalité est conforme à tout ce que vous nous avez annoncé et, d’une certaine manière, promis à propos de la réserve douanière au cours de nos débats. Lors du prochain PLF, nous saurons déjà si la douane obtient des moyens supplémentaires.
Mme la présidente (SOC). La parole est à Mme la rapporteure, pour soutenir le sous-amendement no 410 et donner son avis sur l’amendement no 226.
Mme Nadia Hai (RE). L’amendement de M. Bouloux est très pertinent puisqu’il vient compléter le rapport prévu au dernier alinéa de l’article 7 du texte adopté en commission, qui résultait d’un amendement de Mme Marie-Christine Dalloz.Je vous propose néanmoins un sous-amendement car la formulation de la deuxième phrase préjuge des conclusions du rapport avant même qu’il soit écrit (« Mais non ! » sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES) et laisse croire que la création de la réserve pourrait avoir pour effet de réduire les effectifs permanents de la douane. Or, je le répète – et n’aurai de cesse de le faire –, il ne s’agit pas de remplacer les postes permanents de douaniers par la réserve opérationnelle. (Protestations sur quelques bancs du groupe LFI-NUPES.)Avis favorable à votre amendement à condition de voter mon sous-amendement qui offre une plus grande clarté.